Analyse de sève : « J’ai corrigé des carences en cuivre, fer et bore en céréales sur mes parcelles en Meurthe-et-Moselle »
Producteur en polyculture élevage en Meurthe-et-Moselle (Essey-et-Maizerais), Denis Raux recourt aux analyses de sève sur ses céréales et colza depuis cinq ans, via le services de la coopérative EMC2.
« J’ai commencé à faire appel à des analyses de sève en 2021. Il y a eu un élément déclencheur, une parcelle de 6 hectares d’orge de printemps qui montrait une quasi-absence d’épi au stade début épiaison. Une analyse de sève à ce stade avait décelé une carence en cuivre, insoupçonnable sans ce diagnostic, car du cuivre était présent dans le sol, mais bloqué. Il était trop tard pour corriger le tir sur cette orge, mais j’ai adopté les années suivantes une stratégie d’apport de cuivre tous les ans sur cette parcelle. L’orge d’hiver qui a suivi a produit 68 q/ha en 2023, le colza ensuite 41 q/ha suivi d’un blé à 74 q/ha en 2025 alors que jusqu’à présent, je ne dépassais guère 60 q/ha sur cette parcelle. Je considère que cet apport de cuivre a déplafonné le rendement, au moins sur cette parcelle.
Depuis 2022, j’analyse chaque année cinq parcelles en céréales et colza, en passant commande à la coopérative EMC2 à 80 euros l’analyse. Les mesures sont faites sur des échantillons prélevés début montaison pour les céréales, au moment où les plantes commencent à redémarrer dans leur développement. Cela me donne des infos sur des stratégies d’apports de certains oligoéléments pour les années suivant l’analyse. À force, je me crée une biblio de captation d’oligoéléments pour la ferme sur mes parcelles.
Beaucoup des analyses montrent des carences en bore et fer sur les céréales. Les carences sont corrigées avec des apports de fer à épi 1 cm ou de bore au stade dernière feuille étalée. Ces deux oligoéléments sont dorénavant apportés en routine en céréales, ce qui coûte 7 €/ha pour le bore et 19 €/ha pour le fer. Les résultats obtenus par la coopérative EMC2 sur l’ensemble du territoire ont montré l’intérêt de ces apports avec des gains de rendement à la clé.
J’ai aussi dû apporter du magnésium sur une orge à la suite d’une analyse et le cuivre est fourni là où c’est nécessaire, ce qui représente 40 % de ma surface. Ces analyses de sèves permettent une meilleure appréciation des besoins de la plante. Globalement, je trouve mes cultures plus résilientes que chez des voisins avec des parcelles qui restent en bonne santé. J’ai pu maintenir un même niveau de rendement et de qualité en passant de 200 à 160-170 unités d’azote apportées.
Je ne perds pas de vue l’intérêt des analyses de sol puisque j’en réalise cinq par an. Je gère mes parcelles en agriculture de précision avec l’outil Be api qui m’a permis, entre autres, d’établir une cartographie de l’hétérogénéité de mes parcelles avec des analyses de sol qui ont été effectuées tous les 80 ares. »