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Arboriculture : localiser la composition des bandes fleuries

Mettre au point des bandes fleuries issues d’espèces locales et adaptées à l’arboriculture, c’était l’objectif de Flor’Agri. Le projet, achevé en mars 2026 après quatre ans de travaux, a abouti à la création de deux mélanges adaptés à deux bassins de production.

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Les bandes fleuries sont notamment composées de l'espèce marguerite commune, permettant d'attirer les insectes pollinisateurs.
© M. Kerdraon

Quoi de mieux que d’installer des bandes fleuries constituées de végétation sauvage d’origine locale (VSOL) adaptées au contexte pédoclimatique de la parcelle pour y attirer des auxiliaires et favoriser la biodiversité ? Cette démarche a guidé les partenaires du projet Flor’Agri, porté par le pôle Vegepolys Valley. Après quatre années d’étude, deux mélanges fleuris ont été élaborés pour l’arboriculture. La proportion des espèces a été travaillée pour répondre aux objectifs agronomiques et écologiques visés. Les mélanges ont été éprouvés par plusieurs pomiculteurs. Il est possible d’adapter leur composition en cas de contraintes spécifiques à la parcelle.

Une grande diversité d’auxiliaires pour le mélange Massif armoricain

Composé de dix-huit essences florales, le mélange Massif armoricain est à mettre en place dans la zone de production couvrant la région Bretagne, l’ouest des Pays de la Loire et le nord de la Normandie.

Une espèce sort du lot dans ce mélange au regard de ses nombreux avantages : la tanaisie. Attirant à la fois les syrphes et les coccinelles, elle favorise une grande diversité d’auxiliaires. Des études lui attribuent également des propriétés répulsives vis-à-vis de certains insectes. La tanaisie, avec le chrysanthème des moissons, figure parmi les plantes les plus attractives pour les insectes généralistes. Cet effet est renforcé lorsque ces deux plantes sont associées à la carotte sauvage, l’achillée millefeuille, la centaurée jacée, l’ammi élevé, au compagnon blanc et bleuet des champs. La floraison tardive de la tanaisie, à l’instar du chrysanthème des moissons et du trèfle incarnat, permet de fournir des ressources pour les auxiliaires en été, période à laquelle elles se font habituellement rares. Ensuite, le souci des champs contribue à prolonger la période de floraison jusqu’en hiver dans les situations les plus favorables. L’association d’espèces à floraisons précoces, intermédiaires et tardives permet d’assurer une ressource alimentaire continue pour les auxiliaires tout au long de la saison. Le trèfle incarnat mérite une mention particulière. Avec la vesce jaune, la marguerite commune et la mauve sylvestre, il attire de nombreux bourdons et abeilles, essentiels à la pollinisation.

Quelques inconvénients sont à prendre en compte lors de l’installation d’une telle bande fleurie dans les vergers. L’achillée millefeuille et la vesce jaune sont des espèces couvrant rapidement le sol, mais peuvent être envahissantes. Il convient donc de limiter la dose de ces espèces dans le mélange à moins de 2 % pour l’achillée par exemple. À l’inverse, le bleuet des champs couvre mal le sol, sa dose doit être importante. Le coquelicot, présent dans le mélange mais considéré comme une adventice par de nombreux producteurs car il peut produire 20 000 à 130 000 graines par plant, peut être retiré du mélange si besoin. La carotte sauvage et la chicorée sauvage sont à éviter si la parcelle se trouve dans une zone de production de semences de cultures de la même famille. La phacélie et la moutarde blanche sont les deux seules espèces non indigènes du mélange Massif armoricain.

La pollinisation au centre du mélange Bassin sud parisien

Le mélange Bassin parisien sud comprend dix-sept espèces, toutes issues de la zone géographique couvrant la région Centre-Val de Loire, l’est des Pays de la Loire, le nord de l’Île-de-France et l’est de la région Bourgogne Franche-Comté.

Les deux bassins étant géographiquement proches, il n’est pas étonnant que de nombreuses espèces déjà citées dans le mélange du Massif armoricain soient également présentes dans celui-ci. On retrouve donc douze essences florales en commun. Parmi les espèces spécifiques au Bassin parisien sud, la pimprenelle sanguisorbe, rampante, permet de former un couvert dense à la base de la bande fleurie. La camomille mixte, espèce patrimoniale messicole, attire les insectes généralistes et contribue à l’étalement de la floraison dans le temps. La vipérine commune permet de rendre le mélange plus attractif pour les chrysopes, les punaises prédatrices et les abeilles tout comme la sauge commune, également attractive pour les abeilles à langue longue (comprenant les abeilles fouisseuses, les abeilles charpentières et les abeilles parasites).

Comme le mélange du Massif armoricain, ce dernier a quelques inconvénients. La sauge commune est une espèce particulièrement difficile à maintenir en parcelle, étant exigeante en lumière et chaleur. De plus, la hauteur importante de ses fleurs peut la rendre difficile d’accès pour certains auxiliaires. Par ailleurs, cette espèce ainsi que l’ammi élevé et le souci des champs sont rares dans ce bassin. La collecte nécessaire à la multiplication des espèces de végétation sauvage d’origine locale devant se faire dans le bassin concerné, cela peut donc limiter le nombre de mélanges à semer disponibles pour les producteurs.

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