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Prix mondial élevé en perspective
Ce qui fait flamber le prix du sucre

Demande en éthanol, croissance de la production saturée au Brésil et accord européen sur le règlement sucre pèsent lourd sur le marché.


Alors que les Européens viennent de s´entendre pour programmer la réduction de leur production à 75 % de leurs besoins, le cours mondial du sucre atteint ses plus hauts niveaux jamais atteints depuis 1995.
Trois éléments sont à l´origine de cette flambée. D´abord, l´incontournable Brésil présente quelque essoufflement dans son ambition de fournisseur universel du précieux cristal. Les cours reflètent la croissance de la demande de bioéthanol qui s´est singulièrement emballée sur le marché intérieur brésilien (+ 8 à 9 % par an) comme sur la place mondiale. Au Brésil, la progression de la culture de canne et des outils de transformation suit avec trop de lenteur le rythme de la demande, bien que prévue en progression de 40 %, d´ici 2010, selon une note de la CGB citant les estimations de l´Unica, l´organisation des sucriers et éthanoliers brésiliens. « L´ensemble des 40 à 50 installations sucrières qui devraient être mis en route d´ici 2010 ne comblerait qu´entre la moitié et les deux tiers de la quantité nécessaire pour répondre à la demande des quatre prochaines années. »

Le real a pris 40 % depuis mai 2004
Toujours au Brésil, l´appréciation du real a eu un impact majeur sur l´évolution des cours du sucre. La monnaie brésilienne a pris « 40 % depuis mai 2004, diminuant d´autant les revenus des exportateurs brésiliens », analyse la CGB(1) selon laquelle, la détermination de la Banque centrale du pays à maintenir cette politique de rigueur monétaire « devrait soutenir sur le long terme les marchés du sucre ».
Dans ce contexte d´érosion de la compétitivité brésilienne, s´ajoute un renchérissement des coûts de production industriels dont l´origine proviendrait de la hausse des matériaux et intrants liée à la croissance mondiale et des freins logistiques notoires liés à l´inadaptation des routes et voies ferrées en nombre insuffisant.

Le troisième facteur intégré par le marché tient à l´anticipation de la réforme du règlement sucre européen. L´Union européenne fournit jusqu´ici 10 % des échanges mondiaux. Avec des exportations européennes entravées, la part du Brésil, aujourd´hui de 40 %, devra en toute logique augmenter face à une demande mondiale en constante progression et alors que la production apparaît stagnante ailleurs dans le monde. Le Brésil aura-t-il la capacité de répondre dans les temps à la hausse de sa consommation d´éthanol et à la demande mondiale ? A court terme, il existe chez certains analystes des craintes que ses exportations reculent. Une certitude en tout cas. Avec une telle part de marché brésilienne, « un incident climatique, comme dans le Centre sud du Brésil en 1999-2000 qui avait réduit la production de 20 %, entraînerait une réaction sans précédent des marchés », souligne la CGB.
Alors que les Européens viennent de se mettre d´accord pour restructurer leur production betteravière, les prix flambent à New York. ©B. Compagnon

En savoir plus
 La consommation mondiale de sucre augmente de 2 % par an passant de 118 à 145 millions de tonnes entre 1996 et 2005.
 Les stocks ne représentent plus que 42,3 % de la consommation contre 48,7 % il y a deux ans.
 La production des grandes zones exportatrices stagne ou baisse. L´Australie, troisième exportateur mondial, a produit 5,4 millions de tonnes en 2004-2005 à comparer à une moyenne de 5,55 millions de tonnes sur la période 1995-2000. Idem en Afrique du Sud (2,39 millions de tonnes contre une moyenne de 2,56). Chute de 7,3 à 5,4 millions de tonnes en Thaïlande en deux ans. Et à Cuba : 3,3 millions de tonnes en 1995-1996 à 900 000 tonnes en 2004-2005.

(1) Confédération générale des planteurs de betterave.

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