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Un zeste de nouveautés

Le marché du citron s’est retourné. Celui du pomelo est sous-approvisionné. Orri et oranges à jus sont demandées.

Après sept années exceptionnelles, le marché estival du citron s’est retourné, face à une offre abondante. Il y a trois ans, les Sud-Africains ont arraché des vergers de pomelos pour planter du citron. « L’Afrique du Sud est la nouvelle origine montante, estime Thibaud Havet, PDG de Pulp Fruits. La qualité est bonne et les fruits moins chers à produire qu’en Argentine. Les Sud-Africains ne servent qu’en colis de 15 kg, mais ont la capacité de segmenter, notamment avec des petits colis. » Chez Pulp Fruits, les volumes d’Afrique du Sud sont désormais équivalents à ceux d’Argentine. « La production sud-africaine va continuer de croître, confirme Olivier Fakhri, directeur commercial chez Georges Helfer. Mais les opérateurs cherchent d’autres débouchés que l’Europe : Asie, Moyen-Orient, Russie dans une moindre mesure. L’Europe, avec ses prix bas et ses exigences, n’est plus le débouché principal ».

« Le potentiel de production en Afrique du Sud reste encore très loin du potentiel argentin et les Sud-Africains ont trouvé dès le début des marchés de valorisation autres que la France. Le citron argentin demeurera quoiqu’il arrive une référence », analyse Philippe Pons, PDG d’AZ France. La transformation, principale destination des volumes argentins, l’attitude spéculative des opérateurs et la recherche de nouveaux marchés (ouverture des États-Unis, marchés asiatiques) expliquent la présence irrégulière du citron argentin sur nos marchés selon les années.

Autre donnée : l’Espagne allonge ses campagnes et mord chaque année sur le début et la fin de campagne d’hémisphère Sud. « Mais certaines centrales d’achats françaises ont commencé à faire travailler les importateurs sur du citron reconditionné. Ce n’est plus l’apanage des Espagnols ! », se réjouit Thibaud Havet. « Le conditionnement créé de la valeur ajoutée, c’est une façon de se démarquer de la concurrence, que ce soit pour les distributeurs ou pour les importateurs », souligne Olivier Fakhri.

Pomelo : la Floride a souffert

Cet été, les prix ont été historiquement hauts en raison d’un marché sous-approvisionné. Les volumes devraient rester bas : l’Espagne est en baisse (lire p. 31), Israël trouve des débouchés plus porteurs, comme le Royaume-Uni, la Turquie aurait peu de gros calibres. Le pomelo de Floride devrait être quasiment absent du marché (Irma en septembre, greening, vieux vergers). Les prévisions officielles ont été révisées à 4,9 millions de colis de pomelos (-37 % sur un an) et à 54 millions de colis d’oranges (-21 %).

Le Texas n’a pas été touché par Irma. Helfer reconduit le pomelo du Texas cette année. « Le produit est qualitatif au niveau visuel et gustatif et les Texans plantent de nouveaux vergers chaque année, précise Olivier Fakhri. Certains distributeurs français ont basculé sur cette origine, d’autres s’accrochent au traditionnel pomelo de Floride. »

Les petits agrumes, faciles à consommer, ont toujours autant de succès.

Agrumes du Maghreb : ça bouge

Mi-octobre, l’Afrique du Sud estimait ses volumes de petits agrumes à 13,4 millions de colis, une belle hausse comparée aux 12,2 millions de colis exportés en 2016. Les marchés principaux, l’UE (26 %) et le Royaume-Uni (31 %), ont légèrement baissé au profit de la Russie et de l’Asie du Sud-Est.

Parmi les origines automnales, le Maroc pourrait revenir en force. « Il y a de belles perspectives pour cette origine, qui présente de nombreux terroirs et d’excellentes origines, souligne Thibaud Havet. Les agrumes marocains ont la volonté de revenir en Europe, après les déconvenues en Russie et après avoir surexploité le marché canadien et américain. Mais il y a deux problèmes : il n’y a pas assez de capacités de conditionnement au regard des surfaces de vergers et les produits marocains ne sont pas assez marquetés, différenciés. Et certains producteurs marocains, n’ayant pas de débouchés commerciaux, vendent leur production en vrac à des traders qui les réexpédient dans d’autres pays européens où ils sont réemballés. L’origine Maroc n’est alors pas défendue à sa juste valeur ! »

La campagne d’été en oranges a été bonne. « La demande en Valencia a notamment été soutenue, en raison du manque d’offre. L’augmentation de la consommation de jus de fruits frais a pu aussi jouer », précise Olivier Fakhri. Le marché d’hiver est dominé par les origines méditerranéennes, avec l’Espagne loin devant, le plus souvent traitée en direct entre producteurs, coopératives, centrales d’achats et le réseau des grossistes.

Un petit focus sur la Maltaise : la dernière campagne d’agrumes a été abondante dans les pays du Maghreb. Du fait de l’alternance, les volumes de Maltaise de Tunisie devraient être moins importants cette année. Le potentiel d’AZ France pour cette variété sera, lui en hausse (entrée en production de jeunes vergers). « Il y aura néanmoins assez de volume pour fournir le marché français : la Tunisie produit en moyenne 170-180 000 t de Maltaises mais seulement 20 000 t à 25 000 t sont exportées en France », souligne Philippe Pons.

 

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