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Périgord : la culture de truffe comme diversification

La Chambre d’agriculture de Dordogne et les professionnels de la filière trufficole ont organisé une visite de truffières, en Périgord, afin de montrer l’intérêt pour les agriculteurs de planter et aussi de mécaniser.

Marie-Claire Caravaca, la propriétaire, et Patrick Réjou, technicien à la Chambre d’agriculture et à la Fédération des trufficulteurs lors des visites de truffière à Mareuil dans le Périgord.
Marie-Claire Caravaca, la propriétaire, et Patrick Réjou, technicien à la Chambre d’agriculture et à la Fédération des trufficulteurs lors des visites de truffière à Mareuil dans le Périgord.
© A. Merlingeas

En Dordogne, les groupements locaux de trufficulteurs du Périgord vert et du Périgord blanc en association avec la Chambre d’agriculture ont organisé une rencontre sur les atouts proposés par la trufficulture dans les exploitations agricoles. « C’est une culture intéressante même si on ne peut pas garantir des volumes stables tous les ans et sur tous les terrains », a expliqué Alain Klémeniuk, président de la Fédération départementale des trufficulteurs du Périgord et céréalier à Verteillac lors de la visite de son exploitation qui abrite deux hectares de truffières. « Ce n’est pas une culture que l’on lance lorsqu’on est jeune installé, reconnaît-il. Il faut une dizaine d’années pour avoir un retour intéressant. »

Des truffières travaillées au tracteur

Cette culture est éligible à la PAC (en moyenne 200 € par hectare et par an). Elle peut bénéficier d’une durée d’exonération d’impôt sur le revenu de plusieurs années et de 50 % de la taxe foncière. Le Conseil départemental de Dordogne et la Région Nouvelle-Aquitaine aident à la plantation jusqu’à 65 % de l’investissement pour les jeunes agriculteurs. « Au bout de huit ans, on a investi 5 000 € en déduisant les aides, les exonérations et la PAC. Ce sont dix kilos de truffes à 550 € le kilo ! », évalue Patrick Réjou technicien à la Chambre d’agriculture et à la Fédération départementale des trufficulteurs.

« Aujourd’hui, il faut que cette culture soit mécanisée au maximum », explique-t-il en évoquant les points de blocage pour les agriculteurs. C’est ce mode de conduite qu’ont développé Fabrice et Laurent Bounissou sur des truffières plantées il y a seize ans qui se composent à deux tiers de chênes verts et d’un tiers de pubescents plantés tous les sept mètres. Ils utilisent des engins comme un tracteur, un vibroculteur ou un cover crop.

« Cette année, j’y ai mis le cultivateur. Je trouve qu’il travaille mieux que le cover crop », commente Fabrice Bounissou qui se dit assez content du rendement obtenu en truffes, même s’il s’avère hétérogène et qu’une partie des arbres ne sont pas encore en production. « C’est un modèle mécanisé de truffières travaillées au tracteur, avec du paillage plastique sur le rang qui semble plus adapté à ce qui peut se faire chez des agriculteurs », a résumé Patrick Réjou.

Alexandre Merlingeas

De la plantation à la vente

Un accompagnement des plantations de truffières existe avec la Chambre d’agriculture et la Fédération des trufficulteurs, du choix des parcelles pour planter, des plants en passant par l’itinéraire technique à suivre jusqu’à la récolte. « On sait produire quatre kilos à l’hectare », assure Patrick Réjou. Entre six et dix tonnes de truffes sont produites chaque année en Dordogne. Sur les marchés contrôlés du département, elles sont vendues entre 500 € et 1 000 € le kilo, avec une moyenne située entre 600 et 700 €. La filière compte également une structure commerciale de type coopératif avec Périgord Unitruffes.

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