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« L’asperge est une culture rentable si on maîtrise ses charges » : dans les Landes, la coopérative Maïsadour à la recherche de producteurs d’asperges

Dans les Landes, la coopérative Maïsadour recherche 3 à 4 producteurs d’asperges en projet d’installation ou de diversification. S’il s’agit d’une culture technique, elle est aussi très rentable « si on maîtrise ses charges ». L’accueil et la gestion des saisonniers est aussi une question à prendre en compte.

Lucie Gemain, responsable Cultures Légumes frais et nouvelles cultures chez Maïsadour : « L’asperge intéresse nos adhérents malgré sa technicité ou plutôt grâce à cela : ça les change de leur quotidien en grande culture et leur apporte un challenge. Bien qu’historique dans les Landes, l’asperge est une culture qui n’a pas encore livré tous ses secrets. »
© Maîsadour

Chez Maïsadour, groupe coopératif landais connu pour opérer dans le maïs et céréales, l’asperge fait partie de la maison, depuis  plus de 15 ans. « L’asperge est une production emblématique landaise et produite par nos adhérents. Maïsadour souhaite garder cette culture », affirme ainsi Lucie Gemin, responsable Cultures Légumes frais et nouvelles cultures chez Maïsadour, à FLD le 19 mars.

Après un fort accroissement de la production dans les années 2010 « avec un pic à 1 800 tonnes en 2017-2018 », la coopérative cherche plutôt aujourd’hui à stabiliser ses volumes d’asperges, « autour de 1400 - 1 500 tonnes », afin de continuer à faire fonctionner son outil industriel. 

 

L’asperge, une problématique de renouvellement parcellaire

Pour cela, Maïsadour cherche à recruter 3 ou 4 producteurs d’asperges pour une quarantaine d’hectares au total, que ce soit sur des projets d’installation ou de diversification. A date, quelque 30 producteurs la cultivent actuellement (sur 310 hectares), un groupe « plutôt jeune, des producteurs de moins de 50 ans le plus souvent », détaille Lucie Gemain. 

Armand Grihon, producteur à Sabres dans les Landes et président de la Commission asperge de Maïsadour depuis janvier 2025 confirme : « Nous avons besoin plus que jamais d’un renouvellement générationnel, même si la moyenne d’âge de notre groupe de producteurs d’asperges est plus basse que sur d’autres cultures. Des producteurs historiques en fin de carrière ne replantent pas par manque de visibilité sur la transmission. »

Il faut 10 ans entre deux cultures d'asperge

Maïsadour fait aussi face à une problématique de rotations, notamment chez les producteurs historiques. Agronomiquement, on réalise un cycle de 10 ans sur une aspergeraie. Il est ensuite admis qu’il faut 10 ans avant de replanter de l’asperge, pour des questions sanitaires. « On a déjà vu de l’asperge sur asperge mais les accidents culturaux sont en général assez importants donc nous évitons », précise Armand Grihon.

Maïsadour recherche donc des producteurs, plutôt jeunes, avec des parcelles vierges de la culture d’asperges, et qui ont envie d’un challenge technique.

 

L’asperge, une culture très rentable sur de petites surfaces

Les 28 producteurs actuels d’asperges de Maïsadour sont répartis sur une zone de production assez large, de l’extrême sud des Landes jusque dans le Médoc, leurs surfaces varient de 1 à 41 hectares, sur des ateliers de diversification ou de spécialisation

« En général, les producteurs d’asperges sont des agriculteurs en grandes cultures avec du maïs semence et/ou des cultures légumières sous prix contractualisés, analyse Lucie Gemain. Mais sur les dernières installations, on observe que l’asperge est une culture phare, celle qui fait le plus de chiffre d’affaires. Elle permet des revenus supplémentaires sur de petites surfaces. Oui, si on s’en donne les moyens, c’est une culture très rentable. »

