Jocelyn Carle reconnaît que le poirier est une espèce particulièrement difficile à mener en bio. Sur 3 hectares, le verger de poiriers de l’EARL Carle Fruit Nature réunit des variétés anciennes et plus récentes : Harrow Gold, Harrow Delicious, Harrow Sweet, Williams, Conférence, Président Héron, Fertilia. « En 2023, nous avons surgreffé avec Harrow Gold et Harrow Delicious une parcelle d’Angelys d’environ vingt ans qui ne produisait pas », précise Jocelyn Carle.
Adapter la taille des poiriers pour reformer le verger
Aujourd’hui, il estime ne pas rencontrer de problèmes sanitaires majeurs. « Les facteurs limitant la production sur notre verger sont plutôt liés à un manque de fleurs ou à des chutes de fruits avant récolte. Nous avons repris le verger de notre père. Avec les années, j’ai adapté les techniques de taille mais reformer ce verger prend du temps. Je taille moins sévère, je laisse plus de bois. Mes tailles ne sont pas forcément académiques mais je constate que ça produit mieux », poursuit le producteur.
La chute précoce des poires, sujet de préoccupation
Quant à la chute précoce des fruits contre laquelle des auxines de synthèse sont autorisées en conventionnel, il reconnaît que c’est une vraie préoccupation en bio. « Ça nécessite une observation pointue à l’approche de la récolte pour trouver le bon compromis entre chute et maturité. C’est souvent stressant et ça ne nous laisse pas de marge de manœuvre dans l’organisation », souligne-t-il.
Alors, quels axes de recherche seraient selon lui prioritaires pour apporter des solutions aux producteurs bio ? « Régularité de production et augmentation des rendements », répond sans hésiter Jocelyn Carle. Vaste programme.