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« Grâce à ma station de tri, je prépare un camion de 200 porcs charcutiers en 15 minutes »

Frédéric et Nathalie Bossard ont investi dans deux stations de tri Optisort pour transformer une gestante en deux salles de 370 places d’engraissement. Elles leur procurent des gains de temps et un confort de travail importants.

Pour Nathalie et Frédéric Bossard, éleveurs à Lusanger en Loire Atlantique, la recherche de la performance technique et de l’efficacité au travail constituent les deux points essentiels qui guident leur réflexion.

C’est particulièrement vrai depuis qu’ils ont repris un site naisseur engraisseur voisin de leur exploitation pour passer de 170 à 350 truies naisseur-engraisseur. « En rapatriant les truies sur notre site principal, nous devions trouver une solution pour transformer le bloc naissage inutilisé en engraissement permettant de produire au meilleur coût, tout en limitant le temps de travail nécessaire », explique Frédéric Bossard.

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Graphique = Une station de tri pour 370 porcs charcutiers.Plan d'une salle d'engraissement équipée de station de tri Optisort à la SAS Calfour © Source : Calipro-D. Poilvet

Une solution proposée par leur partenaire Cooperl s’est rapidement imposée : transformer la salle verraterie-gestante en deux salles d’engraissement de 370 places chacune, constituées d’une case unique. Chaque case est équipée d’une station de tri (Optisort) qui évalue le poids des porcs charcutiers grâce à une caméra 3D. Selon leur poids, les animaux sont alors envoyés vers l’une des deux aires d’alimentation dans lesquelles plusieurs aliments différents peuvent être distribués grâce au multiphase Optimat d’Asserva. L’une de ces cases sert également à constituer les lots de porcs prêts à partir à l’abattoir. « Avec ces stations de tri, nous pouvons constituer un lot de 200 porcs à 95 % dans la gamme en quinze minutes de temps « homme » », se réjouit l’éleveur. La préparation des lots se fait en trois étapes.

Jusqu’à quatorze jours à l’avance, le logiciel de gestion de la station de tri permet, en fonction de la gamme de poids choisie par l’éleveur, d’avoir une projection du nombre de porcs à annoncer. « Cette évaluation se fait sur la base du poids des porcs réel au moment de l’évaluation et de leur potentiel de croissance jusqu’à leur départ », explique Olivier Barbedette, technico-commercial Calipro. « Les départs peuvent ainsi être planifiés précocement avec une grande fiabilité ».
Quarante-huit heures avant le départ, l’éleveur paramètre la station de tri pour orienter tous les porcs charcutiers qui ont atteint le poids souhaité dans l’une des deux cases d’alimentation. Selon le nombre prévu, il peut agrandir la zone de stockage en ajustant ses barrières.
Le jour du départ, les animaux habitués à circuler dans leur grande case progressent sans blocage dans les couloirs jusqu’à l’aire d’embarquement.

Suivi quotidien simplifié

L’éleveur voit également dans le logement des porcs charcutiers en grand groupe une solution pour un suivi simplifié. « Nous avons établi un protocole d’apprentissage sur quinze jours pour le passage des porcs dans l’Optisort », explique Olivier Barbedette. « 100 % des animaux comprennent son fonctionnement sans que l’éleveur soit obligé d’intervenir ». Au quotidien, le travail se résume à une surveillance visuelle des animaux et à un contrôle sur ordinateur ou smartphone des quantités d’aliments et d’eau distribués. La station peut regrouper si besoin des animaux marqués d’une couleur pour les conduire ensuite vers l’infirmerie. Le technicien met également en avant le nombre de cloisons restreint qui facilite le lavage. « Un robot de lavage fera plus facilement son travail dans ce type de salle », souligne-t-il.

Vers un optimum technico-économique

L’optimisation des résultats technico-économiques a également été un moteur essentiel dans le choix de ce concept de logement des porcs charcutiers. « Tout d’abord, l’agencement en grands groupes a permis de limiter la rénovation des salles à moins de 200 euros la place, main-d’œuvre incluse », calcule Frédéric Bossard. Il souligne également que cet agencement maximise la surface utile du bâtiment en réduisant le nombre de couloirs. Ensuite, l’éleveur met l’accent sur la recherche du poids de vente optimal. « Dans le contexte économique actuel, je cherche à produire des porcs lourds, tout en restant dans le cœur de gamme pour capter le maximum des plus-values liées aux chartes qualité Cooperl qui peuvent atteindre dix centimes par kilo de carcasse (mâles entiers, PSA zéro jour et RSE) ». Enfin, les transitions entre les différents aliments utilisés en cours d’engraissement sont réalisées au bon poids de l’animal. « Avec la pesée 3D, chaque changement d’aliment d’un programme multiphase intervient exactement quand il le faut », fait remarquer Olivier Barbedette. « La station de tri garantit une alimentation ajustée par sous-groupe, évite les excès comme les carences et limite le gaspillage, pour une réduction durable du coût alimentaire ».

En augmentant la taille de leur élevage de porcs, Frédéric et Nathalie Bossard ont résolument fait le choix d’axer le développement de leur exploitation sur le porc. « C’est pour cela que nous devons investir dans de la technologie qui nous permettra de faire progresser l’indice de consommation et le coût alimentaire, tout en améliorant les conditions de travail. Les stations de tri répondent de toute évidence à ce cahier des charges », concluent-ils.

Une pesée plus précise que les bascules mécaniques

Selon Olivier Barbedette, la précision de la pesée obtenue par la caméra 3D équipant la station de tri Optisort atteint 98 %, « un niveau inégalé par les balances mécaniques classiques ».

Le technicien souligne que le poids d’un porc peut varier de près de cinq kilos au cours de la journée, selon le remplissage de l’estomac, de l’intestin et de la vessie. « Deux animaux affichant un même poids vif sur une bascule traditionnelle peuvent ainsi présenter un poids d’abattage différent », constate-t-il. « Grâce à sa caméra optique, Optisort corrige ces écarts et fournit une mesure plus fiable ».

Une solution pour les queues longues ?

Frédéric Bossard envisage de tester l’élevage de porcs à queue longue. « Dans ces grandes cases, les zones d’alimentation, d’activité et de repos sont bien différenciées, ce qui améliore le confort des animaux », constate-t-il. « Par ailleurs, la grande taille du lot abolit la hiérarchie. Une conduite en grands groupes favorise l’expression des comportements grégaires et limite les conflits et le stress », complète Olivier Barbedette. Les solutions curatives en cas d’apparition de caudophagie sont également à même de rassurer l’éleveur. « La possibilité de tri des animaux marqués permet de les orienter rapidement vers une infirmerie. Je peux également fixer une bombe de produit répulsif sur la station de tri. Le produit est pulvérisé vers la queue des animaux à leur passage. »

Fiche élevage

SCEA des Rosiers à Lusanger (Loire Atlantique)

2 associés : Frédéric et Nathalie Bossard
3 salariés et 1 apprenti
350 truies naisseurs-engraisseur sur deux sites + 60 vaches allaitantes

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