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« Les paillages plastiques biodégradables fonctionnent très bien en culture de salade »

Les paillages plastiques biodégradables, très utilisés par les producteurs de salades, sont testés depuis longtemps par la station expérimentale Bretagne Sud, dans le Morbihan. Précocité, gestion de l'enherbement, limitation des pertes d'eau et des maladies... La responsable de la station Maët Le Lan décrit les points forts de ces paillages.

« La station d’Auray teste depuis longtemps les paillages plastiques biodégradables, qui sont aujourd’hui très utilisés par les producteurs en salade. Ces paillages sont très adaptés à la salade, pour gérer l’enherbement au démarrage, réduire les pertes d’eau et limiter les problèmes sanitaires. Et même si le film se dégrade prématurément, ce n’est pas un souci, car la salade couvre rapidement le sol. C’est un peu plus compliqué sur les cultures à cycle long.

En Bretagne, les paillages biodégradables sont utilisés surtout sur les premières plantations, où il faut réchauffer le sol pour garantir la précocité et limiter certaines maladies. Pour celles d’été et d’automne, qui vont encore plus vite, les cultures sont en général menées sans paillage, avec du binage entre rangs. Dans le contexte de sécheresse de 2022, un paillage biodégradable en été pouvait toutefois être intéressant, car un autre avantage du paillage plastique est qu’il économise l’eau.

La pose se fait mécaniquement, sans problème, en respectant certaines précautions. Il faut une bonne préparation de sol, ne pas trop anticiper la pose… Et en fin de culture, un avantage des paillages biodégradables est qu’ils permettent une destruction plus rapide car moins contraignante qu’un polyéthylène qu’il faut enlever. Cette destruction plus rapide permet aussi de limiter le salissement des parcelles sur la rotation. Si par contre le film reste trop élastique, il peut être utile d’attendre un peu pour l’enfouir, pour éviter les gros fragments plus longs à se dégrader. Actuellement, tous les films biodégradables sont fabriqués à partir de deux matières premières : l’Ecovio de BASF et le Mater-Bi de Novamont.

Les prix ont baissé par rapport au polyéthylène

Les prix, qui étaient au départ le double de celui des films polyéthylène, ont baissé aujourd’hui. Une étude du Comité des plastiques en agriculture (CPA) montre aussi que s’il n’y avait pas d’écotaxe, et pas à récupérer, collecter et traiter les paillages, les films biodégradables seraient compétitifs. Du fait notamment des feuilles de la première couronne de salade que l’on laisse sur le paillage, qui ont la même densité que le film et sont donc difficiles à séparer au lavage, les paillages salade sont très difficiles à nettoyer. Une limite aux paillages biodégradables est que s’il y a du sclérotinia par exemple, le pathogène reste sur la parcelle, alors qu’avec un film polyéthylène qui est enlevé, on limite les problèmes pour la culture suivante.

La dégradation dans le sol se fait bien en général. Si on en met chaque année sur une parcelle, il y a toutefois un risque d’accumulation des particules de plastique. La station s’est engagée en 2021 dans le projet Biomaleg porté par l’Institut de recherche Dupuy De Lôme (IRDL) et financé par l’Ademe, qui vise à mettre au point une méthode pour analyser l’impact éventuel de l’enfouissement répété de paillages biodégradables sur les vers de terre, les nématodes, la biomasse microbienne et la germination des graines. D’autres types de paillages organiques peuvent aussi être intéressants dans certaines conditions. Le chanvre, qui a une bonne image, peut être une alternative intéressante. Il est toutefois coûteux, lourd à transporter, peut être concurrent de la culture pour l’eau et peut limiter le réchauffement en cultures précoces. »

Rédaction Réussir

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