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Galliance, challenger du poulet lourd, investit dans son site de Languidic

Le pôle volaille de Terrena a spécialisé son site de Languidic en poulet lourd destiné au secteur du BtoB, avec l’objectif de proposer une offre plus compétitive pour contrer les importations.

Depuis 2016, la filiale volaille de la coopérative Terrena a engagé une transformation importante de son outil d’abattage et de découpe de poulet basé à Languidic dans le Morbihan. 

Lire aussi : Des lots de poulets lourds 100 % mâles plus homogènes chez Val’iance en Bretagne

Autrefois orienté vers la grande distribution avec des produits entiers ou en barquettes, issus de poulets de 1,950 kg, le site s’est spécialisé en poulet lourd pour cibler le marché du BtoB et des produits alimentaires intermédiaires (PAI).

Ce segment représente aujourd’hui 70 % de ses débouchés, devant celui de la consommation hors domicile (CHD) mis en avant par sa marque « Gastronome professionnel ». Le créneau de la grande distribution a quant à lui été arrêté depuis 2019. « L’organisation logistique pour livrer les centrales sur tout le territoire français à partir de ce site excentré devenait compliquée », relate Arnauld Delaby, directeur du pôle poulet Galliance. « L’objectif du passage en PAI était à la fois de sécuriser les approvisionnements de notre pôle de produits élaborés cuits et de proposer une matière première d’origine France à nos clients industriels et CHD. »

Un site spécialisé plus compétitif

Deuxième acteur français de la volaille, le pôle avicole du groupe Terrena se devait aussi d’avoir un abattoir spécialisé en poulet lourd. « La croissance de la consommation s’est concentrée sur le poulet tandis que le modèle économique de la dinde est plus challengé. Sur un secteur dominé par l’importation, cette nouvelle orientation vise à proposer une offre alternative et compétitive de produits d’origine française. »

Dans cette optique, un plan d’investissement de plusieurs années (projet Far) a été déployé pour adapter les lignes de production de l’outil à des volailles plus lourdes (jusqu’à 3,1 kg) et améliorer la productivité et le rendement matière tout en répondant aux exigences de qualité spécifiques en PAI. « L’enjeu est d’avoir des équipements permettant de davantage travailler en flux continu (limiter les reprises manuelles) et en grande série. » « Le filetage et le désossage ont été automatisés. « Chaque gramme de viande doit être récupéré », illustre Alain Le Page, directeur industriel. « Désormais, 100 % des produits sont au minimum désossés, voire découpés en pièces et calibrés. »

Répondre aux exigences qualité de la PAI

Le groupe a également investi dans des détecteurs au rayon X pour vérifier l’absence de cartilage ou d’os dans les filets et la viande issue du désossage. « C’est un investissement indispensable pour garantir une qualité de produit irréprochable. Nous avons mis en place une vraie stratégie pour répondre aux attentes utilisateurs, tant en termes de calibrage (pour obtenir une portion régulière) que pour le conditionnement. »

Sur les 500 000 volailles abattues par semaine, 90 % (1) sont des poulets lourds avec un poids moyen de 2,8 kg, dont 60 % de poulets de 3,1 kg (mâles) et 40 % en femelles et poulets issus des desserrages. « Notre objectif est d’alourdir jusqu’à 3,3 kg, de gagner en homogénéité de poids vif, tout en gardant les calibres issus des desserrages. » Situé en plein cœur d’une zone d’élevage, Galliance Languidic s’approvisionne à 100 km à la ronde auprès de deux organisations de production devenues spécialistes du poulet lourd : Val’iance, filiale de Terrena, lui fournissant 100 % de poulet lourd mâle (lire ci-contre) et Nutréa fournissant mâles et femelles.

Un second plan d’investissement en 2026

Avec le projet Oxygène, Galliance démarre cette année un nouveau programme d’investissement de 16 millions d’euros. Achevé d’ici mi-2026, il concerne plus spécifiquement la zone d’abattage, avec en particulier la refonte des quais de réception des volailles et le passage à l’anesthésie au gaz. « L’objectif est à la fois d’améliorer le bien-être animal (zone d’attente ventilée avec lumière bleue), la biosécurité (quais couverts) et les conditions de travail. 4 000 m2 de surface vont être ajoutés aux 16 000 m2 actuels. L’augmentation de la capacité du site se fera dans un deuxième temps. »

(1) 10 % de volailles sous cahier des charges Nouvelle agriculture et European Chicken Commitment

Galliance en chiffres

- 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires

- 6 abattoirs dont 3 en poulet : Ancenis (volailles différenciées), Languidic (poulet lourd), Nueil-les-Aubiers (poulet standard)

- 7 sites de transformation dont 4 sites de produits élaborés cuits : Saint Nicolas du Pelem (rôtis, émincés), La Vraie Croix (panés, cordons bleus), Le Bignon (panés congelés) et Falleron (rôtissage, confisage)

 

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