Agriculture urbaine : « Chaque habitant doit pouvoir accéder à une ferme ou un jardin à moins de 15 minutes de son domicile » affirme l’Afaup
L’Association française de l’agriculture urbaine professionnelle vient de publier son rapport annuel pour 2025. Il révèle les efforts fournis pour convaincre candidats et élus de s'engager dans ce type d'agriculture en cette période électorale et montre une augmentation du nombre d’adhérents.
L’Association française de l’agriculture urbaine professionnelle vient de publier son rapport annuel pour 2025. Il révèle les efforts fournis pour convaincre candidats et élus de s'engager dans ce type d'agriculture en cette période électorale et montre une augmentation du nombre d’adhérents.
Dans son rapport annuel 2025, l’Association française de l’agriculture urbaine professionnelle (Afaup) annonce qu’elle compte désormais 122 adhérents, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, « la diminution du montant de la cotisation de 250 à 75 € n’a pas amené la masse de nouveaux cotisants attendus, entraînant une baisse de 40 % des revenus » annonce l’association qui se réjouit toutefois d’une « hausse des subventions et des ventes ». Elle vise, à moyen terme, une augmentation de 100 à 150 % du nombre d’adhérents d’ici trois ans. En France, il existe 3 705 jardins et 859 fermes urbaines.
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Convaincre les élus locaux
L’Afaup revient dans son rapport sur l’action majeure de l’année écoulée : la publication de son manifeste « Un quartier, une ferme » qui contient 10 propositions à l’attention des candidats aux municipales 2026 visant à encourager le développement des projets d’agriculture urbaine. Convaincus par les idées de l’Afaup, 12 partenaires soutiennent officiellement ce manifeste. « 2026 sera une période clé avec les élections municipales. Les choix politiques locaux pèseront fortement sur l’avenir de l’agriculture urbaine. L’Afaup restera pleinement mobilisée pour porter le manifeste et renforcer le dialogue avec les élus. Nous avons à ce jour recueilli pas moins de 30 signatures » témoignent Lucile Delorme, présidente, Flore-Anaïs Brunet et Paola Krug, vice-présidentes.
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Création d’une charte et d’un guide en 2026
Outre les municipales, l’Afaup qui s’appuie sur des structures référentes régionales, qui servent de relais auprès des réseaux locaux, s’est fixé plusieurs objectifs pour 2026, parmi lesquels définir une charte pour lier l’association et les réseaux locaux ainsi que la rédaction d’un guide méthodologique pour accompagner la création de réseaux locaux.
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60 collectivités engagés dans la création de fermes publiques
L’Afaup estime que chaque habitant doit pouvoir accéder à une ferme ou un jardin à moins de 15 minutes de son domicile. « Pour atteindre cet horizon 2030, il est nécessaire de tripler a minima le nombre actuel de lieux », affirme le premier rapport annuel de l'Observatoire de l'agriculture urbaine et des jardins collectifs publié en janvier 2026.
Rennes et Dijon se distinguent par la plus forte densité de lieux par habitant, tandis que Paris domine sur le volet de l'agriculture urbaine professionnelle. Par ailleurs, plus de 60 collectivités se sont déjà engagées dans la création de fermes publiques. Globalement, 4 564 lieux sont recensés dans plus de 1 200 communes françaises. Le dynamisme du secteur semble directement lié au soutien des collectivités locales.
20 % de fermes urbaines participatives ou spécialisées
Le paysage se compose à 80 % de jardins collectifs et 20 % de fermes urbaines participatives ou spécialisées. Le secteur génère plus de 5 000 emplois locaux, dont 1 500 en insertion. La moitié des lieux d'agriculture urbaine en France se situe dans, ou à moins d'un kilomètre, d'un Quartier prioritaire de la ville (QPV). Les jardins collectifs dédient 94 % de leur production à l'autoconsommation ou au don.
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Un intérêt croissant sur les réseaux sociaux
Le rapport estime que l’agriculture urbaine suscite un intérêt croissant puisqu’il souligne que la communauté s’agrandit sur les réseaux sociaux. Sur LinkedIn, 10 330 abonnés ont été enregistrés en 2025, « c’est la première communauté dédiée à l’agriculture urbaine sur le réseau » note l’Afaup qui compte par ailleurs 5 250 abonnés sur Facebook. L’Association enregistre une « belle percée sur Instagram cette année grâce à la couverture d’événements en direct, au format ainsi que des publications croisées avec des comptes influents ».
Pour autant l’Observatoire de l’agriculture urbaine, projet monté par l’Association française de l’agriculture urbaine et périurbaine (Afaup), qui publiait ses premiers résultats fin 2025, montrait un ralentissement des nouvelles installations. Après un pic de 74 nouveaux lieux créés en 2022, la cadence a ralenti avec seulement 13 projets montés en 2025.