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Le CTIFL fête 70 ans d’innovations dans la filière fruits et légumes

En 70 ans, le CTIFL a su évoluer pour développer une vision d’avenir transdisciplinaire du secteur des fruits et légumes, afin de coconstruire des partenariats avec tous ses acteurs.

Le CTIFL a fêté dignement ses 70 d’existence le 17 octobre 2022 en accueillant plus de 250 invités, lors d’une soirée tant informative que conviviale à l’Espace événement de Rungis. Des espaces d’animation ont permis aux participants de voyager dans le temps, d’hier à demain, parmi les innovations que le CTIFL a créées et diffusées, pour l’ensemble de la filière de la graine à l’assiette. Un voyage démarré sous le nom de l’Invuflec, Institut national de vulgarisation pour les fruits, légumes et champignons, devenu par la suite CTIFL.

Le centre technique est désormais entré dans l’ère de l’agriculture high-tech, avec la toute récente plateforme Titec, incubatrice d’innovations dans les domaines de la mécanisation, de la robotique et de l’agriculture de précision. Pour Ludovic Guinard, directeur du CTIFL, l’évènement a été l’occasion de montrer les profondes modifications initiées au centre technique depuis quelques années. « Nous souhaitons être un partenaire compétitif et gagnant auprès des entreprises de la filière des fruits et légumes », annonce le responsable auprès des invités. La célébration a aussi permis de consolider les contacts auprès des financeurs, notamment les acteurs régionaux et de saluer tous ceux qui ont participé à cette transformation.

« Nous devons prioriser nos recherches »

« Notre force principale, c'est nos compétences au croisement de notre expertise et de nos disciplines. Le CTIFL offre une vision transdisciplinaire en trois dimensions, agronomique, économique et sociétale, avec des connections nationale et internationale », assure Ludovic Guinard. « Notre autre force est l’indépendance d’esprit, on ne s’interdit rien. On ne doit pas déterminer l’avenir cible, mais fournir aux acteurs les opportunités de le rendre possible », précise-t-il. Toutefois, le CTIFL doit faire face à une réduction de moyens. Avec un budget de 15 millions d’euros, qui comme toute entreprise subit aussi l’inflation en cours, le CTIFL doit adapter ses objectifs à ses moyens. « Nous devons prioriser nos recherches. Nous n’avons, par exemple, pas les moyens de travailler sur toutes les alternatives aux produits phytosanitaires », reconnait le directeur. « Mais il existe de nombreuses opportunités en travaillant avec les entreprises », assure le responsable, ne voyant pas d’opposition entre travail collectif et privé. « Les deux sont complémentaires, c’est une richesse qu’il faut cultiver », conclut-il.

 

Des partenariats gagnants avec les acteurs de la filière

Au travers de 18 témoignages de responsables d’entreprises, le CTIFL a montré son implication auprès de chaque maillon de la filière fruits et légumes. Ainsi, Benjamin Richel, président du Groupe Richel, a relaté plusieurs décennies de collaboration avec le CTIFL pour son activité de concepteur et d’installateur de serre. Avec récemment, un travail partagé sur le projet Solarsorp, dont l'objectif est d’optimiser la captation de l’énergie solaire au bénéfice des serres. Pour Thierry Mellenotte, directeur de Pink Lady Europe, plusieurs projets ont abouti à la conception d’outils de référence, dont un guide pédagogique à destination des équipes. Quant à Laurent Doerflinger, directeur des achats fruits et légumes Lidl, l’enseigne qu’il représente travaille en partenariat avec le CTIFL dans le cadre de formations régulières de ses équipes.

 

Innover, de la génétique à la robotique

Le mur fruitier, innovation 100 % CTIFL, présentée ici dans les années 1990 par son concepteur Alain Masseron.

20 innovations ont été choisies pour montrer l’étendue des travaux de recherche et d’expérimentation menés, avec leurs usages et impacts sur la filière. Pour la seule production de pomme, on y retrouve des innovations génétiques comme les porte-greffes Pajam® 1 Lancepcov et Pajam® 2 Cepilandcov, créés au début des années 1980 et diffusés sur plus de 45 000 hectares de vergers en France. Le mur fruitier, innovation 100 % CTIFL initiée dans les années 1990, est à l’origine des vergers dénommés « étroits », aujourd’hui adaptés au cerisier, au prunier et à l’olivier. Enfin le code couleurs, créé pour l’agréage de la pomme Golden, est désormais utilisé à plus de 60 000 exemplaires sur d’autres espèces : poire, chou-fleur, cerise, abricot, oignon, tomate, figue, olive… Plus récemment, le Pulvéfix, la micro-injection ou la technique de l’insecte stérile incarnent les nouveaux enjeux de la protection des vergers. Les travaux menés sur l’open buffer, les écrans thermiques, la conduite du concombre sur fil haut, et maintenant la digitalisation et la robotisation, témoignent des engagements du CTIFL dans le secteur de la serre.

 

Dans une dynamique européenne

Applegenie, Adopt-Ipm, Best4sol, Cracksensen, Domino, Euclid… Ces projets parmi d’autres ont en commun l’Europe. Ils démontrent à la fois l’implication du CTIFL dans les programmes de recherche européens et la reconnaissance internationale des compétences du centre technique. Par exemple, Innobred regroupe huit pays européens pour la sélection et l’utilisation novatrices de fruits biologiques avec l’ambition de créer une dynamique européenne autour des variétés adaptées à l’agriculture biologique. Harmores 3 permet de multiplier les partenariats européens avec sept nations en travaillant sur les résistances génétiques, et de consolider les compétences du CTIFL sur différents pathogènes. À venir, Climate farm Demo regroupera tous les pays de l’UE dans un réseau d’agriculteurs pilotes pour démontrer l’intérêt des solutions sur le plan climatique pour une Europe neutre en carbone.

 

Et si on consommait mieux et plus…

Le CTIFL a apporté une des visions possibles de la production des fruits et légumes en 2050.

 

« Et si c’était demain ». Au cours de cette animation, le CTIFL a apporté une des visions possibles de la  production des fruits et légumes en 2050, au regard des innovations et avancées technologiques actuelles et à venir. « Et si c’était demain » fait place à la biodiversité dans les vergers, avec des techniques digitales, biomécaniques et biologiques permettant de produire les fruits dans le plus grand respect de l’environnement. Des technologies également déclinées pour des serres qui seraient « pilotées », tout comme le serait le rayon des fruits et légumes, ainsi que le réfrigérateur du consommateur. Les données de consommation pourraient être transmises aux producteurs pour limiter les stockages, mais aussi réduire l’impact en énergie et CO2 de la parcelle à l’assiette. Et si, en 2050, on consommait mieux et plus…

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