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Vrac
Comment le vrac impacte les commerçants spécialisés et les fournisseurs ?

Réseau Vrac s’est intéressé aux impacts indirects que déclenchent le passage à une gamme vrac dans les entreprises spécialistes du vrac, qu’elles soient fournisseurs ou de commerce.

Le vrac attire de plus en plus les consommateurs et donc les opérateurs économiques, qui y voient en outre de nombreux effets postifis directs et indirects sur leurs entreprises.
© Réseau Vrac

Le vrac est un déclencheur de changements positifs dans l’entreprise. C’est la conclusion claire et nette de la dernière étude de Réseau Vrac, dévoilée en conférence de presse le 12 mai, “Dynamique, pratiques et impacts des professionnels du vrac”.  

81 % des fournisseurs ont déclaré que le développement d’une gamme vrac a entraîné au moins un changement vers des pratiques plus vertueuses dans l’entreprise. Celles-ci concernent surtout le travail sur l’éco-conception des emballages (sur les autres gammes pré-emballées mais aussi l’emballage amont qui sont souvent des sacs plastique de 10 ou 20 kg) mais aussi le développement d’emballages amont réutilisables. Une vigilance accrue sur la provenance des matières premières (circuits courts, origine France, etc.) est aussi notée par l’étude.

« Le vrac permet d’accompagner une réflexion plus globale en matière de RSE en limitant les emballages, illsutre Magalie Jost de Nat’Ali. L’année dernière, Nature et Aliments a été labellisée Bio Entreprise Durable et le nombre de produits vracs fait partie des indicateurs suivis (…). Le vrac a contribué à l’évolution de l’entreprise. »

 

Vrac et lien social : le commerçant-conseiller à la recherche d’informations

Le vrac permet aussi de remettre des échanges et du lien social avec les clients distributeurs et les producteurs, pour 68 % des fournisseurs répondants, avec des échanges rapportés plus conviviaux et davantage de curiosité et d’échanges autour des produits (composition, provenance, etc.) mais aussi la mise en place d’actions conjointes pour avoir un impact environnemental plus vertueux (mise en place de la consigne, test de démarches, etc.).

« Cela est lié à la spécificité même des commerces vrac spécialisés dans lesquels il y a une interaction entre le commerçant et le consommateur qui a besoin d’informations : sur les usages, la pratique du vrac, etc. Le commerçant n’est plus un simple vendeur mais un commerçant-conseiller avec une mission pédagogique et par effet ricochet, cela se retransmet en amont », estime Chloé Liard, chargée de développement et projets chez Réseau Vrac.

 Christophe Fontaine, d’ABCG Nutrition, témoigne : « C’est le vrac qui nous a permis d’aller plus loin dans les relations avec nos fournisseurs (…) De vrais échanges ont eu lieu, de vraies discussions autour de nos valeurs du vrac et du bio. Le vrac nous a permis de discuter différemment avec ces producteurs parce qu’ils ont vu un débouché qui n’existait pas pour eux leurs produits à travers nous ».

 

Célia Rennesson (directrice générale de Réseau Vrac) et Chloé Liard (chargée de développement et projets), en conférence de presse le 12 mai.
© Julia Commandeur - FLD

 

Un ancrage économique dans les territoires

L’étude a aussi mis en lumière les effets sur le tissu économique dans les territoires. Sur les emplois locaux, 47 % des entreprises répondantes ont créé des emplois directs supplémentaires par le passage à une gamme vrac ou en créant l’entreprise. Le vrac représenterait ainsi 1,5 ETP chez les commerçants et 2,3 ETP chez les fournisseurs (0,5 ETP en moyenne entre 2019 et 2020).

Les entreprises vrac ont à cœur de se fournir en local puisqu’en moyenne un tiers des références dans les commerces vrac viennent du local (200 km). Les produits locaux représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires pour un quart des répondants commerçants.

Idem pour la revendication nationale : plus de la moitié des fournisseurs de matières premières sont français et ils le sont même en totalité pour 28,1 % des commerçants vrac.  Et la part moyenne des matières premières origine France chez les fournisseurs de produits alimentaires est de 63 % (81 % pour les produits cosmétiques et détergents).

 

Résumé et méthodologie de l’étude

« Il en ressort que le vrac est une filière dynamique dans l’air du temps et de reconversion professionnelle, qu’il est aussi un acteur local pour la dynamique des territoires, un moteur d'innovation et de changements vertueux dans les entreprises et qu’il permet le maintien du lien social », résume Chloé Liard.

L’objectif de cette étude était de voir comment le passage au vrac impactait les commerces spécialisés et les fabricants en termes direct et indirects, afin de mieux connaître la filière vrac et de la valoriser auprès des opérateurs économiques, politique et le grand public. « Les effets positifs directs, on les connaît déjà, souligne Célia Rennesson, cofondatrice et directrice générale de Réseau Vrac. La réduction des emballages jetables ainsi que du gaspillage alimentaire par l’achat de la juste quantité. Mais il y a des effets indirects économiques et sociaux que nous voulions qualifier et quantifier. »

L’étude a porté les adhérents de Réseau Vrac -mais que l’association qualifie de « représentatifs de la filière »-, uniquement sur les spécialistes : les commerçants vrac indépendants non rattachés à une enseigne (60 répondants) et les sièges d’enseignes de commerce vrac (3 : Day by Day, Mademoiselle Vrac et Mamie Mesure), ainsi que les fournisseurs (produits alimentaires, cosmétiques, détergents, équipements, services, accessoires zéro-déchets). Les chiffres concernent 2020.

*Méthodologie : questionnaire autoadministré auprès des adhérents de Réseau Vrac de juin à septembre 2021 ; 119 répondants ; marge d’erreur de 8,42 %. Puis 10 entretiens qualitatifs dans l’hiver. Les chiffres sont ceux de 2020. Réseau Vrac a été accompagné par (im)prove, une association spécialisée dans les études d’impact social.

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