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« La filière chou à choucroute a trouvé un certain équilibre »

Avec des surfaces divisées par deux en seize ans, la filière du chou à choucroute doit faire face à de nombreux défis.

Il est également impératif de sélectionner des variétés résistantes aux conditions météorologiques, aux maladies et aux ravageurs, dont certains sont récents.
Il est également impératif de sélectionner des variétés de chou résistantes aux conditions météorologiques, aux maladies et aux ravageurs.
© E. Chombart

Près de 800 hectares de choux à choucroute étaient cultivés en Alsace en 2008…. En 2024, on dénombre huit choucroutiers et une cinquantaine de producteurs qui exploitent 400 hectares. « La filière du chou à choucroute ne s’effondre pas, elle a trouvé un certain équilibre. Mais elle est fragile », affirme Robin Sesmat, conseiller asperge, chou à choucroute et navet salé au sein de l’association Planète légumes fleurs et plantes. Pour le conseiller, la surface cultivée peut se stabiliser grâce à la jeune IGP « Chou à choucroute d’Alsace » créée en 2018. Le premier problème, pour Robin Sesmat, réside dans une érosion de la consommation régionale et nationale. L’IGP veut effacer les idées « d’un plat très calorique, réservé à l’hiver » et créer d’autres modes de consommation.

Des récoltes en dents de scie

Philippe Buchmann, président du syndicat des producteurs de choux à choucroute d’Alsace se désole : « 2023 et 2022 ont été deux grosses années de sécheresse, mais ...

Les producteurs doivent aussi faire face à des conditions climatiques aléatoires avec quatre années de sécheresse pour une année humide. « 2023 et 2022 ont été deux grosses années de sécheresse, mais cette année c’est l’inverse, nous avons trop d’eau », se désole Philippe Buchmann, président du syndicat des producteurs de choux à choucroute d’Alsace et producteur à Duttlenheim, qui consacre 21,5 hectares à ce légume. De quoi menacer les rendements malgré l’utilisation conjointe de variétés précoces et non précoces. 2021 affiche un rendement de 88 tonnes par hectare pour un volume global de 40 480 tonnes en Alsace. L’année suivante, le rendement baisse à 75 tonnes par hectare pour 33 000 tonnes récoltées. Alors, il faut s’adapter, notamment en irriguant et répercuter le coût des investissements n’est pas évident. Ainsi, après deux années à 87,50 euros la tonne en 2020 et 2021, le prix payé au producteur a été revalorisé en 2022 à 107,50 euros la tonne.

Il est également impératif de sélectionner des variétés résistantes aux conditions météorologiques, aux maladies et aux ravageurs dont certains sont récents. Un enjeu d’autant plus important « que les producteurs voient une érosion de leur gamme de produits phytosanitaires, notamment Movento auparavant utilisé contre les pucerons », note Robin Sesmat. L’association a ainsi étudié l’effet de bandes fleuries pour lutter contre les pucerons. « Cette expérience s’est avérée concluante. Maintenant, il y a un enjeu d’échelle, qui n’est pas négligeable. Nous devons réfléchir à la façon de déployer cela sur le territoire », souligne Robin Sesmat. L’association travaille également sur des moyens de lutte contre l’altise du chou (barrières physiques et produits répulsifs) et sur le volet fertilisation via, notamment, des engrais verts et les rotations. En attendant, les producteurs ont entamé leur récolte mi-juillet, laquelle devrait s’achever en novembre.

Rédaction Réussir

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