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Désherbage : « Maverick me fait économiser 50 à 70 % de main-d’œuvre »

Éric Seité, maraîcher breton, est l’heureux propriétaire d’un Maverick, robot autonome de désherbage mécanique conçu par le néerlandais Oddbot.

<em class="placeholder">Robot de désherbage mécanique Maverick d&#039;Oddbot, en fonctionnement dans un champ en Bretagne (France). </em>
Maverick permet d'arracher jusqu’à 240 000 adventices/ha/jour, avec une précision de 2 millimètres, grâce à l’IA, la reconnaissance de profondeur 3D et l’odométrie visuelle.
© C. Le Méhauté / Oddbot

Le maraîcher bio Éric Seité a été le premier en France à tester et acheter le Maverick, un robot autonome de désherbage mécanique, de l’entreprise néerlandaise Oddbot, qui arrache les mauvaises herbes sur le rang avec la racine. Il a commencé à l’utiliser fin mai 2025, sur 18 hectares de carottes et panais de sa ferme Ty Coz, à Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère. Très satisfait, il estime ainsi économiser « entre 50 et 70 % de main-d’œuvre » grâce à son investissement, qu’il espère amortir en quatre ou cinq ans.

S’il fonctionne désormais bien, un court temps de rodage a été nécessaire. « Au départ, il avait du mal à reconnaître les mauvaises herbes de Bretagne », se souvient-il. Grâce à moult photos, les équipes hollandaises d’Oddbot ont, à distance, formé ce travailleur de métal en quelques jours. « Il a aussi fallu une journée environ pour lui apprendre à reconnaître le panais à différentes tailles, se remémore le maraîcher. Le résultat est impressionnant. »

Deux bras désherbent au-dessus du rang

Éric Seité cultive sur planches de 1,60 mètre de large et en buttes, deux modes de culture adaptés au Maverick. « Au tout début, il a eu du mal à détecter les planches, mais cela a été vite réglé », indique-t-il. Concrètement, chacun des deux bras désherbe au-dessus du rang sur 15 centimètres de large. « On sème en double ligne, on a trois doubles lignes et chaque bras désherbe un rang avec deux lignes dessus », décrit-il.

Il recommande de faire intervenir le robot le plus tôt possible. « Si la culture est trop avancée, la caméra est moins efficace », estime-t-il. Et, surtout, de soigner ses bouts de champ. « Ils doivent être nickel à la hollandaise, bien plats, avec peu de bosses et mauvaises herbes », affirme le maraîcher. Cela requiert un temps de préparation des parcelles, très largement compensé.

Pour ne pas être le seul sur sa ferme à maîtriser son robot, Éric Seité a formé deux personnes. « La prise en main n’est pas très compliquée », résume-t-il. En cas de problème, l’idée à terme est plutôt de contacter prioritairement le concessionnaire, ici l’entreprise Le Saout Pierre, dans le Finistère.

Des pistes d’amélioration

Si le maraîcher est élogieux envers son Maverick, il pointe des pistes d’amélioration. Il souhaiterait pouvoir le faire avancer à distance via l’application mobile, qui permet actuellement de superviser le robot. Une telle fonctionnalité permettrait de le débloquer sans se rendre sur la parcelle. « S’il est arrêté juste à cause d’un petit caillou, c’est dommage de prendre la voiture sur 3 km pour régler le problème en deux minutes sur place », regrette-t-il. Heureusement, le robot se bloque rarement. Autre idée d’amélioration : recevoir des notifications sur l’appli et installer des panneaux solaires sur le robot.

Une borne de recharge incluse

Une borne de recharge est incluse lors de l’achat, « de la taille d’une petite imprimante », observe Éric Seité. Il change la batterie toutes les douze heures et fait fonctionner son robot de jour comme de nuit. Mais pas par tous les temps, même si ce compagnon high-tech ne craint pas l’eau. « Sous une grosse pluie, ce n’est pas la peine, il y a des éclaboussures, la terre est humide, les pinces s’encrassent, indique-t-il. En pratique, je le fais sortir plus ou moins dans les mêmes conditions météo que les humains. »

Maverick en bref

Cultures. Sur buttes (2 × 75 cm et 3 × 50 cm) en carotte, oignon, panais et endive. À plat (largeur de voie 1,50 à 2,25 m, écartement minimal des rangs 25 cm) en carotte, betterave rouge et oignon. Sur planches surélevées (largeur de voie 1,50 à 2,25 m, écartement minimal des rangs 25 cm) en oignon et carotte. Si une culture n’est pas encore prise en charge, Oddbot propose de la développer avec ses clients.

Dimensions. Maverick : 2,05 x 1,70 x 1,55 m (500 kg). Module Weader : 0,7 x 0,7 x 0,7 m (20 kg).

Largeur de travail. Adaptable, de 1,50 à 2,20 mètres.

Efficacité. Jusqu’à 240 000 adventices/ha/jour, avec une précision de 2 millimètres, grâce à l’IA, la reconnaissance de profondeur 3D et l’odométrie visuelle.

Autonomie. 24 heures/24 avec modules de batterie interchangeables (2 à 8 batteries).

100 % électrique. 500 W.

GPS non-nécessaire.

Prix. 110 000 à 115 000 euros en configuration standard (deux bras).

Rédaction Réussir

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