Auxiliaire : la coccinelle, la bête à bon Dieu qui protège les cultures
Il n’y a pas une espèce de coccinelle, mais plusieurs dizaines, celle à sept points étant la plus connue. Grandes consommatrices de pucerons, les coccinelles sont les alliées de l’agriculteur.
Il n’y a pas une espèce de coccinelle, mais plusieurs dizaines, celle à sept points étant la plus connue. Grandes consommatrices de pucerons, les coccinelles sont les alliées de l’agriculteur.
Plus de cent espèces de coccinelles dont une partie de dévoreuses de pucerons
La France compte 110 espèces de coccinelles, en grande majorité consommatrices de pucerons et/ou de cochenilles. La plus connue et la plus abondante dans les champs est la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata). Avec ses sept points noirs sur les élytres rouges, c’est notre fameuse « bête à bon Dieu ». Elle est d’aspect constant. D’autres coccinelles, généralement de taille plus petite, fréquentent les parcelles agricoles comme la coccinelle à deux points (rouge et noire, forme variable), et celle à damier (à 14 points, jaune et noire, variable, présente sur maïs en particulier)…
Adultes comme larves de coccinelles consomment des pucerons. La larve de coccinelle à sept points est de forme élancée, de couleur gris bleuté avec quatre marques orange sur le corps et elle présente trois paires de pattes. Les segments de l’abdomen et du thorax montrent des verrues noirâtres. À son stade ultime de développement, elle mesure de l’ordre d’un centimètre. La pupe (nymphe) est orange et noire. Les larves des autres espèces sont de forme et couleurs variables.
Quels moyens de préserver et favoriser les coccinelles ?
Environnement des parcelles : Pour passer l’hiver, les coccinelles ont besoin d’abris comme des débris végétaux aux abords des parcelles. Comme beaucoup d’auxiliaires, ces insectes sont favorisés par la présence de bandes fleuries, de bordures non désherbées, de haies avec de la végétation au pied, de talus… Cette diversité de plantes et d’étages de végétation abrite une faune variée comme des pucerons (pas forcément préjudiciables aux cultures) qui favoriseront la constitution d’un réservoir à coccinelles après leur hivernage. Certaines coccinelles se nourriraient en plus du nectar et du pollen de certaines fleurs (pissenlit, lamier blanc…), utiles quand les proies se font plus rares (fin de l’hiver, été).
Impact des pratiques culturales : De façon évidente, les traitements insecticides sont préjudiciables aux coccinelles comme aux autres insectes auxiliaires des cultures. Les larves sont sensibles à nombre de produits et les adultes fuient les traitements. En conséquence, la mise en œuvre de traitements aphicides ne devra s’envisager qu’une fois le seuil de nuisibilité atteint, variable selon les cultures et les espèces de pucerons concernées. Avant cela, les coccinelles contribuent à maintenir les populations de pucerons en dessous du seuil préjudiciable pour les cultures. Certains produits aphicides préservent les auxiliaires tels les coccinelles, ce qui est mentionné sur les étiquettes.
Cinq points clés sur les coccinelles
Jusqu’à 1 000 pucerons consommés par une larve de coccinelle pendant sa croissance et entre 50 et 70 pucerons par jour pour un adulte. Dans sa vie, un seul individu peut dévorer plus de 9 000 proies.
Une seule génération par an pour les coccinelles à 7 points et à 2 points, deux pour celle à 14 points. Jusqu’à 800 œufs pondus par une seule femelle.
Les coccinelles à sept points constituaient 90 % des coccinelles capturées lors d’un suivi sur sept parcelles agricoles d’une exploitation de la Somme dans les années 2010, et pour 8 %, des coccinelles asiatiques. Les haies et bords de champs présentent une plus grande diversité d'espèces de coccinelles.
La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est une espèce qui a été introduite en Europe pour lutter contre les pucerons. Mais elle s’est répandue dans les différents milieux et fait concurrence aux coccinelles indigènes, jusqu’à en consommer des individus.
Nombre et formes des taches ainsi que la couleur varient fortement chez la coccinelle asiatique. Cette espèce s’agglutine en hiver sous forme d’amas compacts à l’intérieur des habitations.