Acétamipride en noisette : « Le gouvernement a su maintenir le cap de la souveraineté alimentaire »
L’Association nationale des producteurs de noisettes et Unicoque se réjouissent de l’adoption du volet acétamipride de la loi d’urgence agricole, adoptée le 20 juillet à l’Assemblée nationale et le 21 juillet au Sénat.
L’Association nationale des producteurs de noisettes et Unicoque se réjouissent de l’adoption du volet acétamipride de la loi d’urgence agricole, adoptée le 20 juillet à l’Assemblée nationale et le 21 juillet au Sénat.
« La particularité de notre filière a été comprise », réagissent après le vote de la loi d’urgence agricole l’Association nationale des producteurs de noisettes (ANPN) et la coopérative Unicoque, dans un communiqué commun.
Le texte (consultable ici), adopté le 20 juillet à l’Assemblée nationale et le 21 juillet au Sénat, prévoit que l’Anses pourra autoriser l’acétamipride en noisette, un insecticide néonicotinoïde interdit en France mais autorisé dans l’Union européenne. La dérogation, d’une durée d’un an renouvelable deux fois, ne sera possible que si cinq conditions sont remplies (voir encadré).
Favoriser la compétitivité et la souveraineté alimentaire en noisette
« Le gouvernement a su maintenir le cap de la souveraineté alimentaire », applaudit la filière confrontée aux dégâts de la punaise diabolique et du balanin. Le volet acétamipride est en effet très critiqué, y compris par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut qui a présenté sa démission avant d’accepter de rester à la demande d’Emmanuel Macron. Les professionnels saluent aussi les parlementaires qui ont veillé à « éviter de donner de la compétitivité aux importations de noisettes sans garantie de traçabilité et de sécurité ».
La recherche d’alternatives à l’acétamipride se poursuit
Alors que l’existence d’un plan de recherche sur les solutions alternatives fait partie des conditions à vérifier par l’Anses avant d’autoriser à titre dérogatoire l’acétamipride en noisette, la filière rappelle qu’elle déploie depuis 2015 « un programme parmi les plus ambitieux au monde en matière de protection alternative contre les ravageurs », avec des résultats qu’elle estime déjà très encourageants. « Cependant le temps scientifique et technique n’est pas le temps politique », argumente-t-elle.
Cinq conditions à vérifier par l’Anses avant d’autoriser à titre dérogatoire l’acétamipride
La loi d’urgence agricole laisse théoriquement deux mois à l’Anses pour prendre sa décision, une fois saisie par le ministère de l’Agriculture. Ce délai étant extrêmement court, le cabinet d’Annie Genevard a précisé que sa décision ne pouvait être prise en l’absence de l’avis de l’Anses, et que si celui-ci était en retard, il serait tout de même pris en compte, rapportent nos confrères d’Agra Presse. Avant de trancher, l’Anses devra vérifier que cinq conditions sont remplies :
1. « La dérogation vise à faire face à une menace grave compromettant la production de noisettes »
2. Les solutions alternatives « sont inexistantes ou manifestement insuffisantes »
3. « Il existe un plan de recherche sur les solutions alternatives »
4. « L’usage de ces produits respecte l’emploi des meilleures techniques disponibles en matière de réduction ou de suppression de la dérive »
5. « En l’état des connaissances scientifiques les plus récentes et eu égard aux modalités d’utilisation de la substance concernée, la dérogation n’est pas susceptible d’engendrer des risques significatifs pour la santé humaine ou d’affecter de manière grave et irréversible l’environnement »
La dérogation devra prendre fin lorsque l’une des conditions ne sera plus remplie.