Vaucluse : « En cerise, il n’y a pas de solution miracle contre Drosophila suzukii » selon Florian Bernard
Florian Bernard, producteur membre de l'AOPn Cerises de France, témoigne sur les méthodes de lutte contre la mouche Drosophila suzukii.
Florian Bernard, producteur membre de l'AOPn Cerises de France, témoigne sur les méthodes de lutte contre la mouche Drosophila suzukii.
« Contre Drosophila suzukii, il faut une très grande régularité de traitement, en revenant tous les cinq à sept jours sur la parcelle, sachant que le moindre trou dans le programme de lutte est catastrophique. Il n’y a pas de solution miracle. Les produits les plus efficaces, parmi ceux que nous combinons, sont sous dérogation 120 jours : Exirel (cyantraniliprole) et Mandarin Pro (esfenvalérate), qui est sur sa première année de dérogation et d’utilisation après des résultats d’essais probants [autorisé uniquement sur cerises destinées au marché national]. S’ajoutent Karaté XFlow (lambda-cyhalothrine), Success 4 (Spinosad), sous dérogation et utilisable en bio, et Decis Protech (deltaméthrine). Les filets donnent de très bons résultats d’après les producteurs, avec une sécurité anti-pluie et anti-grêle, mais ils sont très onéreux, entre l’achat et la main-d’œuvre nécessaire à leur fermeture et ouverture. De plus, ils augmentent le risque de maladies fongiques, pucerons et acariens. Ils requièrent une grande rigueur pour être mis au bon moment, pas trop tôt pour ne pas impacter la pollinisation ou la nouaison, et pas trop tard. Ils permettent de réduire le nombre de traitements contre Drosophila suzukii, à un seul chez certains, au moment de fermer le filet, à trois chez d’autres, au lieu de huit ou neuf. Je ne suis pas convaincu par le biocontrôle pour l’instant mais j’utilise Muriel (start-up INCérès), un répulsif à base d’huiles essentielles qui me permet de récolter seulement 24 heures après application. C’est utile s’il me manque quelques jours de maturité, et si la pression n’est pas trop forte. »