Cerise : cultiver la prophylaxie contre Drosophila suzukii
Pour mieux protéger les vergers de cerisiers du ravageur Drosophila suzukii grâce à de la prophylaxie, les experts du CTIFL et de l'Inrae évoquent plusieurs bonnes pratiques. Ces mesures ne suffisent pas à elles seules, mais elles peuvent aider à réduire les dégâts.
Pour mieux protéger les vergers de cerisiers du ravageur Drosophila suzukii grâce à de la prophylaxie, les experts du CTIFL et de l'Inrae évoquent plusieurs bonnes pratiques. Ces mesures ne suffisent pas à elles seules, mais elles peuvent aider à réduire les dégâts.
Ouvrir le dialogue sur les vergers abandonnés
« Les vergers abandonnés sont des pouponnières à mouches », compare Simon Fellous, chercheur à l’Inrae. Dans la Vallée du Tarn, le Parc naturel des Grands Causses a donc entamé, maintenant avec le soutien de TerCo CFR, un travail innovant de cartographie et de dialogue avec ces propriétaires non-agriculteurs, parfois héritiés en indivision. « Certains se revendiquent écolos et ne veulent pas de phytos, remarque l’expert, il faut alors envisager des solutions sans pesticides. Des pulvérisations d’hormones qui font tomber les fruits pourraient être une piste. De plus, des contrats entre propriétaires et arboriculteurs pourraient être signés. Tout cela était jusque-là réglé dans la conflictualité, nous travaillons à faire émerger un nouveau contrat social, bénéfique des deux côtés. »
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Éviter les abandons de récoltes
« Il vaut parfois mieux récolter des cerises non commercialisables pour se prémunir de Drosophila suzukii dans les semaines à venir », relève Simon Fellous. Une fois la récolte réalisée, attention aux fruits restés au pied des arbres.
Comprendre les habitats naturels
« Drosophila suzukii peut se multiplier dans une très grande variété de plantes sauvages », rappelle Simon Fellous. Cela implique d’être attentif aux habitats naturels et semi-naturels à proximité des parcelles. « Il ne s’agit pas d’arracher les haies, prévient-il, mais si un merisier fait des fruits avant mes cerisiers, je peux peut-être envisager de l’enlever. »
Bien gérer ses déchets
« Le stockage au soleil des déchets de récolte, dans un contenant hermétique (sac, palox, bidon…), est efficace pour détruire l’ensemble des stades de Drosophila suzukii », écrit le CTIFL dans une note de 2016 consacrée à cette mouche. Le système doit permettre une bonne montée en température et les déchets doivent être suffisamment liquides pour permettre la fermentation et l’asphyxie des larves. Après une semaine d’exposition, les déchets peuvent être vidés sur le sol sans qu’il y ait un risque de ré-infestation par Drosophila suzukii. »
Augmenter la fréquence de cueillette
« En fraise et framboise, explique Nicolas Rode, chercheur à l’Inrae, des producteurs passent tous les deux jours, avec un surcoût de 5 000 euros par hectare de fraises. En cerise, on peut cueillir quelques jours avant, en sous-maturité lorsque le fruit est moins attractif pour la mouche. » Au risque d’obtenir des fruits moins sucrés.
Réduire l’humidité
« Il est préférable d’éviter tout ce qui favorise l’humidité dans les cultures, recommande le CTIFL dans sa note. L’irrigation doit être maîtrisée et les points d’eau stagnante doivent être évités dans ou à proximité des cultures. » Il conseille aussi d’« adapter la taille des arbres afin d’améliorer la circulation de l’air ».