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CHOU-FLEUR
Les variétés fleurissent

Le chou-fleur accueille chaque année de nouvelles variétés. Les stations d’expérimentation et les professionnels bretons retiennent les plus prometteuses et les plus flexibles face aux variations culturales et climatiques.

Nous recherchons des variétés offrant la plus grande flexibilité »

DAMIEN PENGUILLY, Caté

Le chou-fleur est une espèce dynamique sur le plan variétal. En Bretagne, 70 à 80 variétés sont évaluées tous les ans par le Caté en production conventionnelle et par Terres d’essais en production bio. « Une dizaine d’obtenteurs proposent des nouvelles variétés et une trentaine de nouveautés sont évaluées chaque année », précise Damien Penguilly, Caté. Pour entrer dans le réseau d’évaluation, la variété doit déjà répondre à un cahier des charges minimum : une pomme blanche donc bien couverte, sans défaut, ni problème physiologique (poils ou bractées sur la pomme) ni affection sanitaire ou meurtrissure, avec un feuillage sain. « Pour chaque créneau de production, nous recherchons la variété qui correspond au cahier des charges Prince de Bretagne en disposant de la plus grande flexibilité dans le maximum de situations », explique le spécialiste. Pour cela, les variétés sont observées dans le réseau d’évaluation en station d’expérimentation et chez plusieurs professionnels pendant trois années. Les nouvelles promues doivent apporter une amélioration par rapport aux variétés déjà retenues et une constance dans leur résultat sur la durée des observations qui se concrétise par une note sur 10.

Meilleur compromis dans le créneau

« Cette stabilité est un critère important car le chou-fleur est une culture très influencée par le climat. L’année 2015-2016 a été atypique avec deux mois d’avance sur le calendrier des récoltes d’automne et un mois de retard pour les cultures les plus tardives en mai », commente Damien Penguilly. Pour le créneau automne-hiver, la totalité des plantations s’effectue en juillet-août, pourtant les récoltes s’étalent d’octobre à fin mai selon le cycle de production des variétés qui varie de 70 à 300 jours. Ainsi, les 42 variétés retenues en 2016 permettent de produire toute l’année (NDLR : liste parue dans Aujourd’hui & demain n°126). « Ces variétés ne sont pas parfaites mais elles apportent dans nos observations le meilleur compromis dans leurs créneaux respectifs. Dans leur description, nous indiquons leurs particularités et insistons sur leurs limites », précise l’expérimentateur.

Douglas (OBS) est la seule nouveauté de chou-fleur d’automne. Destinée aux récoltes de mi-décembre à mi-janvier, elle affiche la note moyenne la plus élevée des cinq variétés de ce créneau, en apportant une vigueur et une homogénéité moyenne avec une pomme un peu haute à densité moyenne. Près de 30 variétés permettent de couvrir le créneau d’hiver avec 5 variétés nouvellement retenues. Julod (OBS) et Folgoat (OBS) pour les récoltes de janvier, Bretten (Syngenta) pour celles de février, Madig (OBS) en mars et Marzin (OBS) en mai. Julod se récolte quelques jours après Déniol (Inra-Cerafel-OBS) en trois à cinq coupes avec une qualité de couronne correcte. Folgoat présente une bonne homogénéité dans le créneau de Douareg (Inra-Cerafel-OBS) avec bonne qualité de feuillage autour de la pomme.

Les producteurs utilisent 30 variétés par campagne

Pour les récoltes de fin février-début mars, quelques jours avant Clemen (Syngenta), Bretten est proposée, malgré une pomme légère et une couverture parfois incomplète. Madig est la seule nouveauté présentant une haute tolérance au Mycosphaerella pour des récoltes en deuxième quinzaine de mars. Enfin, Marzin assure des récoltes de début à mi-mai avec une plante moyennement homogène et une couverture de pomme parfois incomplète. Dans le créneau de chou-fleur d’été récolté de juin à début octobre, seules trois variétés sont retenues : Spacestar, Cortes, Mendel (Syngenta). Leurs cycles de culture varient entre 75 et 95 jours. Pour ce segment, ce sont des plantations échelonnées qui assurent l’étalement des récoltes. « Sur une saison, les producteurs utilisent pratiquement 30 variétés. Environ 80 % de ces variétés fait partie de la liste de celles retenues et 10 % était anciennement retenu mais ne l’est plus. Le travail du réseau d’évaluation est donc reconnu par les professionnels car il apporte une vision globale sur les variétés avec l’oeil du technicien et du producteur », relève Damien Penguilly. Il estime également que des perspectives d’améliorations existent toujours dans les domaines de la tolérance aux bio-agresseurs (maladies du feuillage ou du sol) ou aux problèmes physiologiques (éclatement, desserrement, bractation, etc.).

Haute tolérance à Mycosphaerella

La résistance à la maladie du feuillage Mycosphaerella est une des améliorations récentes apportée aux variétés de choux-fleurs. Parmi les variétés retenues, sept présentent cette haute tolérance qui permet de contrôler à 99 % la maladie et évite les traitements sanitaires. La première variété disposant de ce caractère a été proposée en 2002. Désormais, tous les obtenteurs disposent de matériel génétique permettant d’introduire cette amélioration que les professionnels espèrent voir se développer sur l’ensemble du calendrier de récolte.

Quatre critères indispensables

  1. 1 Un feuillage sain

    L’état sanitaire du feuillage est une problématiquede production (calibre pénalisé) et de présentation (qualité de la couronne). La tolérance aux maladies du feuillage est donc importante avec un développement des variétés hautement tolérantes à Mycosphaerella.

  2. 2 Une pomme blanche

    Plus que la pureté de la blancheur, c’est l’homogénéité de la couleur de la pomme et entre les pommes d’un même lot qui est importante. La couverture de la pomme par le feuillage doit être suffisante. Elle ne doit pas être excessive afin de ne pas pénaliser le temps de récolte. Le « grain » de la pomme ne doit pas être trop fin.

    1. 3 Une bonne homogénéité

      L’homogénéité entre les plantes et dans la maturité des pommes permet de limiter le nombre de passages de récolte. Le critère "nombre de coupes" par variété permet de choisir la variété selon ses besoins. Le nombre de passages par variété peut varier de deux à dix.

    2. 4 Pas de problème physiologique

      Toute sensibilité aux défauts physiologiquesest à exclure comme la présence de bractées dans la pomme (chitoun), la mousse, le rosissement de la pomme... Le diamètre recherché est de 16 à 21 cm avec des pommes denses. Les formes trop coniques peuvent poser problème au conditionnement.

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