Lire aussi : Témoignage d’Armand Grihon, producteur d’asperges Maïsadour à Sabres dans les Landes : « L’asperge représente 75 à 80 % de notre chiffre d’affaires pour moins de 10 % de la surface »

 

Un groupe d’entraide entre producteurs

Attention toutefois : l’asperge est une culture technique, surtout quand on évolue dans un contexte de grandes cultures. Avec l’asperge, pas de tracteur. Et il s’agit d’une culture semi-pérenne -on plante pour 8 ans minimum- avec des soins de juin à août qui feront la nature et la qualité du produit au printemps suivant. « Il va s’agir de maîtriser ses charges, notamment la main d’œuvre de récolte », traduit Lucie Gemain.

La responsable sourit : « L’asperge intéresse nos adhérents malgré sa technicité ou plutôt grâce à cela : ça les change de leur quotidien en grande culture et leur apporte un challenge. Bien qu’historique dans les Landes, l’asperge est une culture qui n’a pas encore livré tous ses secrets. »

« Les producteurs ne se concentrent que sur la récolte »

Pour séduire les producteurs éventuels, Maïsadour met en avant la mutualisation des outils et du process (analyses de sol par exemple), ce qui permet de limiter les investissements. « Lors de la cueille, les asperges sont directement placées dans des palox remplis d’eau froide afin d’y être refroidies. Nous, Maïsadour, faisons chaque jour la collecte de ces palox pour les amener à notre station de lavage et de tri à Herm (Landes) où 100 % des asperges de nos producteurs vont être gérées et tracées. Les producteurs ne se concentrent que sur la récolte », explique Lucie Gemain.

Les nouveaux producteurs sont accompagnés par les techniciens de la coopérative mais aussi par un parrainage avec les autres agriculteurs. « Les techniciens spécialisés de Maïsadour sont là pour nous épauler. La coopérative porte une attention particulière aux nouveaux producteurs, rappelle Armand Grihon. Et entre producteurs on échange beaucoup. On s’aide. »

 

Un marché qui se maintient

Et côté marché ? Pas d’inquiétude pour les années à venir quant à la capacité de commercialiser les volumes, affirme Maïsadour. « L’asperge n’observe pas une consommation en forte croissance comme les fruits rouges mais elle se maintient, malgré son prix, connu pour être un des plus chers dans les légumes. L’asperge est un légume d’exception avec une connotation festive et qui a sa clientèle, prête à mettre le prix », estime Lucie Gemain

En outre, la filière est structurée et Lucie Gemain ne voit pas de risque de surproduction à l’horizon.  Enfin, Maïsadour peut compter sur sa segmentation IGP, ainsi que sur le nouveau Label Rouge, qui lui permet de se différencier et d’obtenir de « bons prix » pour les producteurs.

 

La problématique des saisonniers : comment recruter, accueillir et manager ?

« Le marché français est loin d’être saturée et l’asperge est une culture très rentable. Donc sur le papier, tous les voyants sont au vert. Il y a un gros potentiel mais on observe un léger déficit de candidats [producteurs] », regrette Armand Grihon.

Ce qui peut faire peur ? La charge de travail en phase de récolte, devine Armand Grihon. « Pendant les trois mois et demi de la récolte, il faut manager des équipes de saisonniers. Or en grandes cultures, on n’a pas l’habitude. Mais la coopérative propose des formations en management, des outils pour l’accueil… »

« Il faut manager des équipes de saisonniers. En grandes cultures on n’a pas l’habitude »

Quant à la problématique de recrutement, des candidats sur le bassin landais, « il y en a beaucoup » « venants d’Espagne depuis une immigration sud-américaine ». 

Au niveau de la coopérative, les manières de faire divergent : recrutement direct, groupement d’employeurs, agence d’intérim…« On arrive à fidéliser des équipes de saisonniers. Je n’ai jamais vu une exploitation rater sa campagne à cause du recrutement. » 

La problématique est davantage celle de l’accueil et du logement des saisonniers car la saison est longue. « Mais ça s’organise ! », rassure Armand Grihon.

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