Jean-Baptiste, éleveurallaitant dans l’Allier, se souvient encore de l’angoisse qui l’a submergé après la dissolution de son Gaec.
Je me suis retrouvé seul à gérer 200 hectares et un cheptel, sans expérience, avec un problèmesanitaire en plus. »
En 2021, la situation devient critique.
La compta était catastrophique, les dettes s’accumulaient, témoigne-t-il. Je vendais mes bêtes avant l’heure pour avoir de la trésorerie. J’avais l’impression de travailler pour rien. »
L'éleveur s'est toujours contraint à payer en priorité ses créditsbancaires mais plus le temps passant, plus sa dettefournisseur devenait écrasante. Lors d'une manifestation agricole, il évoque ses difficultés auprès d'un collègueagriculteur qui lui conseille de faire appel à SolidaritéPaysans.
L’engrenage des dettes : “On se sent coupable avant même d’entrer au tribunal”
Claude, bénévole de l’association, se souvient de leur première rencontre.
Ce qui nous a interpellés, c’est qu’il avait tous les atouts : un cheptel en bon état, des surfaces, des fondamentauxsolides mais il était étouffé par le manque de trésorerie et cette dettefournisseurs. »
Le redressementjudiciaire s’impose comme unique solution pour tenter de redresser la situation. Une démarche que Jean-Baptiste a vécue comme une douloureuseépreuve. Aujourd'hui encore, face aux adhérents de l'association réunis en assembléegénérale, il la décrit comme « horrible (...) ces gens en blouse noire au tribunal, on se sent coupable dès qu'on arrive. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Rebondir : “Aujourd’hui, je vends mes bêtes au bon poids, et je respire”
Avec l’aide de Claude et d’Anne-Laure, salariée à l'association, un budgetprévisionnel est reconstitué.
On a prouvé au tribunal que l’exploitation pouvait être rentable, » explique Claude.
Grâce à des avances de trésorerie accordée par sa coopérative et un accompagnementtechniqueajusté, Jean-Baptiste a enfin pu acheter de l’aliment et parfaire l'engraissement de ses animaux.
En 2023, première année du redressement, j’ai gagné 50 kg sur les broutards et 30 kg sur les laitonnes. Avant, je vendais mes vachesmaigres. Maintenant, je les finis correctement. »
Le redressementjudiciaire, « c’est un moyen de tout remettre à plat » confie-t-il à la salle. « Ça force à se remettre en question, c'est très difficile, mais c’est salvateur. » Aujourd’hui, il a même pu financer un tracteur et envisage l’avenir avec plus de sérénité. « La banque m’a fait confiance avec un prêtAgilor. L'augmentation des cours aide aussi beaucoup. »
Son conseil aux éleveurs en difficulté ? « Ne restez pas seuls, surtout pour aller dans les tribunaux. »
Un témoignage qui rappelle que derrière les chiffres, il y a des hommes, des femmes, et des mainstendues.