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Fraise : les promesses de l'hybride

Devenue une réalité depuis 2024 avec le lancement de Limore one, la fraise issue d’un plant semé ambitionne de révolutionner la filière. Le point sur cette innovation de rupture.

<em class="placeholder">Variété de fraise Limore one issue d&#039;un semis. </em>
Les plants de Limore one s'obtiennent en plantant des graines et non pas via des stolons issus de plants mère.
© Limgroup

Obtenir un plant de fraise à partir d’un semis et non d’un plant mère, telle est l’innovation proposée par Limgroup avec Limore one, lancée en janvier 2024. « Le programme a été initié en 2016 », retrace Jurgen Verheyen, responsable grands comptes fraise à Limgroup. « En 4 mois, on peut produire une fraise à partir d’une graine. On obtient un plant frais, qui n’a pas eu besoin de passer en frigo », expose-t-il. « Nous avons été les premiers sur le marché commercial car nous pensons que c’est l’avenir », ajoute-t-il. La firme hollandaise revendique aujourd’hui 2 millions de plants en marché avec des ventes au Canada, en Hollande, Allemagne, Belgique et Italie. En France pour l’instant, entre 100 à 200 plants seraient issus de cette variété à semer.

Des changements à chaque maillon de la production

Sur le papier, les avantages sont nombreux à chaque étape de la production de fraise. Le raccourcissement des délais entre plant mère et première fraise récoltée apporte de la souplesse. Sur le plan logistique, expédier des graines est beaucoup plus simple que de transporter des plants. C’est aussi plus économique. Les besoins en eau, énergie et main-d’œuvre sont réduits par le cycle raccourci. Limgroup avance également un gain en productivité, vigueur et régularité de la production. La firme fait état par exemple d’un rendement cumulé de 3,5 kilos par plant, à 43 semaines, pour une plantation à 5 plants par mètre faite en janvier 2025 en serre chauffée. Pour la germination, la graine réclame une température de 23 °C. Le taux de réussite est de 80 à 90 % pour l’instant mais les équipes de Limgroup travaillent à l’améliorer encore.

Des freins à surmonter sur le marché français

Et quelle promesse sur le goût ? Jurgen Verheyen reconnaît que sur ce critère, Limore one aura du mal en France car son atout est d’abord sa très haute productivité. Mais Limgroup est en train d’ajouter à sa gamme Hybrid F1, la Lim-036. Son taux de Brix moyen annoncé entre 9 et 11° est supérieur aux 7-9° de la Limore one.

L’argument de la désaisonnalisation est fort en Europe du Nord mais est-il porteur en France ? « Nous ne sommes pas habitués à la production désaisonnalisée, ni à la consommation d’ailleurs », pointe Elora Pujol, responsable de développement variétal fraise chez Invenio. Le schéma de production actuel est-il prêt à s’adapter ? « Le pépiniériste est dépendant de l’obtenteur qui gère le prix, on est dans le même schéma que le blé ou le maïs, c’est complètement nouveau en fraise », souligne Elora Pujol. À ce stade, Jurgen Verheyen n’avance d’ailleurs pas une économie de coût pour le plant lui-même. Les coûts de R & D et de production sont élevés pour un volume encore limité. La massification du marché fera baisser les coûts. La concurrence aussi d’ici quelque temps, car d’autres obtenteurs sont sur les rangs, comme Planasa.

« C’est une piste intéressante à moyen terme, une nouvelle façon de penser la production, ça va être un sujet dans le futur. Ça ne remplacera pas la totalité des plants. Les critères au final seront les mêmes, le goût doit être suffisant », pronostique Florentin Boiziot, responsable service technique et développement de Rougeline.

Quels atouts sur le plan sanitaire ?

Pour ce qui est des atouts sanitaires, Jurgen Verheyen estime qu’il est « plus facile d’obtenir des plants sains avec une graine ». « L’utilisation de matériel de départ propre et sans risque constitue une base durable pour la culture, à plusieurs égards », argumente Limgroup. Pour Jurgen Verheyen, être issu d’une première génération « rend le plant plus fort ». Il évoque une bonne résistance générale au phytophthora et botrytis mais une sensibilité à l’oïdium pour l’instant. Les recherches continuent.

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