Agriculteur à Larrazet (82), Jean-François Bernard pratique le mélange de variétés de blé depuis 2019, en apportant une nouveauté chaque année.
« Avant 2019, je cultivais les variétés Pibrac et Cellule en y apportant plus de 200 unités d’azote et en réalisant trois, voire quatre traitements fongicides. J’ai mélangé ces deux variétés avec le blé SY Passion, une variété plutôt rustique. L’idée du mélange variétal est de permettre d’économiser en fongicides et en engrais. Je fais partie du groupe ferme 30000 SolEcoVer, animé par la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne, porté sur des systèmes agroécologiques à bas niveau d’intrants. J’ai suivi une formation sur les mélanges de variétés de blé.
Après triage des semences (50 €/t de prestation, sans traitement de semences), je ressème chaque année le mélange en ajoutant une nouvelle variété. Mon mélange comporte neuf variétés de blé actuellement : Cellule, Pibrac, SY Passion, RGT Montecarlo, RGT Cesario, Prestance, Providence, LG Abilène et Complice. Les variétés choisies sont des blés panifiables avec des niveaux de précocité à peu près similaires (entre 6 et 7 à épiaison). Un agriculteur de notre groupe a choisi de mettre un blé de force dans le mélange de façon à assurer un bon taux de protéines. Pour ma part, cette année, cette teneur se situait entre 12 et 13,5 % et le PS aux alentours de 80, mais avec un rendement faible de 51 quintaux par hectare (q/ha). En 2019, il y a eu un bon alignement des planètes : le rendement de blé a atteint 74 q/ha alors que nous avons des terres à faible potentiel à 60 q/ha en année normale (30 q/ha en 2022, très mauvaise année). Avec des conditions de maturation rapide dans notre région, il n’y a pas de problème de maturité des grains à la récolte avec les différentes variétés.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L’itinéraire technique est bâti sur un objectif de 60 q/ha avec une réduction des apports d’azote à 180 unités (150 à 160 U si précédent féverole) et deux traitements fongicides à un quart de dose. Les traitements sont réalisés de nuit, avec une pulvérisation à bas volume (55 l/ha) et des adjuvants ajoutés aux fongicides (Silwet et sulfate de magnésie). Dans ces conditions, les applications s’avèrent très efficaces. »