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Fenouil : les 3 points clés à maîtriser pour se lancer

Légume de diversification, le fenouil trouve sa place sous abri comme en plein champ, pour une production printanière ou automnale. Mais gare au coup de chaud.

1. Le choix variétal

Le fenouil est une culture de diversification de la salade en automne en plein champ, en circuit court comme en circuit long. Il peut être cultivé en saison estivale mais il craint fortement la montaison et est donc à réserver à des créneaux très précoces. Le choix variétal s’oriente de plus en plus vers des variétés à bulbe globuleux, de forme et de calibre homogènes (notamment en circuit long) et résistantes entre autres à la nécrose et à la montaison.

Les variétés sont classées selon leur adaptation à un créneau de culture. La sensibilité est marquée à la durée du jour critique pour la bulbaison, la durée du jour pour l’induction florale et la résistance au froid. Les variétés précoces ont un cycle de production court d’environ trois mois et produisent des bulbes moins lourds (400 g). Elles sont repiquées sous serre pour les types les plus résistants à la montaison et sont adaptées aux abris. On les retrouve aussi repiquées et semées en plein champ.

On trouve notamment Antares F1, Argo, Fino, Orazio, Velino mais aussi d’autres variétés. Les variétés mi-précoces sont cultivées en période de jour décroissant. Elles sont repiquées ou semées pour être récoltées en fin d’été-automne avant les gelées. Le bulbe est plus lourd (600 g) à l’issue des quatre mois de culture. Parmi beaucoup de variétés, on peut citer Orbit F1, Orion F1, Torio F1, Victorio F1, Virgo F1, Tauro F1, Rondo, Carmo, Finale, Preludio, Rudy, Tenace… Entre ces deux saisons, Orazio F1 et Rando F1 peuvent également convenir. Néanmoins, beaucoup de travail reste à faire sur l’adaptation réelle des variétés aux créneaux de production.

Un essai variétal a été mené durant l’été 2022 au sein du Bureau technique des maraîchers (BTM) de Rhône-Alpes avec l’appui de la station expérimentale la Sérail. Il a montré la bonne tenue des variétés Orazio et Velino, notamment sur le créneau particulier de l’été souvent problématique où des montaisons précoces peuvent être préjudiciable à la qualité de la récolte. Le semis et la densité de plantation varient selon les modes de culture : sous abri ou en plein champ. Sous abri, pour les cultures de printemps, les semis s’effectuent en motte 7x7 ou 4x4 à partir de la deuxième quinzaine de janvier pour repiquage un mois après. Ils permettent de récolter vers le 10-15 mai et jusque mi-juin.

 

2. Le semis et la plantation

À la fin d’automne, le semis en motte 4x4 à partir de la deuxième quinzaine d’août permet un repiquage quinze jours à trois semaines après. La récolte s’effectue du 10-15 novembre jusqu'à mi-décembre. En effet, le cycle des plantes peut varier de 85 à 110 jours selon les conditions climatiques. Pour le plein champ, le semis en motte 4x4 à partir de mi-mars permet un repiquage quinze jours à trois semaines après. Le semis direct est possible à partir de début mai lorsque le sol est bien réchauffé. Les récoltes s’étalent alors vers mi-juillet jusqu’à la première décade de novembre. Dans ce créneau de production, le cycle de la plante varie de 75 à 95 jours selon les conditions climatiques.

Une culture sur paillage car peu couvrante et à cycle long

La plantation s’effectue au stade 2 à 4 feuilles sur bâche plastique salade avec une densité de 12 à 14 plants/m² sous serre (jusqu’à 16 plants/m² sur un site très bien éclairé) et entre 10 et 12 plants/m² en plein champ. L’implantation de la culture se fait avec un écartement moyen de 0,25 x 0,35 cm, et quatre rangs par planche. La plantation peut se faire en surface sous abri mais est forcément enterrée en plein champ. L’arrosage doit être abondant après la plantation pour favoriser la reprise. Sous abri, il convient de fermer la serre pendant plusieurs jours. Ensuite, des aérations régulières permettent de renforcer les plants.

