En juin 2023, le Gaec Limouzin a traversé une épreuve redoutée de tous les producteurs fermiers : la détection de Stec (Escherichia coli producteurs de shigatoxines) dans un lot de fromages, plusieurs semaines après leur mise sur le marché. Une crise brutale, coûteuse, mais que l’exploitation a su traverser grâce à une réaction vigoureuse et une assurance bien pensée.
Une crise violente et soudaine
«Comme beaucoup de galères, c’est arrivé un vendredi soir, se rappelle amèrement Benoît Limouzin. On venait de découvrir un lot contaminé, un lot parti depuis quinze jours.» La rapidité de la réaction a été essentielle. Les services sanitaires ont été prévenus, les rappels de produits déclenchés. Mais le coup était dur : «Le fromage, c’est notre vitrine. On avait bossé dur pour faire connaître notre travail. Et là, on a perdu la confiance de certains clients et ramé pendant des mois pour retrouver notre place.»
Delphine, salariée en fromagerie, a pris en charge la gestion de crise avec la DDPP : «Elle a géré les fiches de rappel, les bons de livraison, les contacts. On l’a détachée du reste parce qu’elle a passé une semaine entière à ne faire que ça. Elle a assuré. » Pendant ce temps, les fabrications ont continué et les analyses étaient quotidiennes. Les mamelles ont été désinfectées à chaque traite et certaines pratiques ont été revues. «Après sept jours d’analyses négatives, on a pu repartir. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Heureusement, le Gaec Limouzin avait souscrit depuis trois ans à une assurance auprès de Groupama couvrant les accidents sanitaires en transformation fromagère : «On avait 250 000 euros assurés, pour une cotisation annuelle de 2 400 euros.» Entre les analyses quotidiennes et l’absence de livraison pendant trois semaines, les pertes liées à la crise ont été estimées à 70 000 euros. «L’assurance a tout pris en charge. Sans ça, on aurait été dans une galère noire.»
Pour Benoît, il n’y a pas de doute : «Tous les fermiers devraient avoir une assurance comme ça. Ce n’est pas si cher, et ça peut sauver une année entière de travail. On ne passe pas plus de temps à faire du bon boulot qu’à faire du mauvais. Autant bien le faire, et se protéger contre ce qui ne dépend pas de nous.»