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Lancement de campagne
L’ail français mise sur ses terroirs

L’Aniail a lancé la campagne de l’ail français le 3 juillet sur le Min de Toulouse. L’ail espagnol et chinois, le bio et le zéro résidu de pesticides se sont invités au débat.

Après 3 ans à Rungis, c'est sur le Min de Toulouse que l'Aniail a lancé sa campagne. De g. à dr. : Philippe Quaranta (metteur en marché), Christiane Pieters, présidente de l’Aniail, Stéphane Boutarin (producteur).
© Claire Tillier - FLD

Devant le « nouveau dynamisme du Min de Toulouse » mais aussi parce que la région Occitanie est prolifique en Siqo au niveau de l’ail, c’est sur le Grand marché Min Toulouse Occitanie qu’a eu lieu le lancement de la campagne 2018 de l’ail français. Dans la salle, étaient présents, des représentants des sept metteurs en marché* de “Mon ail français”, des producteurs des différentes régions, des acheteurs de la GMS…

Les récoltes ont été, cette année, un peu plus tardives que lors de la saison précédente compte tenu du froid et de l’humidité au printemps. Le cycle de séchage a démarré avec une météo favorable. Les volumes devraient être légèrement supérieurs à ceux de l’an dernier, avec des calibres plus importants. Pas de gros problèmes de maladie cette campagne. (Pour le détail par régions, lire ci-dessous)

Philippe Quaranta, représentant les metteurs en marché, a rappelé que la consommation de l’ail baissait depuis plusieurs années de 3 à 4 % par an. « Nous devons recruter les jeunes. À nous de nous adapter à cette cible », a-t-il lancé. Il a également remercié toute la distribution pour la mise en avant de la signature “Mon ail français” qui a encore besoin de se faire connaître selon lui.

Bio, pesticides et EGAlim

Question dans la salle : quid de l’ail espagnol ? A priori, cette année, on s’attend à une belle récolte de l’ail espagnol. Philippe Quaranta précise néanmoins que la France ne fait pas partie des priorités des faiseurs espagnols. « L’ail chinois est moins cher semble-t-il cette année », ajoute-il.

Les travaux entamés depuis 3 ans avec le laboratoire SCL de Bordeaux pour identifier des marqueurs de l'origine des aulx, outil d'aide pour les autorités de contrôle sur l'origine des produits, touchent à leur fins, a-t-il été annoncé.

Dans la salle Christian Amiel, responsable fruits et légumes de la Socamil (centrale d’achats de E.Leclerc) précise qu’elles n’achètent jamais d’ail chinois et que lorsque la production française est à disposition, « on bascule sur l’origine France ». « Et sans pression sur le prix ! », plaisante Christiane Pieters. « On a tous besoin les uns des autres », répond Christian Amiel. Avant d’ajouter : « On a des demandes sur le bio et le zéro résidu et le sans pesticide ». Martine Potdevin, productrice dans le Nord, répond : « Concernant le bio, les consommateurs et la grande distribution seront-ils prêts à acheter un ail moins blanc et de petit calibre ? Parce que si on produit du bio, il ne faut pas s’attendre à un produit esthétiquement parfait ! ». Christiane Pieters, ajoute : « On ne ferme la porte à rien, mais là, nous sommes plus dans l’attente de ce que va donner la suite des États généraux de l’alimentation, faisons en sorte que nous vivions déjà de nos productions, après on verra ! »

* Val’Prim, Royal Saveurs, Les Aulx du Sud-Ouest, Jardins du Midi, Ferme de la Motte, Fermes des Arches et Agri-condiments.

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Déroulement de la campagne dans les différentes régions de France

Dans la Drôme, on a récolté avec environ 10 jours de retard. Le rendement sera inférieur aux deux années précédentes qui avaient été exceptionnelles. « L’ail violet est coloré et de bon calibre ; l’ail blanc est lui, bien blanc avec un calibre idéal pour la GMS », ajoute Stéphane Boutarin, administrateur du GIE de l’ail Drômois. Les conditions météo ont permis un début de séchage a été idéal. Par rapport à l’an dernier, « l’ail est plus régulier, plus beau, plus rond ».

Sébastien Taupiac (Ail violet de Cadours) : « On va faire une saison supérieure à celle de l’an dernier ; Les calibres sont plus gros. D’ailleurs, ça risque d’être un peu compliqué pour les filets 3 têtes pour la GMS pour lesquels on met trois têtes de 60 g environ ». La couleur est très affirmée cette année. Il y a 12 à 15 jours de retard sur l’arrachage. On va rattraper une semaine au séchage. La commercialisation devait débuter au 11 juillet.

Côté ail rose du Tarn, pour Hervé Hel, directeur de la coopérative de l’Ail rose de Lautrec, « la saison s’annonce bien. La récolte se fait dans de bonnes conditions et la qualité paraît bien. Les rendements sont meilleurs que l’an dernier, les calibres sont corrects et il n’y a pas eu de pied manquant ».

Pour l’ail de Lomagne, la récolte est plus tardive que celle de l’an passé. On note 8 jours de retard. Les sols sont terreux « cela a coûté plus de temps et de main d’œuvre pour déterrer », souligne Christiane Pieters. Les calibres sont plutôt gros, il faut donc aussi plus de temps de séchage. « Il n’y aura pas d’ail de Lomagne disponible avant fin juillet », précise Christiane Pieters. « La récolte sera un peu plus importante que l’an dernier, campagne où l’on avait de petits calibres ».

Au moment du lancement de la campagne de l’ail français, le 3 juillet, dans le Nord (ail d’Arleux), la récolte n’avait pas encore commencé. « On a planté dans de très bonnes conditions, même s’il faudrait un peu d’eau pour faire du calibre », soulignait Eric Potdevin.

Lire aussi Le dossier Alliums de FLD Mag :
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