La structure du sol doit être parfaite pour permettre un excellent développement des racines car les besoins en eau du fenouil sont importants. Un arrêt de croissance dû à un manque d’eau génère des problèmes de qualité des pommes et peut générer une montaison anticipée. De même, ses besoins en minéraux sont importants aussi. L’exploration d’un grand volume de sol est requise pour les satisfaire. Il faut donc chercher à obtenir un bon affinage superficiel et une décompaction profonde. Pour cela, un travail profond du sol préalable peut être envisagé pour assurer une structure homogène de l’horizon de 20 à 25 cm (labour, roto-bêche, sous-soleuse…) et casser une éventuelle semelle de labour préjudiciable à une implantation profonde du plant. L’horizon de surface sera travaillé plus finement (vibroculteur, herse rotative, cultirateau…).

Le fenouil est cultivé majoritairement sur paillage (toile tissée, bâche polypropylène, mélange paille foin…) car c’est une culture assez peu couvrante et à cycle long. Elle peut aussi se conduire en repiquage de plein champ en sol nu. S’ensuivent des binages successifs jusqu’au recouvrement foliaire maximal de la culture. Le bulbe peut aussi être buté pour le protéger du rayonnement qui entraînerait une amertume sur certaines variétés. Le désherbage est exclusivement mécanisé en cours de culture car il n’y a pas de produits de rattrapage homologué.

 

3. La fertilisation

Une réflexion globale, basée sur des analyses de sol, est nécessaire pour intégrer la richesse du sol, la fourniture potentielle d'éléments fertilisants par les amendements organiques et l’effet éventuel du précédent cultural. Les besoins nutritifs sont élevés, en liaison directe avec le rendement de la culture, donc la classe de précocité. Comme ordre de grandeur, les besoins d’une culture de fenouil sont de 180-200 unités de N, 30 unités de P2O5, 280 à 340 unités de K2O. Les restitutions sont de l’ordre de 50 %. Les apports d’azote sont à moduler selon le précédent, l’époque et la disponibilité potentielle à partir du moment où les besoins de la culture augmentent, c’est-à-dire trois à quatre semaines après le repiquage. L’apport de phosphore n’est pas nécessaire et la fourniture du sol peut satisfaire les besoins de la culture. En revanche, la potasse est à apporter dans une tranche de 100 à 120 kilos par hectare, selon la richesse de la parcelle.

La récolte est généralement manuelle avec des rendements potentiels de l’ordre de 2,5 à 5,5 kg/m². La récolte s’effectue quand les bulbes pèsent entre 250 et 450 grammes. La récolte doit être effectuée avant la montaison. ll faut éviter les chocs qui peuvent entraîner des taches à la conservation. En période chaude, les colis doivent rapidement être évacués des abris et stockés au frais. Le fenouil se conserve quelques jours au frigo (0 à 4°C, 95 % d’humidité). 

D'après le bulletin Brassica réalisé par les chambres d'agriculture de l’Ain, Côte-d’Or, Isère, Loire, Rhône, des Savoies et la Sérail.

Une bonne gestion de l'irrigation

L’irrigation est primordiale pour la réussite de la culture du fenouil. Elle va déterminer la grosseur du bulbe ainsi que la montaison ou non de la plante. Les besoins en eau sont importants et sont estimés à 3 millimètres par jour en moyenne. Les apports doivent être soutenus et réguliers pour éviter l’éclatement des pommes et les pourritures au départ de ces blessures. En revanche, un excès d’eau ou de fertilisation fragilise la plante et peuvent entraîner des problèmes de bordurage (noircissement des écailles).

Peu de maladies et ravageurs

Le fenouil est une culture qui connaît assez peu de bioagresseurs. La maîtrise des maladies et ravageurs dépend en premier lieu du respect de bonnes pratiques agronomiques (rotations, entretien de la fertilité du sol, travail du sol, fertilisation…) et de mesures prophylactiques (choix variétal, aménagement de l’environnement proche des parcelles…). Le principal souci est physiologique, lié à la bulbaison et à la montée prématurée à graines. Toufefois, il est possible d’avoir à faire face à des attaques de plusieurs espèces de pucerons, de la mouche de la carotte, de nématodes à galles. Le sclérotinia et des bactérioses peuvent se développer par forte hygrométrie avec des températures supérieures à 15°C. Des arrosages réguliers sans excès peuvent limiter leur apparition. Le mildiou et la cladosporiose peuvent affecter le feuillage, ainsi que l’oïdium dont la présence ne pénalisera pas la commercialisation des bulbes.

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