Carotte en Normandie : « On contient le nématode à kyste avec un ensemble de solutions »
Philippe Jean, président de l’Association Carotte des sables Label rouge, et Pierre Glérant, directeur de l’AOP Jardins de Normandie/Sileban, reviennent sur les méthodes développées face au nématode à kyste, qui sévit tout particulièrement dans leur bassin de production.
Philippe Jean, président de l’Association Carotte des sables Label rouge, et Pierre Glérant, directeur de l’AOP Jardins de Normandie/Sileban, reviennent sur les méthodes développées face au nématode à kyste, qui sévit tout particulièrement dans leur bassin de production.
Le nématode à kyste sévit tout particulièrement dans la Manche. Philippe Jean, producteur de carottes et poireaux récemment retraité et président de l’Association Carotte des sables Label rouge, et Pierre Glérant, directeur de l’AOP Jardins de Normandie/Sileban, rappellent les différents méthodes développées pour faire face à ce bioagresseur.
« Actuellement, c’est à 95 % le sorgho qui est utilisé en méthode de lutte. On le sème entre mi-mai et mi-juin. À dix feuilles on fait un premier broyage, on le refait pousser puis à sept-huit feuilles on effectue un deuxième broyage et on enfouit mi-septembre. Le sorgho a l’avantage également de couvrir le sol, ce qui limite le souchet. Suite au plan national de lutte contre le nématode qui s’est achevé en 2025, les pratiques ont évolué. On contient le nématode avec un ensemble de solutions. Sur cinq ans, la rotation ne comprend plus qu’une carotte mais deux cultures assainissantes et deux poireaux. On a adopté nos variétés en choisissant celles ayant des cycles courts. On a encore quelques produits, par exemple du Velum Prime. Nous avons développé la fertilisation organique au moment de la préparation du sol », développe Philippe Jean.
« Nous préconisons de continuer à faire des analyses de sol pour mesurer l’infestation même si elles ne sont plus financées depuis la fin du plan national de lutte. En 2019, sur les premières analyses, nous avions 50 larves par gramme de sol. Nous avons réussi à diminuer la pression. Il est intéressant de continuer à chercher des moyens de lutte car le sorgho fonctionne bien et l’apport de matière organique active la vie du sol mais il a une question de rentabilité car les années assainissantes ne dégagent pas de revenu. Produire de l’exsudat pour stimuler l’éclosion est donc une piste. Sous quelle forme on le produira ? Comment il s’intégrera dans les itinéraires techniques ? Est-ce qu’il faudra un ou deux applications ? Il y a encore du travail ! », complète Pierre Glérant.