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La filière prune espère un potentiel de production normal

La perspective d’une campagne prune 2023 avec un potentiel de production normal rassure après deux années de gel. Cette année sera malgré tout décisive pour la filière.

« 2023 sera une année décisive pour la pérennité des exploitations », a prévenu Joël Boyer (au centre).
« 2023 sera une année décisive pour la pérennité des exploitations », a prévenu Joël Boyer (au centre).
© Réussir F&L

« Cette campagne 2023 s’annonce avec un plein potentiel qu’il faudra valoriser », s’enthousiasme Joël Boyer, président de l’AOP nationale Prune lors de l’assemblée générale début mai à Moissac (Tarn-et-Garonne). Sur le bassin Sud-Ouest, qui représente près de 75 % de la production répartie entre Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, aucun accident climatique majeur n’est à déplorer. Les variétés Grenadine et Reine-Claude ont légèrement alterné, mais rien de significatif par rapport à ce qui était redouté après le gel subi en 2022. De la grêle précoce a tout de même été relevée à certains endroits, mais cet épisode ne devrait pas impacter la qualité de la récolte. Idem pour la disponibilité de la ressource en eau.

« L’année dernière à la même période, les vergers étaient déjà irrigués », rappelle Françoise Roch, vice-présidente de l’AOP nationale Prune et présidente de la FNPF. « Sur le territoire lorrain de la mirabelle, le potentiel de récolte avoisine le 100 % et les réserves en eaux sont suffisantes », rassure Quentin Hoffmann, directeur de l’Arefe. « Attention cependant à la baisse de la valorisation, car les charges sont toujours à la hausse, et les trésoreries sont vides après ces deux années de gel. 2023 sera une année décisive pour la pérennité des exploitations, malgré les bonnes prévisions de récoltes », prévient Joël Boyer. Difficile pour l’instant de savoir comment la campagne va être impactée par les conséquences du manque d’eau en Espagne, premier pays importateur en France.

2022, année de « grand cru » qualité

« 2022 a bénéficié d’un bon dynamisme malgré une amputation de 40 % de la production à cause du gel », rappelle André Graglia, directeur de l’AOP nationale Prune lors de la présentation du bilan de campagne. La prune confirme son créneau tardif, avec une offre de juillet jusqu’à mi-octobre, malgré des volumes affectés sur les deux premiers tiers de campagne. « Les variétés tardives ont été peu impactées », observe le directeur de l’AOP nationale. Au total, 35 000 tonnes de prunes de table ont été produites pour le marché frais, une valeur stable par rapport à l’année précédente. 2022 a été une année avec une qualité exceptionnelle, que ce soit pour la teneur en sucre des fruits ou la tenue du fruit en conservation frigo.

Les fleurons qualités restent la mirabelle et la Reine-Claude, bien que les américano-japonaises ont aussi tiré leur épingle du jeu tant l’année fut un « grand cru ». La valorisation a été également très correcte compte tenu des moindres volumes de l’offre, avec de nombreuses opérations de mise en avant offrant une belle visibilité durant des périodes de météo favorable à la consommation. Les achats des ménages reculent tout de même de 10 % sur la moyenne des trois dernières années. « Il y a eu limitation de la casse compte tenu de la baisse de la production. Il faut désormais viser une augmentation des volumes avec un retour à la normale de la production », conclut le président de l’AOP nationale Prune.

Rédaction Réussir

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