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Fruits et légumes transformés : quels sont les chiffres clés 2023 de la filière française ?

Lors d’un webinaire de FranceAgriMer le 18 décembre, l’Anifelt, l’interprofession des fruits et légumes transformés, a fait état d’une année 2023 positive pour la production et pour les industriels. Les perspectives pour l’année 2024 sont bonnes, bien que des inquiétudes demeurent, dans un contexte toujours préoccupant d’inflation et de bioagresseurs.

Usine de compotes de fruits
Les volumes industriels de fruits et légumes transformés ont progressé de +1 % sur un an en 2023, en lien avec la hausse des volumes des matières premières.
© Philippe Gautier

Pour la 5e année, l’Anifelt et 9 organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur des fruits et légumes transformés ont transmis à FranceAgriMer les chiffres clés de cette filière(1), aux différents stades (production, transformation, consommation).

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« Cela fait 5 ans que la filière des fruits et légumes transformées publient ces chiffres. Ces données statistiques, en décalé d’une année le temps de l’obtention des chiffres et de leur analyse [chiffres 2023 publiés fin 2024, NDLR] sont très importantes pour la filière des fruits et légumes transformées, estime Aurélien Soubeyrand, président du conseil spécialisé Fruits et Légumes de FranceAgriMer, lors du webinaire de présentation de ce panorama statistique 2023(1) le 18 décembre 2024, auquel une centaine de personnes étaient inscrites. Elles n’existaient pas auparavant, et elles permettent de donner de la visibilité et des perspectives à ce secteur, pour éventuellement orienter les décisions lors des conseils spécialisés de FranceAgriMer. »

(1) Panorama statistique 2023 des fruits et légumes transformés par FranceAgriMer par un consortium de 10 organisations professionnelles ou interprofessionnelles représentatives de leurs filières, coordonné par l’association nationale interprofessionnelle des fruits et légumes transformés (Anifelt). Ces 10 organisations sont : AFC (choucroutiers), Afidem (fruits à destinations multiples transformés), ANIBI (bigarreau d'industrie), ANICC (champignon de couche), BIP (pruneau), Sonito (tomate d’industrie), SVFPE (légumes 4e gamme), Unijus (jus et nectars), Unilet (légumes conserves et surgelés), et l’Anifelt. Cette étude annuelle est réalisée depuis 5 ans.

 

Au stade production, que s’est-il passé en 2023 pour les fruits et légumes transformés ?

En 2023, les surfaces implantées pour les fruits et légumes transformés (dont vergers à doubles fins) ont augmenté de +1 % sur un an, à 153 600 hectares, en raison d’une demande industrielle plus importante après une saison 2022 en berne en termes de production (aléas climatiques). 

Côté volumes agricoles produits, en 2023, des conditions climatiques relativement favorables ont permis une hausse des volumes livrés aux usines de +6,8 %, à près de 1,7 millions de tonnes. 

A noter : quelques difficultés d’approvisionnement en pomme, avec une production qualitative et une demande orientée sur le marché du frais et de l’export. Et en pruneau, après deux années de gel en avril 2021 et avril 2022, la filière a retrouvé en 2023 un volume de récolte dans la moyenne de la décennie 2010-2020.

En légumes, les résultats montrent une tendance baissière de la production malgré la stabilité des surfaces : « Sur les 5 dernières années, on note une certaine stabilité des surfaces en légumes destinés à la transformation, avec des évolutions selon les années en fonction de la demande des industriels. En revanche, la baisse des volumes livrés aux usines démontre une forte sensibilité de ces cultures aux ravageurs et aux aléas climatiques de plus en plus nombreux », illustre Victoire Cassignol, directrice générale de l’Anifelt.

Le chiffre d’affaire agricole 2023 est lui en forte hausse de +48 % sur un an (et de +44 % comparé à la moyenne 2019-2022) en lien avec la hausse des volumes livrés mais aussi de la hausse des prix producteurs pour suivre l’inflation.

La filière des fruits et légumes transformés représente une part représentative des fruits et légumes produits en France :

  • 15 000 exploitations agricoles ;
  • 0,5 % de la Surface Agricole Utile française ;
  • Chiffre d’affaire de plus de 550 millions d’euros ;
  • 32 % des légumes produits en France sont destinés à la transformation ;
  • 21 % des fruits sont destinés à la transformation.

 

Au niveau des usines, quels sont les chiffres clés 2023 pour les fruits et légumes transformés ?

Les volumes industriels ont, eux, progressé de  +1 %, en lien avec la hausse des volumes des matières premières. Le chiffre d’affaire (5,64 milliards d’euros) est lui aussi en hausse, de +11 % (et +26 % comparé à la moyenne 2019-2022), reflet de l’inflation.

Chiffres clés de la transformation de fruits et légumes en France, au stade industriel : 

  • 27 000 emplois directs ;
  • 221 unités de transformation (dont producteurs transformateurs de pruneaux) ;
  • 189 entreprises industrielles (dont pruneaux) ;
  • Un chiffre d’affaires industriel (hors champignons) de 5,64 milliards d’euros.

 

Combien de produits issus de la transformation de fruits et légumes ont été produits en France en 2023 ?

  • Jus et nectars : 1,2 milliards de litres (-3 % vs 2022 et +8 % vs moyenne 2019-2022) ;
  • Conserves : 557 000 tonnes ½ brut (+6 % vs 2022 et stable vs moyenne 2019-2022) ;
  • Surgelés : 362 000 tonnes ( +4 % vs 2022 et stable vs moyenne 2019-2022) ;
  • Végétaux 4e gamme : 109 000 tonnes (+0,3 % vs 2022 et +6 % vs moyenne 2019-2022) ;
  • Compotes, confitures, fruits confits : 616 000 tonnes (+3 % vs 2022 et +8 % vs moyenne 2019-2022).

 

Infographie représentant les productions fabriquées en France à partir de fruits et de légumes : choucroute, conserves et surgelés de légumes, concentrés de tomates, légumes 4e gamme, compote, jus, pruneaux, confitures, fruits confits.

 

Et quelles perspectives pour 2024 ?

En 2024, la demande pour la transformation devrait être relativement stable après une année 2023 qui a permis de reconstituer les stocks

Les filières de fruits et légumes transformées restent toutefois attractives à la production en début d’année 2024, estime l’Anifelt et ses partenaires représentants des filières de transformation. En revanche, l’inquiétude est de mise en ce qui concerne la météo : les nappes phréatiques ont été rechargées mais certains acteurs craignent un excès d’eau qui pourrait entraîner une mortalité de verger. « Les aléas climatiques aurons nécessairement des conséquences sur les volumes livrés aux usines », souligne Victoire Cassignol. Inquiétude également des producteurs quant à leur capacité à protéger leurs cultures face aux bioagresseurs

Enfin, alors que l’inflation s’est stabilisé fin 2023, la baisse de la consommation générale interroge sur la dynamique de consommation des fruits et légumes transformés. Quelles en seront les conséquences pour la filière ?

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