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Dans l'Hérault, Elodie Teixeira s'est lancée dans la production de fleurs comestibles

Depuis le printemps 2019, Elodie Teixeira produit des fleurs comestibles près de Montpellier. La jeune Lorraine s’est lancée, avec une énergie sans faille, dans ce projet qui correspond enfin à ce qui l’anime. Les projets ne manquent pas, et les opportunités commerciales se multiplient.

A un âge où certains sont parfois encore étudiants, Elodie Teixeira peut déjà se targuer d’avoir connu une autre vie. Avant de porter son actuelle tenue de productrice de fleurs comestibles, la jeune femme était designer textile et dessinait des motifs pour les vêtements avec déjà la passion des fleurs qu’elle intégrait dans ses réalisations. Toutefois, « le carcan créatif des dessins qu’on [lui] commande pèse de plus en plus », confie-t-elle. C’est ainsi qu’à 26 ans, après sept ans passés à Paris, elle décide de prendre un virage existentiel pour se réinventer.

Des fleurs comestibles sinon rien

Ainsi, en mai 2017, Elodie pose ses valises à Montpellier. La rencontre avec une psychologue du travail va la mettre sur les rails de la culture maraîchère. Début d’année 2018, Elodie commence une formation de BPREA. « J’ai eu un peu de mal à convaincre les responsables de m’intégrer, car j’étais exclusivement intéressée par la culture de fleurs comestibles. Je ne voulais pas faire pousser de légumes, ni aller vers de l’horticulture pour faire de la fleur coupée. J’avais eu une révélation en voyant de magnifiques assiettes de chefs avec des fleurs comestibles, et je n’avais que ça en tête ! », reprend-elle. Persévérante, elle parvient à effectuer cinq stages en rapport avec la production de fleurs dont un, le plus décisif à ses yeux, au sein du potager du restaurant de Mauro Colagreco à Menton, le Mirazur, élu meilleur restaurant du monde en 2019 par le World’s 50 Best. « J’ai passé une semaine incroyable à côtoyer des gens venus du monde entier, pour parfaire leur formation de cuisiniers auprès de cette référence culinaire. Les retours qu’ils m’ont apportés concernant les fleurs comestibles n’ont fait que me conforter dans la légitimité de mon projet », poursuit Elodie Teixeira. Elle profite également de la durée de sa formation pour finaliser la rédaction du dossier de 60 pages, qu’elle va présenter aux banques pour donner vie à son projet, dès le BPREA validé. En parallèle, elle se rend au salon du mariage, pour achever son étude de marché avec les débouchés commerciaux possibles. Les retours des professionnels sont excellents, et elle sait qu’elle pourra s’adresser à un panel varié de clients : pâtissiers, traiteurs, restaurateurs, bars, organisateurs d’évènements… « Mais, au-delà du financement et des débouchés commerciaux, il fallait trouver un terrain suffisamment proche de Montpellier, pour pouvoir récolter et livrer rapidement aux clients très présents dans l’agglomération montpelliéraine les fleurs fraîches récoltées le jour même », déroule-t-elle.

Une demande importante des métiers de bouche

Le destin lui adresse alors un coup de pouce en mettant Claude Menoury, la propriétaire des fruits de la Mourre, à Mauguio, sur son chemin. L’exploitante, installée en maraîchage bio, veut mettre certains de ses terrains à disposition, pour aider des jeunes qui voudraient se lancer. Elodie Teixeira ne laisse pas passer l’opportunité et valide rapidement l’affaire avec Claude Menoury, qui lui offre d’exploiter en location 320 m² de plein champ, la même surface sous serre, ainsi que le partage d’une pépinière de 500 m². Comme elle le souhaitait, elle va pouvoir produire bio dès le début : « Grâce à ce terrain déjà utilisé en bio, il me suffit de me fournir en graines certifiées. S’il n’existe aucune certification pour une variété donnée, une dérogation est possible ». La cohérence du projet d’Elodie convainc les banques et le financeur solidaire Airdie qui se porte garant. Son installation prend réellement corps à la fin février 2019, lui permettant de réaliser ses premières ventes dès le mois de mai. Le succès ne se fait pas attendre, tant les producteurs de fleurs comestibles bio ne courent pas les campagnes françaises. Elle doit d’ailleurs regarder ce qui se fait dans les pays de l’Hémisphère sud et en Asie, pour établir sa grille tarifaire. « Les clients m’envoient leur commande le mardi, jusqu’au mercredi matin. Je récolte ensuite pour aller livrer des produits ultra-frais le jeudi matin. Je vais d’ailleurs sûrement devoir ajouter une demi-journée supplémentaire de livraison », se réjouit Elodie Teixeira.

 

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Des barquettes à prix unique

 

 

Achillée millefeuille, Agastache anisée et mexicaine, aneth, bégonia, bourrache, bleuet, Brède mafane, camomille, capucine, chrysanthème, cosmos, estragon du Mexique, fuchsia, Monarde didyma, moutarde, muflier, œillet, pâquerette, pavot de Californie, platycodon, pois bleu, primevère, roquette, sauge ananas, souci, trèfle pourpre, violette cornue, zinnia… la liste des fleurs qu’Elodie Teixeira est en mesure de proposer se compose de plus de 35 espèces. Les plantes sont cultivées sous abris froid ou en plein champ, selon la saison mais aussi leur adaptation. Mais la principale difficulté est d’étaler les floraisons pour disposer de la gamme la plus large possible et le plus longtemps possible. « L’hiver il y a peu de choix », confie Elodie Teixeira. La mise en place des cultures se fait essentiellement par plants et sur planche avec paillage pour éviter les problèmes d’enherbement. L’irrigation par goutte-à-goutte permet d’éviter d’affecter la qualité des fleurs. Celles-ci sont récoltées tôt le matin, selon les commandes, puis mises au frigo pour être ensuite livrées ou expédiées. Le conditionnement est uniformisé dans des barquettes qu’elle vend au tarif de 12 €. C’est ensuite la quantité de fleur qui varie : comptez 120 fleurs de roquettes, 70 de bourrache ou encore 50 de violette commune, ainsi qu’un mélange personnalisé à la demande. Selon les variétés les fleurs se conservent 5 à 15 jours.

 

La fleur coupée bio est aussi recherchée

 

 

La quantité de demandes pour la fleur coupée bio pousse Elodie Teixeira à revoir sa position pour répondre favorablement à cette demande importante. La jeune fille voit déjà plus loin que sa situation actuelle. Etre en location ne lui permet en effet pas de pérenniser la haie persistante qu’elle voudrait implanter pour les variétés spécifiques, ni de mettre en œuvre l’activité d’accueil au jardin, avec des ateliers variés autour de la cuisine, des cosmétiques, la création de bouquets ou l’accueil des enfants. Aussi, la productrice est en quête d’un terrain agricole d’au minimum 7 000 m2, irrigable où construire une serre sur une partie. Mais à moins de 25 minutes de Montpellier, Nîmes ou Béziers pour que ces clients puissent venir s’approvisionner directement et déjà certifié bio. Des exigences multiples, difficiles à réunir.

 

Parcours

2014-2018 : Designer textile à Paris

2018 : validation du BPREA

2019 : installation comme productrice de fleurs comestibles bio

Mai 2019 : premières ventes de fleurs

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