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Comment le rêve de la maison individuelle détruit des terres agricoles

Le développement de l’habitat représente environ deux tiers de la consommation d’espace naturel, agricole et forestier entre 2009 et 2019. Les besoins en résidences principales (et notamment l’envie de posséder une maison individuelle), conséquences de la hausse de la population et de la baisse de la taille moyenne des ménages, expliquent les deux tiers de cette consommation d’espace, selon une étude de l’Insee.

Construction de maisons individuelles sur des terres agricoles
© Stéphane Leitenberger (archives)

Entre 2009 et 2021, environ 300 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés en France augmentant l’espace urbanisé de 8,7%, rapporte une étude de l’Insee du 13 décembre. Ces espaces consommés l’ont été à 67,5% pour développer l’habitat et 25,5% pour l’activité économique.
 

L’équivalent d’une fois et demie la surface de Paris est consommée chaque année

De 2009 à 2011, ce sont autour de 20 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers qui ont été utilisés chaque année à des fins d’habitat. Depuis 2016, cette consommation annuelle avoisine les 15 000 hectares, correspondant à une fois et demie la superficie de la ville de Paris.

Lire aussi : L’urbanisation des terres agricoles ralentit mais un marché des espaces de loisirs non bâtis se développe

« La consommation d’espace liée à l’habitat s’explique surtout par l’augmentation du nombre de résidences principales », explique l’Insee dans sa note soulignant qu’entre 2009 et 2019 le parc de résidences principales à crû de 8,8%. 
 

Plus de résidences principales logeant moins de personnes

Au cours de cette décennie, la population a augmenté de 4,2 %. Ce développement démographique implique la construction de logements supplémentaires, et explique 32,9 % de la consommation d’espace. Dans le même temps, la diminution de la taille moyenne des ménages a également un impact fort sur la consommation d’espace en augmentant le nombre de résidences principales nécessaires pour loger un nombre identique de personnes, souligne l’Insee.

Le développement des résidences secondaires (+13% entre 2009 et 2019) en particulier dans les zones touristiques contribue aussi à diminuer la surface des espaces naturels, agricoles et forestiers. 

Contribution à la variation de la surface au sol des logements (Insee)


 

Un taux d’emprise au sol des logements qui s’accroît

Et alors que le nombre de logements vacants a augmenté (car d’anciennes constructions ne correspondent plus aux attentes de la population du fait de leur localisation ou de leur niveau de confort) de 31% en dix ans, les Français privilégient la construction de maisons individuelles plutôt que d’appartements ce qui accroît le taux d’emprise au sol et donc contribue à consommer davantage d’espaces naturels, agricoles ou forestiers.

Lire aussi : Artificialisation des terres agricoles : à quoi ressemblait votre commune en 1950

La hausse du taux d’emprise, qui s’explique aussi par la construction d’immeubles moins hauts, contribue ainsi à la consommation d’espace, à hauteur de 7,2%, selon l’Insee.

Taux d'emprise des logements par département

Cette mesure de la consommation de l’espace par l’Insee intervient alors que la loi « Climat et résilience » prévoit de diminuer de moitié la consommation d’espace entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente. Cette politique visant au zéro artificialisation nette (ZAN) à l’horizon 2050 est contestée entre autres par Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne Rhône Alpes.

 

Pour aller plus loin

Lire aussi : Artificialisation des terres agricoles en France : les 5 chiffres à retenir

Lire aussi : L'artificialisation continue de prélever des terres agricoles

 

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