Coût du travail en légumes : les recommandations de Légumes de France pour améliorer la compétitivité française
Dans son guide Distorsion 2026, Légumes de France compare le coût du travail dans différents pays européens et propose, dans l’Hexagone, d’élargir le dispositif TO-DE.
Dans son guide Distorsion 2026, Légumes de France compare le coût du travail dans différents pays européens et propose, dans l’Hexagone, d’élargir le dispositif TO-DE.
Légumes de France a publié fin avril son guide Distorsion 2026 intitulé « L’Europe et l’emploi : mettre fin aux distorsions de concurrence intracommunautaires en production de légumes frais ». La fédération de producteurs y propose deux mesures en France, d’une part « l’extension du TO-DE (travailleur occasionnel – demandeur d’emploi) à l’ensemble des salariés des exploitations maraîchères, pour ne plus le limiter qu’aux saisonniers dont le nombre de jours travaillés sur l’année ne dépasse pas 119 » et d’autre part « un crédit d’impôt compétitivité emploi en maraîchage qui reste à construire ».
Le dispositif TO-DE, rappelle Légumes de France, concerne actuellement les salariés saisonniers et « sous certaines conditions, les salariés en CDI employés par des groupements d’employeurs ». « Il est plafonné à 119 jours par salarié et par an, précise la Fédération. L’exonération est totale pour les rémunérations inférieures à 1,25 Smic (contre 1,20 Smic auparavant). Entre 1,25 et 1,6 Smic, elle devient dégressive, pour disparaître totalement au-delà de 1,6 Smic ».
Le coût du travail, « premier frein à la compétitivité »
La Fédération estime en effet que le « premier frein à la compétitivité » des producteurs français de légumes frais est le coût du travail. « Le coût horaire pour nos saisonniers est, malgré l’exonération de charges via le dispositif TO-DE, le plus élevé d’Europe, critique-t-elle. 32 % de plus qu’en Espagne, 36 % de plus qu’en Italie, 62 % de plus qu’en Pologne, et jusqu’à 1 200 % de plus qu’au Maroc. Le salarié agricole français coûte 14,52 € de l’heure (sur une base de 39 heures) à son employeur. »
Une baisse de 8 % de légumes récoltés en France entre 2000 et 2024
Pour convaincre qu’un sursaut est nécessaire, Légumes de France compare l’évolution de la production récoltée par an de légumes frais (dont les fraises) en volumes, entre l’année 2000 et l’année 2024, dans l’Union européenne. La hausse est de + 38 % en Allemagne (4 298 080 tonnes en 2024), chiffre-t-elle, + 30 % aux Pays-Bas (5 199 680 tonnes en 2024), + 18 % en Espagne (15 138 300 tonnes en 2024), + 11 % en Belgique (2 343 280 tonnes en 2024), tandis que la baisse est de 8 % en France (5 904 130 tonnes en 2024). Et la hausse est de 40 % au Portugal entre 2011 et 2014 (2 787 400 tonnes en 2024). « La forte productivité en Allemagne et aux Pays-Bas est liée à l’implantation de serres chauffées », précise Légumes de France.
Les surfaces de légumes ont diminué de 8 % en France entre 2000 et 2024
Est aussi pointée du doigt l’évolution de « la superficie cultivée/récoltée/en production de légumes frais annuel (en ha) », toujours entre l’année 2000 et l’année 2024. Elle est de -8 % en France et -9 % en Espagne, d’après Légumes de France. Mais de + 26 % en Allemagne, + 25 % en Belgique, + 21 % aux Pays-Bas. Et de + 30 % au Portugal en comparant les années 2011 et 2024.
Faciliter le logement des saisonniers
Le guide Distorsion 2026 évoque aussi la question de l’habitat. « Le manque de logements constitue un frein important au recrutement des saisonniers, qui doivent pouvoir être logés à proximité des exploitations », rappelle Légumes de France. Sa recommandation est donc d’élaborer « des normes plus simples, plus claires, harmonisées et moins contraignantes pour les employeurs ».