L'appli RÉUSSIR vous accompagne désormais partout. Accédez à tous vos contenus en un clic.
Alors que la journée Fruits Bio de la région Auvergne-Rhône-Alpes du 30 décembre au Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes a été l’occasion de revenir sur un marché du bio chamboulé, les débats ont notamment évoqué la question du prix du bio. Le bio est en général vendu plus cher que le conventionnel -mais l’écart tend à se resserrer. Et cette année, inédite, on a pu voir des prix de détail en GMS du bio inférieur à ceux du conventionnel !
Lire aussi l’article : Marché du bio : « J’assume parfaitement d’avoir valorisé mes fruits bio sur le marché conventionnel »
Les fruits bio sont surtout plus chers à produire que les fruits conventionnels. Nicolas Drouzy, conseiller en arboriculture à la Chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc et référent technique régional, s’est attaché à le montrer concrètement. Il a détaillé son argumentaire selon les facteurs de performance économiques : les paramètres du coût de production (rendement par hectare, le temps de travail, le coût des intrants) ; le marché du bio (offre et demande, organisation des filières) et le prix de vente.
C’est un fait bien connu : passer en bio fait baisser les rendements par hectare dans la majorité des cas. Selon les données compilées par Nicolas Drouzy, les baisses de rendement sont de :
En fruits à pépins :
En fruits à noyau :
Fruits à coque :
*PFI : production fruitière intégrée
Nicolas Drouzy résume : « On n’arrive pas à faire de la poire bio aujourd’hui, avec une perte de 70 % de rendement au bout de la 3e année de conversion. La pêche tardive bio est impossible et en abricot c’est très aléatoire. Enfin, en cerise, on chute en rendement, surtout sur les cerises tardives qui est malheureusement le positionnement de Rhône-Alpes : à cause de Drosophila suzukii il est difficile de faire des volumes. Et les filets de protection contre la mouche ont un coût important. Enfin, en noix c’est la valorisation du produit qui a fortement baissé, et il faudrait donc plus de rendement pour compenser. »
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En arboriculture, on ne dispose pas du levier que sont les rotations des cultures. Nicolas Drouzy souligne en outre, pour bio, un manque de solutions biologiques et des usages orphelins.
« En poire, les solutions bio (cuivre, soufre et bicarbonate) créent de la phytotoxicité sur le feuillage et la nouaison du fruit sur l’arbre ne se fait pas. En pêcher, la cicadelle fait parler d’elle ces derniers temps, elle freine le développement des jeunes vergers. Les abricotiers souffrent de Monilia. »
L’agriculture bio nécessite des opérations culturales supplémentaires qui sont donc très chronophages : le désherbage, la protection des cultures avec des filets, des passages prophylactiques (monilia sur fleurs, dégâts de mouches), l’éclaircissage manuel en pommier ; l’efficience de la récolte (nombre de fruits et calibre).
Le prix des intrants a subi sa plus forte hausse depuis 20 ans : + 25, 9 % depuis 2021 et + 38,6 % depuis 2020. « Les engrais minéraux azotés ont bondi de +92 % avec la guerre en Ukraine et les engrais organiques ont mécaniquement suivi, dans une moindre mesure, à +18,4 %, détaille Nicolas Drouzy. Les produits de protection des cultures (+4,4 %) ont suivi l’inflation, avec les cas particuliers du Neemazal (+60 %) et du Sucess 4 (+30 %) très utilisés en bio. Les produits d’amendement ont pris +11,3 %. »
La hausse des surfaces en bio créé un désordre structurel et une offre bien supérieure à la demande. « Un fait qui a sûrement été un peu masqué par le Covid et que l’on voit depuis 2021. Aujourd’hui on voit des producteurs qui revendent sur les marchés conventionnels mais aussi des cas de déconversions de vergers », conclut Nicolas Drouzy.
Avec les Agras T55 et T100 Dual Battery, DJI fait évoluer ses drones agricoles. Les principaux changements portent sur la…
Maïs, tournesol... des semenciers communiquent sur le renouvellement de leurs gammes de variétés : habituel. Mais les…
Comment supprimer la capsule de ses bouteilles de vin tout en conservant la Marianne ? Amorim lance un service de…