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« 30 % des consommateurs sont prêts à changer pour consommer bio »

Burkhard Schaer, consultant Ecozept, spécialiste des marchés bio en France et Allemagne, estime que la consommation bio a encore une marge de développement en France.

« 30 % des consommateurs sont prêts à changer pour consommer bio »
© V. Bargain

Le bio a-t-il atteint un plafond en France ?

« Jusqu’en 2020, le marché du bio en Europe a toujours augmenté, avec une accélération de 2015 à 2019 et un bond de 12 % en 2020. Puis, il a un peu baissé en 2021 avant un recul généralisé en 2022. En France, la croissance a été forte, mais un ralentissement relatif était observé depuis 2016, avant un recul de 1,3 % en 2021, puis de 4 % en 2022. L’ambition de la bio est de remplacer progressivement le conventionnel. La part de marché du bio en France est de 6,5 %, contre 12 % en Autriche, 13 % au Danemark, 11 % en Suisse. Pourquoi son développement en France s’arrêterait-il d’un coup, alors qu’il continue ailleurs ? »

Que s’est-il passé en 2021-2022 ?

« Il y a eu la crise post-Covid, la guerre en Ukraine, l’inflation. Toute la consommation alternative a été impactée : bio, label rouge, local, vrac… Le bio souffre aussi de faiblesses accumulées. En GMS, il y a le problème des marges pratiquées en bio et de la qualité, une implantation en expérimentation continue (en rayon, groupé, en îlot…), des stratégies bio portées par le management central, moins sur le terrain, une offre en baisse depuis 2021. La distribution spécialisée travaille sur son réseau, moins sur les produits, avec un manque d’innovation, une compétition entre réseaux mais peu de stratégies pour recruter et fidéliser les clients, un manque de professionnalisme en monitoring et logistique, peu de communication sur les prix, seulement 2 % plus élevés en légumes qu’en GMS, l’attente d’un rendement financier trop élevé. Si la pandémie a masqué ces faiblesses en 2020, les crises actuelles les surexposent. Il faut s’occuper sérieusement d’optimiser l’offre bio. »

La consommation peut-elle rebondir ?

« 91 % des consommateurs achètent du bio. Une étude Ecozept menée en 2022 pour Interfel montre toutefois que l’écart perçu est faible entre local et bio pour l’impact sur la biodiversité, les sols, l’eau, la santé. Le seul message qui soit passé est que le bio c’est cher. Les consommateurs ont plus confiance en le cahier des charges AB qu’en ceux du ZRP, HVE ou local. Mais l’avantage au bio s’érode pour les contrôles et la confiance totale. Et le baromètre 2023 de l’Agence bio montre que la défiance augmente. Un tremplin existe toutefois. L’enquête 2022 montre que 30 % des consommateurs sont prêts à limiter d’autres dépenses pour acheter des fruits et légumes bio, notamment les jeunes. Les projections sont que le bio atteindra 10 % du marché en 2030. Xerfi prévoit +2 % en 2024. Le développement ailleurs montre quelques pistes : contractualisation, diversification, communication, lien avec le local. »

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