Aller au contenu principal

Pois avec céréales
Contrôler les adventices avec les associations

Les associations pois-céréales permettent de mieux contrôler les adventices et les maladies par rapport aux cultures pures.


« Le pois pur est réputé très salissant, surtout en agriculture biologique. C´est sous culture de pois que nous observons le plus d´adventices. L´association avec une céréale permet, entre autre, de les limiter », explique Guénaëlle Hellou, ingénieur-chercheur à l´École supérieure d´agriculture d´Angers (Esa).
Dans le cadre d´un programme européen, Intercrop, l´Esa étudie depuis quatre ans les associations pois-céréales en agriculture biologique et conventionnelle dans le but d´en évaluer les avantages. Et ils sont nombreux ! « L´association est une pratique fréquente dans des systèmes de cultures à faibles intrants. En agriculture biologique, la moitié des surfaces en protéagineux est en association », poursuit Guénaëlle Hellou.
Une couverture du sol plus rapide que du pois seul
L´un des avantages de l´association pois-céréales est le contrôle des adventices. Le pois pur est long à se mettre en place. S´il est associé à une autre espèce, telle que de l´orge, la couverture du sol se fait plus rapidement, ce qui limite la prolifération des mauvaises herbes. Ainsi, en 2004, sur un essai Esa réalisé en Maine-et-Loire en agriculture biologique, près de 1,4 tonne de biomasse d´adventices est mesurée à la récolte en pois pur et à peine 1 tonne pour l´association pois-orge. Un autre essai du même type réalisé en 2003 indique qu´en culture associée, les attaques d´oïdium sur orge sont 2 fois moins élevées qu´en culture pure. On observe le même phénomène pour le pois dont les attaques d´anthracnose sont moins importantes en cultures associées qu´en culture pure. La réduction des attaques de maladies est due à la présence de plantes non hôtes qui freinent leurs propagations.
En revanche, le bilan est un peu moins bon du côté des ravageurs. « Pour le pois, les dégâts causés par les sitones sont plus importants en association qu´en culture pure. Cela s´explique par le fait que les sitones sont concentrées sur moins de plante qu´en culture pure », poursuit G. Hellou.
Les associations pois-céréales permettent de mieux contrôler les adventices et les maladies. ©ESA

Une meilleure utilisation des ressources
Dans une association de type pois-orge, le partage de l´azote dans le mélange se fait en faveur de l´orge. « L´orge a un enracinement plus rapide et plus dense que le pois. Il a donc un accès à la ressource azotée supérieure à celle du pois. Un essai réalisé en agriculture conventionnelle en 2003 montre que la compétitivité de l´orge est accrue quand la disponibilité en azote du sol augmente. Du fait de cette compétitivité, le pois augmente sa fixation d´azote. Même s´il y en a beaucoup dans le sol, la part d´azote issue de la fixation est élevée en association », explique Guénaëlle Hellou. Les essais ont également révélé que la culture associée avait une influence favorable sur la teneur en protéines des céréales. « Lorsque les orges sont associées au pois, leur teneur en protéines est meilleure car les céréales ont plus d´azote disponible qu´en culture pure », précise-t-elle.
Dernier avantage et non des moindres, l´association permet des gains de rendement par rapport à une culture pure. En moyenne, des augmentations de production de près de 20 % sont observées pour les associations pois-orge. Et Guénaëlle Hellou de conclure : « Je pense que les associations pois-blé vont mieux se développer car l´amélioration de la teneur en protéines est particulièrement intéressante pour le blé panifiable. »

Les plus lus

Pommes de terre : des milliers de tonnes à détruire, faute de débouchés suffisants

La filière pomme de terre subit depuis cette année un retournement de conjoncture. La forte hausse des surfaces en 2025…

<em class="placeholder">Chemin goudronné entre parcelles agricoles</em>
Que le chemin n’appartienne qu’à un seul propriétaire ne l’empêche pas d’être un chemin d’exploitation

La Cour de cassation dans un arrêt du 9 janvier 2025 a réaffirmé que ce qui caractérise un chemin d’exploitation est…

<em class="placeholder">Julien Bricquet devant son bâtiment d&#039;exploitation initialement construit sur un terrain appartenant à son père</em>
Bâtiment agricole : « On a construit sur sol d’autrui, sans être alertés et sans connaître les risques »

Comme beaucoup de sociétés agricoles familiales, le SCEA Bricquet et Fils, à Saint-Amand-sur-Fion (Marne) a construit un…

<em class="placeholder">Adolescent au volant d&#039;un tracteur </em>
Les enfants d’agriculteurs peuvent-ils donner un coup de main sur l’exploitation familiale en toute légalité ?

À partir de 16 ans, voire dans certains cas dès 14 ans, les enfants d’agriculteurs peuvent contribuer aux travaux de l’…

<em class="placeholder">Thierry Boudaud président de la Coop de l’eau 79 devant un enrouleur.</em>
Sainte-Soline : « Notre réserve restera vide cette année, laissant les exploitations sans solution alternative d’irrigation »

Thierry Boudaud est président de la Coop de l’eau 79, qui porte les réserves de substitution du bassin de la Sèvre niortaise.…

Xavier Priault, céréalier dans le Loiret.
Traitement phytosanitaire : « Dans le Loiret, je pulvérise de nuit en bas volume à 50 l/ha pour maximiser l’efficacité des produits »

Xavier Priault est céréalier à Saint-Maurice-sur-Aveyron, dans le Loiret. Il réalise ses pulvérisations phytosanitaires…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures