Aller au contenu principal

UE-27 et Royaume-Uni
[MISE A JOUR] Des récoltes de pommes et poires attendues en hausse dans un contexte économique compliqué

Wapa a dévoilé ses traditionnelles prévisions pour l’hémisphère nord et rappeler les défis que le secteur doit être prêt à relever. En conférence de presse le même jour, elle appelle à rester optimistes.

 

Un verger de poires Conference, principale variété cultivée aux Pays-Bas
© Julia Commandeur - FLD

[Mise à jour à 15h avec la conférence de presse de Wapa]

Les prévisions de récolte européenne* de pommes et de poires, dévoilées lors de Prognosfruit 2022 le 4 août, prévoit une hausse sur un an de +1 % en pomme et de +20 % en poire, 2021 ayant été une année record par le bas. La hausse en poire doit donc être relativisée et elle n’est d’ailleurs que de +5 % par rapport à la moyenne sur trois ans. En pomme, la hausse de récolte est de +9 % comparé à la moyenne 2019-2020-2021.

*UE-27 + Royaume-Uni

Interview de Daniel Sauvaitre, président de l'ANPP : Quels sont les enjeux pour la campagne française pomme-poire qui débute ?

 

La poire retrouve ses niveaux, tirée par la France et l’Italie, encore loin du potentiel

La récolte de poires est attendue à 2,077 t, une forte hausse après la plus basse récolte de la décennie l’année dernière. « La hausse est principalement due à l'Italie et la France qui ont plus que doublé leur production par rapport à 2021, atteignant respectivement 473 690 t et 137 000 t, même si, dans le cas de la première, la récolte reste en deçà de son plein potentiel », analyse Philippe Binard, secrétaire général de Wapa.

 

 

Encore une hausse en pomme mais l’inflation, la hausse des coûts et le changement climatique à affronter

Selon les prévisions de Wapa, l’association mondiale de la pomme et de la poire, la récolte de pommes dans l’UE devrait atteindre 12,168 Mt. La production européenne poursuit son adaptation variétale et aux cahiers des charges qualitatifs exigés par les consommateurs.

Dominik Wozniak, président de WAPA, a indiqué : « Les perspectives pour la saison à venir sont positifs, bien que le secteur devra être prêt à faire face à toute une série de défis : l’augmentation importante des coûts – ce qui impacte la compétitivité du secteur-, des conditions météorologiques extrêmes, des problèmes logistiques, l’inflation et la difficulté à recruter la main d’œuvre saisonnière, tout en gardant l’objectif d’augmenter la consommation par la qualité de ces produits de saison et d’inverser la récente tendance négative. »

 

Un effet domino de la guerre en Ukraine et une pression sur les prix en raison de la flambée des coûts ?

En visio-conférence de presse le même jour, interrogés sur les conséquences de la guerre en Ukraine sur le secteur, Dominik Woznial et Philippe Binard ont estimé que les conséquences directes semblaient limitées, l’Ukraine étant peu présente sur les marchés extérieurs en pommes -même si un petit développement était noté avec la Pologne-, mais que les pressions sur la logistique, la concurrence des autres filières… pouvaient avoir des conséquences non négligeables, l’Ukraine étant un gros fournisseur de semences, de grains, d’intrants. « Nous craignons que nos marchés pour la pomme, comme l’Egypte, se concentrent sur l’achat de produits sensibles comme le maïs plutôt que sur les pommes », illustre Dominik Woznial. Les conséquences sur le coût de l’énergie se font aussi déjà sentir. « La Russie qui était un des principaux importateurs de pommes, plus de 800 000 t, l’embargo sur la Biélorussie… Le contexte géopolitique va causer de nombreux effets domino qu’il nous faudra analyser cette campagne », confirme Philippe Binard.

