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EMDV, un virus sous surveillance

Le virus EMDV a été observé à plusieurs reprises ces deux dernières années dans le sud-est de la France. Tomate, concombre, aubergine, entre autres, peuvent être affectés suite à sa transmission par les cicadelles.

Les nervures des feuilles sont claires parfois jaunes. La plante est également affectée avec des entre-nœuds très courts (aspect nanisant).
© D. Blancard - ephytia

Courant 2016, le virus du rabougrissement marbré de l’aubergine ou Eggplant Mottled Dwarf Virus (EMDV) a été identifié sur tomate dans une exploitation du Rhône. Dès ce printemps, il fait à nouveau parler de lui dans une exploitation d’Isère qui, semble-t-il, avait connu des problèmes en 2017. « La situation est loin d’être explosive, c’est avant tout une mise en alerte auprès des producteurs sur la présence de ce virus », mentionne Thierry Dansette, technicien maraîchage de la Chambre d’agriculture du Rhône.

Les plantes stoppent leur croissance

Mal connu, le virus EMDV est un nucléorhabdovirus qui sévit depuis plusieurs années sur tomate. Il a été détecté pour la première fois sur cette plante en 1988, dans les Pyrénées-Orientales. Ses symptômes sont assez différents en fonction de la saison (voir encadré). Sa mise en évidence sur aubergine et piment est plus récente et date de 1995. Il affecte aussi le concombre. Le virus est également présent plus au sud, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon Laurent Camoin, conseiller spécialisé en maraîchage à la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, la maladie se développe aussi sur concombre où il est appelé couramment sous le nom de « virus peau de crapaud ». Sur cette culture, elle affecte le feuillage en provoquant des crispations. Les nervures sont claires parfois jaunes et les limbes atteints foncent. La plante a un aspect nanisant et stoppe sa croissance. Généralement, une plante infectée le reste durant toute la culture. Les plantes présentant des symptômes doivent être rapidement éliminées, ce qui peut contribuer à ralentir la propagation de la maladie. Attention, les symptômes ne s’expriment que plusieurs jours ou quelques semaines après l’infection des plantes. Les plants arrachés ne doivent pas être compostés mais brûlés. « Dans les Bouches-du-Rhône, des dégâts s’observent de manière ponctuelle et assez éparse sur les cultures de concombre, dans une moindre mesure en aubergine, et peuvent affecter 5 à 10 % des plantes mais ponctuellement plus », témoigne Laurent Camoin. Il semble que, cette année, les attaques soient plus fréquentes. « Nous avons eu des conditions climatiques favorables à l’expression des symptômes, mais aussi beaucoup d’entrées de cicadelles dans les abris », remarque-t-il. Idem en Rhône-Alpes où Thierry Dansette constate également des pullulations de ces insectes en établissant une cause directe de leur présence et du développement de la maladie.

Transmis par des cicadelles

Le virus EMDV est prioritairement transmis par des cicadelles appartenant au genre Agallia. Deux espèces ont été identifiées dans la transmission : Anaceratagallia laevis et Anaceratagallia ribauti. Difficiles à observer, les espèces incriminées sont rarement visibles dans les cultures. « Les cicadelles semblent provenir des parcelles incultes ou de prairies de légumineuses et se développent peu sur les cultures dans les abris », commente Laurent Camoin. Pour l’heure, il n’y a pas d’intervention directe pour lutter contre ces insectes et contrôler les pullulations sur tomate afin de limiter l’incidence de l’EMDV. Il n’existe aucune méthode de lutte curative permettant de contrôler complètement le virus en cours de culture. Des filets aux portes et ouvrants peuvent aider à limiter l’entrée des insectes.

Des plantes bloquées et rabougries

Les symptômes du virus EMDV sous serre sont observés aussi bien en hiver qu’en été, avec une incidence variant de quelques plantes à près de 50 % des tomates touchées. Mais les symptômes sont assez différents en fonction de la saison :

- En période froide et peu lumineuse : les plantes affectées ont une croissance ralentie, voire bloquée, qui leur confèrent un aspect rabougri. Les folioles de l’apex sont plus ou moins chlorotiques, déformées et cloquées. Les plants peuvent devenir non productifs du fait de la stérilité des fleurs.

- En période estivale : on observe plutôt l’apparition de jaunissements nervaires irréguliers, plus ou moins généralisés au limbe des folioles, formant un véritable réseau contrastant par rapport au reste du limbe qui conserve sa coloration verte d’origine. Les feuilles présentent une taille réduite. Elles sont déformées et parfois enroulées. Certaines portions des tiges sont légèrement marbrées.

A savoir

En savoir plus

Les cicadelles du genre Agallia mesurent de 2 à 3 mm. Avant d’atteindre l’âge adulte, la cicadelle traverse cinq stades nymphaux. À chaque stade, la cicadelle mue et émerge de son enveloppe, qu’on nomme exuvie. Les femelles pondent leurs œufs dans les tissus végétaux. Mais, certaines espèces, notamment dans le genre Agallia, se reproduisent sans fécondation par parthénogenèse.

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