Colza et souveraineté : Avril défend une stratégie industrielle et locale

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« Produire ne suffit pas », insiste Xavier Dorchies, directeur de la stratégie d'Avril. Selon lui, la véritable souveraineté repose sur la capacité à transformer et valoriser les matières premières sur le territoire. L’objectif : préserver la valeur au sein des filières françaises et éviter qu’elle ne soit captée à l’étranger.

Cette stratégie s’appuie sur deux piliers majeurs : l’investissement industriel et l’organisation en filière. Le groupe met en avant la nécessité d’une structuration collective, de l’amont à l’aval, pour assurer un partage de la valeur et renforcer la résilience face à un environnement mondial concurrentiel.

Mais cette ambition se heurte à des règles du jeu internationales jugées inéquitables. Avril pointe notamment des situations de concurrence déloyale, comme l’importation d’huiles usagées pouvant déstabiliser le marché des biocarburants. Dans ce contexte, le groupe plaide pour des mécanismes de protection, y compris des barrières tarifaires, afin de défendre les investissements réalisés.

La filière colza, une filière historique exemplaire

La filière colza illustre pleinement cette démarche. Développée en réponse à la dépendance européenne aux protéines importées dans les années 1970, elle s’est structurée autour de débouchés locaux, tant alimentaires qu’énergétiques. L’essor des biocarburants a notamment contribué à l’extension des surfaces et à la valorisation de la culture.

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Aujourd’hui, le colza apparaît comme un levier stratégique à plusieurs niveaux : agronomique, avec son rôle dans les rotations ; alimentaire, via les huiles et les tourteaux riches en protéines ; et énergétique, grâce à la production de biodiesel.

Dernière illustration en date : l’investissement d’Avril dans une usine de trituration et de biodiesel à Verdun. Une infrastructure destinée à renforcer la transformation locale et à limiter l’exportation de matières premières brutes.

Pour le groupe, la souveraineté repose ainsi sur un équilibre : produire, investir, structurer et protéger. Une approche globale, au cœur des enjeux agricoles, industriels et énergétiques actuels.

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