Autre inquiétude : la flambée des coûts. Dominik Woznial, qui est par ailleurs représentant de la Polish Society for Promotion of Dwarf Fruit Orchards, illustre : « On vend autant que l’on peut mais il faut des marchés derrière. On espérait que la Scandinavie pourrait absorber la hausse des coûts mais autant faut-il un marché consommateur derrière… Les prix seront sous pression. On s’attend à ce que les prix sur la première partie de saison au moins ne soient pas bons pour les producteurs. Et beaucoup de fruits partiront pour l’industrie. En Pologne, nous avons des volumes mais la qualité n’est pas la meilleure. On s’attend à ce que 65 à 70 % des fruits partent à l’industrie. Nous n’avons pas d’autres choix que de trouver de nouveaux marchés. »

 

Des raisons de rester optimistes

Le secteur veut néanmoins rester positif. Philippe Binard a évoqué deux points pour « rester optimistes ». « Premièrement, pour des raisons climatiques, les prévisions de récolte pourraient être revues à la baisse. Deuxième point, l’Etat de Washintown aux Etats-Unis, qui compte sur la scène internationale, a annoncé une récolte beaucoup plus faible. De même, la Chine prévoit une baisse de -22 %. »

Il propose : « On pourrait stimuler la consommation en Europe en promouvant la pomme comme un produit abordable. Nous devons aussi continuer à trouver la meilleure balance variétale (pommes locales, internationales et Club) pour satisfaire les consommateurs. L’innovation doit rester dynamique pour que nous soyons plus compétitifs : mécanisation, variétés, etc. Nous avons de belles histoires à partager. »

 


Prognosfruit : un panorama complet du secteur pour cet événement international

Wapa continuera de surveiller l'évolution des récoltes de l'hémisphère nord et publiera des mises à jour dès qu'elles seront disponibles.

Les contributions de la Chine, de l’Inde et des Etats-Unis ont permis de fournir un panorama complet des récoltes de l’hémisphère nord, s’est réjoui Luc Vanoideek, représentant du VBT et du Copa-Cogeca. « La réunion à Belgrade a été l’occasion idéale d’en savoir plus sur le développement de cette filière dans le voisinage de l’Europe : Serbie, Moldavie, Ukraine, Turquie, et jusque dans les régions d’Asie centrale et du Caucase », a-t-il ajouté.

Du 3 au 5 août, plus de 200 représentants internationaux (23 pays représentés !) du secteur de la pomme et de la poire se sont retrouvés pour la 47e édition de Prognosfruit, cette année à Belgrade en Serbie, après deux éditions en ligne. L'événement, organisé par Wapa et Serbia Does Apples, a permis de donner un aperçu des dernières tendances en matière de transformation, de produits biologiques et du marché du cidre et présenté les traditionnelle et très attendues prévisions et l'analyse du marché européen de la pomme et de la poire.

La prochaine édition de Prognosfruit aura lieu du 2 au 4 août 2023, dans le Trente en Italie.

 

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Vue extérieure du bâtiment de la casserie de l&#039;entreprise Escoute,  à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne)</em>
Amandes dans le Lot-et-Garonne : la casserie d’Escoute au service de la relocalisation de la production

Le projet de relocalisation de la culture de l’amande dans le Sud-Ouest, porté par l’entreprise Escoute, vient de franchir une…

<em class="placeholder">Cédric Sanchez, arboriculteur à l&#039;Ile-Sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales.</em>
Clémentines en Pyrénées-Orientales : intégrer le risque de gel et de froid

La clémentine s’impose comme l’une des voies de diversification dans les vergers des Pyrénées-Orientales. Les références…

<em class="placeholder">Vue d&#039;ensemble de la serre Arche, en Haute-Corse, dédiée aux agrumes. </em>
Agrumes : en Haute-Corse, la serre Arche sécurise l’avenir de l’agrumiculture

La serre insect-proof implantée sur le site Inrae de San Giuliano en Haute-Corse va protéger l’une des plus grandes…

Un homme de dos, regardant des bidons de produits phytosanitaires, dans un local de stockage de produits phytopharmaceutiques.
Fruits et légumes : les produits phytosanitaires récemment autorisés ou retirés en France

Découvrez les dernières AMM de produits phytosanitaires en fruits et légumes, les autorisations dérogatoires et les retraits…

<em class="placeholder">Test de qualité de pulvérisation dans une serre de fraise hors sol.</em>
Fraise : la qualité de pulvérisation enfin étudiée

Constatant un manque de références sur la qualité de pulvérisation en fraiseraies hors sol, le CTIFL a étudié la quantité et l…

Occitanie : des prévisions de revenus 2025 plutôt favorables pour les arboriculteurs

Avec des revenus prévisionnels entre 34 800 et 61 100 €, les arboriculteurs d’Occitanie devraient plutôt tirer leur…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes