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Poireau : l’irrigation et le choix variétal pour gérer le thrips

La tolérance variétale et la technique d’irrigation ressortent comme deux critères essentiels de la lutte contre le thrips en culture de poireau, d’après les essais du projet « PIC Poireaux thrips ».

Champ de poireaux à maturité
L’apport d’eau permet d’agir en rupture du cycle de reproduction du thrips en provoquant de la mortalité sur les adultes et les larves.
© Reussir

Le thrips sur poireau est à l’origine de dégâts foliaires constitués par de petites taches de couleur argentée correspondant aux lieux de piqûre et de ponte. Ces lésions peuvent favoriser le développement de certaines maladies (alternaria, rouille…). Le thrips peut également transmettre le virus IYSV.

Le projet FranceAgriMer « PIC Poireaux thrips » (Protection intégrée des cultures de poireaux contre le thrips, 2018-2020) a eu pour objectif de construire et de référencer des stratégies de protection agroécologiques contre le thrips en culture de poireau. Il a rassemblé quatre partenaires dans quatre régions différentes : le Sileban (Normandie), Planète Légumes (Grand Est), la Serail (Auvergne-Rhône-Alpes), et la Chambre d’agriculture du Loir-et-Cher (Centre-Val-de-Loire). De nombreux leviers ont été évalués : variétés, irrigation, produits de biocontrôle, préparations naturelles peu préoccupantes, filets, plantes barrières…

La période de sensibilité au thrips évaluée

Parmi ces leviers, les techniques d’irrigation constituent un facteur prépondérant pour améliorer la lutte contre le thrips. L’apport d’eau permet ainsi d’agir en rupture du cycle de reproduction du thrips en provoquant de la mortalité sur les adultes et les larves. Les irrigations par aspersion sont recommandées avec une répétition des apports plus ou moins importante en ciblant les périodes de forte activité des thrips. Les essais ont mis en œuvre différentes pratiques d’irrigation suivant deux principes : le bassinage et le renforcement de la fréquence des irrigations.

Globalement, les stratégies mises en place intégrant ces deux principes d’irrigation ont permis d’améliorer très nettement l’état du feuillage en comparaison à des témoins sans irrigation. Le bassinage a été plus particulièrement étudié au niveau de la station Serail dans le département du Rhône. Différentes stratégies de fréquence et de volume d’apport ont été évaluées. Par exemple, un des bassinages testés constituait en un apport de 1,5 à 2 mm d’eau/jour. Lors d’un essai de 2019, les dégâts foliaires à la récolte dus aux thrips ont été moins importants lorsque ce bassinage avait été effectué une fois (7,5 % de dégâts foliaires) que sans bassinage (12 % de dégâts foliaires). Avec trois bassinages, les dégâts à la récolte étaient de 9,1 %.

Optimiser le déclenchement des irrigations

L’autre principe d’irrigation évalué a consisté à renforcer la fréquence des irrigations. Les essais ont montré que des irrigations bien positionnées peuvent aussi permettre d’accentuer la mortalité naturelle des thrips et d’améliorer significativement l’efficacité des programmes de lutte appliqués en traitement des parties aériennes. Le déclenchement des irrigations est également à optimiser avec les applications insecticides. Une irrigation post-traitement insecticide permettrait d’atteindre plus fortement le ravageur. Les pratiques d’irrigation restent à adapter aux conditions de production, et en particulier climatiques, qui ont une forte influence sur le niveau de pression annuel du bioagresseur ciblé.

Source : Synthèse des travaux réalisés dans le cadre du projet PIC Poireaux

La période de sensibilité au thrips évaluée

Le choix de la variété est un critère déterminant pour optimiser la lutte contre le thrips. Les travaux de sélection réalisés tendent à faire évoluer la gamme variétale vers une meilleure tolérance aux dégâts de thrips. La période de sensibilité au thrips a été mesurée dans le projet PIC Poireaux thrips en fonction du rythme d’évolution du feuillage des poireaux. Elle correspond à la période d’apparition des feuilles qui seront présentes au moment de la récolte. Les dégâts provoqués par les thrips sur cette période pourraient donc provoquer des dégâts visuels qui se retrouveront lors de la commercialisation des poireaux. Par exemple, sur le créneau précoce (récolte à partir de septembre) dans les conditions du bassin de production du Loir-et-Cher, les essais ont permis de déterminer une période de sensibilité du feuillage entre juillet et mi-septembre. Sur le créneau tardif (récolte à partir de mars), cette période de sensibilité du feuillage débute à partir du 1er octobre.

Des méthodes préventives à appliquer

 

© RFL

- Les thrips hibernant dans le sol, il est important de respecter la rotation des cultures en évitant un retour trop fréquent de la culture de poireaux. Une période de trois à quatre ans sans culture d’alliums est recommandée.

- La pupe est sensible au travail du sol, qui peut être mobilisé pour perturber les émergences du thrips sur la parcelle.

- Eviter le retour des résidus de culture et de laverie sur des parcelles allant accueillir des poireaux la saison suivante.

- Utiliser des plants sains pour la mise en culture.

- Favoriser la faune auxiliaire en phase de culture.

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