Aller au contenu principal

Conjoncture
[Coronavirus Covid-19] Fraises : vers un retour à l’équilibre ?

Après une semaine 12 et un début de semaine 13 catastrophiques, le marché de la fraise s’est amélioré en milieu de semaine dernière. Les producteurs espèrent un durable retour à l’équilibre.

Le beau temps favorisant la consommation, des opérateurs estiment même qu’il pourrait manquer de fraises en fin de semaine. © Véronique Bargain - FLD
Le beau temps favorisant la consommation, des opérateurs estiment même qu’il pourrait manquer de fraises en fin de semaine.
© Véronique Bargain - FLD

« Après une semaine un peu folle, nous sommes plus confiants pour aborder la semaine 14 et imaginer un marché plus équilibré », indique Gilles Bertrandias, directeur de Rougeline. Pour la fraise, le confinement et la fermeture des écoles, restaurants et marchés sont tombés alors que les cultures précoces arrivaient en pleine production. Des dizaines de tonnes ont dû être détruites, données, vendues à l’industrie ou en direct, comme lors de l’opération « Fraisi-drive » de Rougeline à Agen.

L’appel aux distributeurs à remettre des fraises en rayon et à privilégier l’offre française a toutefois été entendu. Tout s’est joué entre le 25 et le 26 mars. L’arrêt des importations d’Espagne et l’engagement des enseignes ont permis de relancer les ventes. « Après un début de semaine catastrophique où nous envisagions d’arracher 20 % des cultures, les ventes sont reparties en fin de semaine », constate Jean-Jacques le Gall, administrateur fraise à Savéol.

S’ils sont remontés, les prix toutefois restent bas, avec une demande axée sur des produits de base, la catégorie 1 et les barquettes plastique 250 g ou 500 g, ces dernières pour remplacer l’offre espagnole. « Nous avons dû vendre des fraises extra en catégorie 1, à 4-4,50 €/kg au lieu de 8-9 €/kg normalement, indique Jean-Jacques Le Gall. Nous commençons à relancer l’extra, mais à 6-7 €/kg. »

Les innovations, segmentations, barquettes carton sont peu demandées. « L’enjeu est de remobiliser la filière sur l’offre variétale et la segmentation française et éviter de se focaliser sur le manque annoncé de fraises en barquette 500 g », estime Gilles Bertrandias.

La perte des marchés, qui peuvent représenter 30 % pour la fraise, pose aussi problème. Si les coopératives déjà engagées avec la GMS peuvent s’en sortir, la situation des indépendants est préoccupante. La vente en ligne, les drives, la livraison à domicile se développent fortement depuis le confinement, mais ne suffiront sans doute pas à compenser la perte des marchés.

S’y ajoute encore le manque de main-d’œuvre pour la récolte. En Bretagne, si les producteurs emploient surtout de la main-d’œuvre locale, la montée en puissance de la production pourrait être problématique, beaucoup d’étudiants étant rentrés chez leurs parents. Et dans le Sud, qui fait plus appel à la main-d’œuvre étrangère, la situation est tendue, même si les mesures pour amener des personnes au chômage partiel à aller vers l’agriculture commencent à donner quelques résultats.

Sur le même sujet :

Pour la fraise, des contrats de transformation anticipés

Les producteurs offrent leurs fraises aux soignants

En Dordogne, la filière fraise en danger

« L’enjeu est de remobiliser la filière sur l’offre variétale et la segmentation française. »

Les plus lus

<em class="placeholder">Jean-Pierre Bouillac et Danielle Chambaraud, producteurs d&#039;asperges et de vin en Gironde.</em>
Asperge en Gironde : « Face à la crise viticole, nous voulons redynamiser l’asperge »

Producteurs de vin, de plants de vigne et d’asperges en Gironde, Jean-Pierre Bouillac et Danielle Chambaraud ont choisi de…

<em class="placeholder">Mise en marche du robot de la ferme pilote des Fermes Debout à Saint-Nom-le-Bretèche.</em>
Robotisation en maraîchage : « Notre robot peut donner envie de faire ce métier »

La robotisation de tâches pénibles est au cœur du concept des Fermes Debout, des serres maraîchères conçues pour fournir des…

<em class="placeholder">Florian Lemercier, maraîcher dans la Sarthe et son robot OZ. </em>
Maraîchage : « Avec le robot OZ, c’est comme si on était deux à temps plein »

Florian Lemercier, maraîcher en agriculture biologique, a acquis un robot OZ de Naïo dès son installation. Un choix qui le…

<em class="placeholder">Mickaël Mazenod, arboriculteur à Saint-Paul-en-Jarez, dans la Loire. </em>
Aspersion antigel en arboriculture : « On arrive à faire quatre ou cinq hectares avec toutes nos capacités »

Alors que le dérèglement climatique renforce les risques de gel pour les arboriculteurs, retour d’expérience sur l'…

<em class="placeholder">Un bâtiment bien conçu limite le temps et la pénibilité du travail.</em>
Maraîchage en Bretagne : un accompagnement de la MSA pour bien concevoir son bâtiment

En Bretagne, les projets de bâtiments maraîchers peuvent bénéficier d’un accompagnement de la MSA pour une bonne prise en…

<em class="placeholder">Un verger de pommiers, variété Chantecler. </em>
Fruits à pépins et retrait du Movento : « Il reste peu de substances actives autorisées »

Cinq questions à l’agronome Claude Coureau, responsable de l’unité d’expérimentation DITA du centre CTIFL La Morinière, en…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes