Après l’incendie, la reconstruction au pas de charge de Quentin Vignault

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La nouvelle chèvrerie est isolée, lumineuse, ventilé et doté de cornadis pour la moitié des places. Crédits : © D. Hardy
Les manchons en silicone doivent être changés tous les ans ou toutes les 4 000 traites. Crédits : © D. Hardy
Après l’incendie de sa chèvrerie, Quentin Vignault a vite rebondi pour construire rapidement un nouveau bâtiment bien équipé. Crédits : © D. Hardy

<em class="placeholder">Quentin Vignault dans sa chèvrerie </em>

Il y a trois ans, le 23 août 2023, à quinze jours des mises bas, la chèvrerie de Quentin Vignault s’embrase. L’origine du drame est hélas connue. « C’est moi qui ai mis le feu sans faire exprès, reconnaît l’éleveur de 36 ans. J’étais en train de faire de la soudure et je n’ai pas vu le départ du feu sur la paille. » Le temps de réaliser et de trouver de l’eau, il est déjà trop tard… Seules 180 chèvres seront sauvées sur les 550 du troupeau. « J’ai ouvert les portes mais les chèvres, qui ne sortent pas d’habitude, sont retournées vers le feu. »

Hausse des coûts de construction

Les voisins et amis lui apportent de l’aide et, très vite, il a fallu faire face à l’urgence. Il commence à traire au pot puis les Établissements Collon installent une salle de traite provisoire de 20 places. Une ancienne bergerie en bois accueille le troupeau mais dans des conditions très dégradées. Au-delà de l’urgence, Quentin sort sa calculatrice et il doit vite trancher : relancer l’élevage ou arrêter. « Je n’étais couvert avec l’assurance que sur 200 000 euros pour un bâtiment qui en valait plutôt 420 000. En plus, les coûts de construction avaient fortement augmenté depuis son installation en 2021. Ma salle de traite qui coûtait 102 000 euros était passée à 157 000 euros… »

La moitié avec des cornadis

Malgré tout, avec l’aide de Soléo Développement et de sa laiterie Terra Lacta, Quentin Vignault imagine un nouveau bâtiment de 700 places. La banque donne son accord le 18 janvier et les premiers coups de pelleteuse commencent en mai 2024. Le bâtiment sera terminé fin septembre et, le 15 octobre 2024, 350 chevrettes issues de la pépinière Clochard prennent possession des lieux.

750 000 euros sont investis dans ce bâtiment isolé et ventilé de 2 200 mètres carrés, doté d’une salle de traite deux fois 26 postes (voir encadré) et d’un robot distributeur de concentrés Lucas G M7. La moitié seulement du bâtiment est dotée de cornadis, le reste est doté de deux barres. « Avec les barres, on peut facilement mettre 50 chèvres de plus de chaque côté, apprécie Quentin. C’est pratique au début de lactation quand on a plus de chèvres de prévues pour compenser les vides ou les taries. »

Alimentation simplifiée

Avec 700 chèvres à terme et deux salariés, Quentin Vignault a voulu se faciliter l’alimentation en distribuant 800 grames de foin de luzerne et 700 d’enrubannage de luzerne, complété par 2,3 kilos d’aliments Chevry d’Alicoop. Il réfléchit aussi à se simplifier encore plus l’alimentation en passant au système Verdicub mais teste avant cela différentes combinaisons de fourrage.

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Trois ans après le sinistre, l’EARL de la Pagerie regarde de nouveau vers l’avenir. Le nouveau bâtiment symbolise la capacité de résilience d’un éleveur qui a refusé de voir son projet partir en fumée.

Chiffres clés

EARL de la Pagerie

620 chèvres (objectif 700) et 400 brebis
1 100 litres par chèvre
65 ha

Une salle de traite pensée pour la vitesse

<em class="placeholder">Salle de traite </em>

Avec deux fois 26 postes et le décrochage automatique, la machine à traire de l’EARL de la Pagerie a été dimensionnée pour tenir un rythme soutenu. Les 620 chèvres passent ainsi à la traite en une heure et demie environ à deux personnes et 1h45 seul.

Le système de dépose automatique SmartLite de Boumatic rend la conduite de traite très visuelle avec des LED qui changent de couleur en fonction du statut de la traite. Lorsque la fin de la traite approche, les lumières commencer à clignoter en vert. En cas de décrochage prématuré, le clignotement est rouge. Un repère utile pour voir d’un coup d’œil les postes en début, en fin, ou en anomalie.

Nettoyage automatique des entrées d’air

Autre détail qui compte au quotidien : les vérins reliés à la griffe. « L’éleveur a juste à soulever la griffe et la brancher, sans appuyer sur un bouton », décrit Romain Wolfer de Boumatic. Autre petit gain de temps, les faisceaux CapriMax ont un dispositif de nettoyage des entrées d’air calibrées et ces petits orifices n’ont plus à être nettoyés manuellement.

Enfin, dans la salle de 12 mètres sur 30, la stalle Albouy avec ses cornadis autobloquants assure autant une entrée rapide des chèvres attirées par la promesse d’un peu d’aliments qu’une sortie rapide avec l’élévation de tous les cornadis en fin de traite.

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