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Fertilisation du colza : « Sur mes limons battants d’Eure-et-Loir, je mesure les besoins en azote avec des pesées de biomasse qui me permettent aussi de vérifier l’état de la culture 

Agricultrice à Unverre et conseillère à la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir, Patricia Huet profite des pesées de biomasse de colza pour observer l'enracinement des cultures et les attaques de bioagresseurs.

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Patricia Huet, agricultrice à Unverre (28),"Avec des parcelles dans un rayon de 5 kilomètres, les pesées de biomasse du colza sur deux tiers d’entre elles me prennent une matinée."
© Chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir

« Je mesure les besoins en azote du colza par deux moyens : la pesée de biomasse et l’estimation de biomasse par imagerie satellitaire avec l’outil MesSatimages. Je consacre un tiers de mes surfaces à ce dernier service, pour un coût de 7 euros par hectare. Avec des parcelles dans un rayon de 5 kilomètres, les pesées sur deux tiers d’entre elles me prennent une matinée. Elles sont faites à l’entrée de l’hiver (fin novembre) et à la sortie de l’hiver vers la mi-février. À partir de ces mesures, le besoin d’azote est estimé grâce à la réglette azote colza, outil de Terres Inovia disponible gratuitement. J’aime bien faire moi-même les pesées, car cela permet de vérifier en plus l’état d’enracinement des colzas, d’observer les ravageurs, de vérifier que le traitement herbicide à base de Kerb Flo a bien fonctionné (en sortie d’hiver)…

Le premier apport d’azote n’est jamais réalisé avant le 25 février, pour laisser le temps au colza d’utiliser ses réserves dans le pivot et pour éviter à la plante de faire trop de feuilles. Mais une fois réalisé, le second apport arrive rapidement, à la mi-mars, car à cette période, le colza est dans une dynamique de croissance rapide. L’azote apporté sur un colza poussant permet de bien valoriser l’utilisation de la solution azotée.

Un colza à 45 q/ha en 2025 avec 140 à 160 U d’azote

Les conditions de l’année jouent beaucoup sur les quantités à apporter. Ainsi en 2024, l’enracinement du colza était mauvais au printemps avec un potentiel de rendement affecté. J’ai apporté une quantité maximale de 160 unités, car il était évident que c’était la fourniture d’engrais qui allait faire le rendement. Les racines du colza n’étaient pas en capacité de puiser l’élément très profondément dans le sol. En 2025 en revanche, le colza montrait un bon développement en sortie d’hiver et un potentiel de rendement élevé. Il m’a suffi d’apporter entre 140 et 160 unités d'azote, pour une production qui a été au final de 45 quintaux par hectare (35 q/ha en 2024).

J’apporte également du soufre séparément de l’azote avec une forme de fertilisant kiésérite, 60 à 70 unités au stade début d’allongement des entre-nœuds (entre C2 et D1).

Dans l’objectif d’obtenir une bonne biomasse d’au moins 1,5 kg/m2 en entrée d’hiver, je sème le colza suffisamment tôt, vers le 20 août. Je ne fais pas d’apport d’azote à l’automne. Sur nos sols, la minéralisation se fait bien et le colza lève assez facilement. Le colza se plaît très bien dans nos limons battants drainés. Je le fais revenir tous les quatre ans dans la rotation, avec un rendement moyen de 42 q/ha. »

80 hectares dont 20 de colza, 35 de blé tendre, orge de printemps semée à l’automne et orge d’hiver. Sols limoneux battants profonds drainés. Rendement de 42 q/ha en colza.

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