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Tomate : comment le virus ToBRFV modifie les choix variétaux des producteurs

L’adoption des variétés de tomate résistantes au ToBRFV varie selon les segments, les organisations de producteurs et le risque de ToBRFV.

Après des essais en 2022 et 2023, des producteurs de tomates, notamment ceux touchés par le virus ou à proximité de sites contaminés, ont déjà adopté des variétés résistantes au ToBRFV en 2024. La bascule est notamment assez avancée en tomate ronde et tomate grappe, segments sur lesquels les semenciers ont commencé en premier à rechercher des résistances, pour répondre à l’urgence dans les pays contaminés avant la France (Mexique, États-Unis, Pays-Bas…). La région nantaise, assez axée sur la tomate grappe et ronde, a ainsi déjà largement basculé sur des variétés résistantes en 2024, à pratiquement 100 % en tomate ronde et 75 % en grappe.

Et le changement variétal devrait se poursuivre en 2025. Solarenn, après des essais en 2023 et 2024, incite désormais ses producteurs à utiliser des variétés résistantes. « Notre objectif en 2025 est d’avoir au moins 50 % de variétés résistantes dans chaque segment, pour être sûrs d’avoir du produit toute la saison dans tous les segments, indique Ronan Collet, président de Solarenn. Les producteurs sont donc fortement incités à utiliser des variétés résistantes. Selon nos estimations, ce sera plutôt 60-70 %, un peu moins en ancienne, où il y a peu d’offres. » Pour Rougeline, 5 % des surfaces utilisaient des variétés résistantes en 2024, principalement en tomate ronde et grappe. Et en 2025, la coopérative prévoit que ces variétés pourraient représenter 25 % des surfaces, avant une bascule plus importante en 2026.

Attentes de variétés gustatives et de variétés anciennes

Le changement variétal est moins avancé en petits fruits et variétés anciennes, segments sur lesquels l’offre de variétés résistantes est encore limitée. Pour Savéol, axée sur les petits fruits qualitatifs, les producteurs n’ont pas adopté les variétés résistantes. « Savéol Horizon, notre serre expérimentale, teste plus de 150 variétés par an, indique Pierre-Yves Jestin, président de Savéol. Mais l’offre actuelle de variétés résistantes ne répond pas à nos attentes en termes de goût et qualité. De plus, les variétés résistantes sont plutôt végétatives, alors que notre climat implique des variétés assez génératives. Et par ailleurs, malgré la pression en France, la situation ne s’est pour l’instant pas dégradée. Nous insistons donc sur la prophylaxie, le contrôle de l’origine des semences… »

Dans le Sud, les producteurs orientés sur les variétés anciennes n’ont pas non plus changé de variétés. Une campagne 2024 plutôt moyenne pourrait aussi inciter des producteurs à conserver des variétés sensibles, mais plus productives. « Dans les premières commandes de graines pour 2025, notre variété phare Provine reste très majoritaire, notamment au sud », constate Grégoire Vendeville, de Nunhems.

Vers un changement de statut réglementaire du virus ToBRFV

Le ToBRFV est classé organisme de quarantaine de l’Union européenne et fait l’objet d’une lutte obligatoire. Tout foyer doit être déclaré auprès du service régional de l’alimentation (SRAL). Si en 2020 la destruction de la culture était imposée, les professionnels ont obtenu en 2023 de pouvoir continuer à produire en prenant des mesures de confinement. En France, pour les campagnes 2021 et 2023, la section légumes frais du fonds de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE) a ouvert des programmes d’indemnisation prenant en charge la valeur des tomates détruites et les coûts de lavage, destruction et désinfection.

Organisme réglementé non de quarantaine

« Tout producteur paie une cotisation au FMSE, via ses cotisations MSA, et a droit à ces indemnisations qui sont financées à 65 % par des fonds publics et à 35 % par les cotisations des producteurs, indique Gérard Roche, représentant de Légumes de France au FMSE. Et pour 2024, un programme d’indemnisation va à nouveau être ouvert. » Fin 2024 toutefois, la volonté de l’Union européenne est que le ToBRFV, du fait de sa dissémination croissante, ne soit plus classé organisme de quarantaine, mais organisme réglementé non de quarantaine (ORNQ), voire qu’il ne soit plus du tout réglementé, ce qui signifiera la fin de la lutte obligatoire et donc des aides du FMSE. « Nous espérons que l’État continuera à aider la filière à assurer une surveillance du ToBRFV », insiste Gérard Roche.

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