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Des solutions face aux suppressions

Plus de 150 producteurs, conseillers et techniciens de fruits à pepins ont pu constater les efforts du réseau d’expérimentation français pour faire face aux interdictions et demandes de réduction de produits phytosanitaires mi-décembre au Ctifl de Lanxade (Dordogne).

La suppression de molécules, comme cette année celle des néonicotinoïdes poussent l’expérimentation sur pomme à trouver de nouvelles stratégies dans l'urgence (ex. du puceron cendré).
© PE.Lauri/Inra

L’actualité phytosanitaire de 2018 a été riche... tout comme les rencontres techniques fruits à pépins des 10 et 11 décembre au CTIFL de Lanxade. Le nombre de présentations reflétait l’urgence dans laquelle se trouve la filière à trouver des alternatives face aux interdictions en cascade. Des annonces qui laissent les pomiculteurs quelque peu démunis. « Nous avons besoin de trouver des solutions à ces arrêts mais nous devons tout d‘abord évaluer l’impact technico économique des alternatives proposées, soulignait Ludovic Guinard, directeur du CTIFL. Mais j’ai des doutes sur les délais ». « L’équation n’est pas facile à résoudre, admettait Anne-Cécile Cotillon de la DGAL. Mais de trop nombreux systèmes de production reposent sur une dépendance à certains produits phytosanitaires pivots. Cette dépendance est dangereuse, nous avons besoin de sortir de ces systèmes. » La vingtaine d’intervenants de la deuxième journée de ces rencontres s’est évertuée à répondre à cette équation en présentant les évaluations des alternatives testées au sein du réseau CTIFL et stations d’expérimentations. Peu de bioagresseurs des pommes et poires ont été en reste.

Des stimulateurs de défense naturelle en observation

Contre la tavelure, l’efficacité des bâches anti-pluie a été affirmée. « Mais leur durée de vie de seulement trois à quatre ans et les charges de structures plus fortes sont les principaux freins à leur diffusion », rapportait Louise Boucard, CTIFL. Les autres pistes explorées sont les stimulateurs de défense naturelle, dont certains ont une efficacité moyenne selon les sites et les variétés. Des préparations naturelles peu préoccupantes, faites à base de plantes et d’eau, sont aussi testées depuis cette année à la Morinière (Indre-et-Loire). Contre les gloeosporioses, un groupe de maladies de conservation, des produits de biocontrôle non homologués en France comme le Myco-Sin (argiles sulfurées et extrait de prêle), une solution de Bacillus amyloliquefaciens ou encore un stimulateur de défense naturelle ont montré des efficacités intéressantes.

Des stratégies de lutte sans néonicotinoïdes

Des stratégies sans néonicotinoïdes sont possibles pour lutter contre le puceron cendré du pommier et le puceron mauve du poirier. « Mais les stratégies testées se basent sur des produits soit difficiles à positionner, soit pas encore homologués, soit potentiellement traçant », résumait Bertrand Alison de Sud-expé Saint-Gilles. La défoliation des pommiers avant le retour des pucerons à l’automne est une autre des pistes testées. « Elle a une efficacité intéressante si elle est combinée avec d’autres moyens de lutte comme l’application d’azadirachtine (ndlr : soumis à dérogation) », attestait Myriam Berud de la Pugère (Bouches-du-Rhône). La suppression des néonicotinoïdes affectent aussi les stratégies de lutte du psylle du poirier. « Sur le stade jeune larve et larves âgées, l’Armicarb (Hydrogénate de potassium) et l’Agrimec Gold (Abamectine) ont eu parfois une bonne efficacité », résumait Anne Duval-Chaboussou, CTIFL. Le carpocapse a été le point noir des vergers de pommier cette année dans les régions à forte pression. Deux projets de lutte biologique ont été présentés : un de lâchers de parasitoïdes et un autre de lâchers de males stériles. Tous deux soumis à une recherche de financement pour être mis en œuvre à grande échelle. Une situation que résumait Ludovic Guinard : « on nous demande de faire trois fois plus mais sans augmenter nos moyens ».

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