Prune : pour ses 30 ans, la Mirabelle de Lorraine regarde vers l’avenir
Avec une belle récolte qui s’annonce et des ravageurs sous contrôle, la filière Mirabelle de Lorraine IGP continue à miser sur la transformation.
Avec une belle récolte qui s’annonce et des ravageurs sous contrôle, la filière Mirabelle de Lorraine IGP continue à miser sur la transformation.
Alors que l’IGP Mirabelle de Lorraine fête ses 30 ans, une belle récolte l'attend pour l'occasion. 6 500 tonnes sont espérées pour la saison 2026, +30 % comparé à 2025 et à 80 % du potentiel. Elle devrait avoir une semaine d'avance et débuter le 25 juillet, pour six semaines. Une année sous le signe de la précocité puisque un record de floraison a été observé, dès le 20 mars chez un arboriculteur.
La transformation est un axe stratégique
Le cap de la trentaine est l'occasion de se projeter vers l'avenir. Trois axes sont évoqués par Arnaud Colin, directeur général de la coopérative Végafruits : « Maintenir notre agilité, être autonomes sur la gestion de la donnée et mettre l’accent sur la transmission ». La filière mise sur l’IA pour anticiper la production notamment, et veut conserver son équilibre de débouchés. À savoir, un tiers en mirabelles de bouche et deux tiers en transformation. « Même les très beaux fruits peuvent aller à la transformation, explique le producteur Maxime Dupic, et si cela peut parfois sembler frustrant sur le moment, c'est une voie réellement stratégique. » De nouveaux débouchés montent, comme les gourdes énergétiques ou les concentrés à 60°Bx pour remplacer l’arôme.
Un fruit qui a du potentiel à l’export
Du côté de l'export (25% en frais et autant en fruits transformés), la filière voudrait aller un peu plus loin, même si le marché français reste prioritaire. Cela implique de produire plus et, justement, près de 200 ha ont été plantés ou rénovés depuis 2015, menant le verger à 700 ha. En fruits transformés, des demandes commencent à venir du Canada, des Philippines ou encore du Japon. « Nous pourrions passer d’un potentiel de production de 8 000 t à 10 à 12 000 t d’ici dix ou quinze ans », jauge Arnaud Colin.
De la menthe sur le rang contre les pucerons
Contre les bioagresseurs, la filière teste la menthe sur le rang contre le puceron vert du prunier, avec « des premiers résultats intéressants » selon Quentin Hoffmann, producteur qui pilote des essais dans le cadre de l’Arefe. Contre la cochenille rouge du poirier, des lâchers de coccinelles auxiliaires sont testés, mais s’avèrent très coûteux. Côté porte-greffes, généralement vigoureux, il aimerait en tester des résistants à la sécheresse. Autant de défis qui ne découragent pas cette filière résolument consciente de ses atouts, et qui attire puisque 35% des surfaces sont exploitées par des jeunes de moins de 35 ans.