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Industrie phytosanitaire
Pesticides : "le consommateur décide" mais "les messages sont discordants" selon Eugenia Pommaret

 « Imaginer collectivement le futur des pesticides en France », c’est l’objectif du Grand Débat national Siècle vert qui s’installe à Caen du 28 au 30 novembre. Exposition, débats, marché des producteurs vont attirer le public et permettre la confrontation des avis sur la question de ces produits dits aussi phytosanitaires. L’événement est organisé l’Union des industries de la protection des plantes. Eugénia Pommaret, directrice de l’UIPP, nous en dit plus sur cette initiative.

© UIPP

Pourquoi un Grand Débat national Siècle vert ?

« C’est une suite logique de la communication qui a été menée en 2018, à l’occasion des 100 ans de l’IUPP. Au salon de l’Agriculture, un studio du Siècle vert a été déployé pour être un lieu de débat sur les produits phytosanitaires. Pendant une semaine, les discussions ont eu lieu sur le plateau, animées par différents partenaires media. En mai, une exposition baptisée La cité du Siècle vert s’est tenue dans une galerie parisienne du 4e. Un parcours pédagogique du XIXe à nos jours, conçu avec l’académie d’agriculture de France, était proposé aux visiteurs. Un « laboratoire » expliquait comment se fait l’évaluation des matières actives. Et un espace « marché » réunissait agriculteurs conventionnels et bio venus présenter leurs produits. »

 

Comment va se dérouler cette manifestation ?

« Le Siècle vert est un espace public, ouvert à tous et gratuit. Le Grand Débat national qui se déroule dans les villes de province est un mix de ce qui s’est passé en 2018, en mini, condensé en 3 jours. Avec différentes vitrines qui expliquent les différents messages, différents visuels, et des experts de l’académie d’agriculture pour faire la visite. L’exposition est un support pour amorcer les débats. Le public est invité à s’exprimer et nous voulons recueillir tous les points de vue. Un marché des producteurs permettra aussi aux visiteurs de découvrir des productions locales et leur donnera l’occasion d’échanger avec les agriculteurs.

Jeudi soir, à 18 h 00, l’inauguration de l’événement réunira toutes les parties prenantes pour amorcer les discussions. Vendredi soir, à 18 h 00, un grand débat sera organisé avec notre partenaire La Chaîne normande. L’occasion de confronter des avis divergents. Les spectateurs seront invités à prendre la parole. »

 

La parole sera-t-elle donnée à tous et tous les avis pourront-ils s’exprimer ?

« Pendant les trois jours, ceux qui le souhaitent pourront apporter une contribution face caméra. Les témoignages seront enregistrés et on souhaite recueillir les avis du public, en sortant des postures résolument « contre ». Quoi que l’on fasse, on aura toujours besoin de la santé des plantes. La question est donc : que pense le public des pesticides et comment voit-il les pesticides de demain ? Nos entreprises réalisent des investissements lourds et font beaucoup d’efforts qui sont méconnus mais, en définitive, c’est le consommateur qui décide. Nous devons donc avoir une trajectoire connue. Si le consommateur veut du biocontrôle, nos entreprises travaillent déjà dessus. S’il faut développer le bio, on a les produits. On a besoin de se projeter dans l’avenir mais actuellement les messages sont discordants. »

 

Dans un contexte tourmenté pour l’industrie phytosanitaire, pourquoi avez-vous décidé d’investir dans une opération de communication vers le grand public ?

« Après avoir longtemps pensé que ce n’était pas forcément notre rôle, aujourd’hui nous communiquons vers le grand public. Nous pensons que c’est un moyen d’aller directement vers le consommateur et de dialoguer avec lui. Pendant trois ans, nos moyens de communication sont concentrés sur ce projet et nous capitalisons sur ce que nous avons fait. Financièrement, l’opération n’a pas augmenté les cotisations pour nos adhérents. »

 

Comment se fait le choix des villes où vous vous installez, combien de personnes attendez-vous lors de ces journées et qui pensez-vous toucher ?

« Après Caen, le Siècle Vert sera dans une semaine à Saint-Quentin dans l’Aisne. Le choix des villes s’est fait en fonction des régions qui ont montré le plus d’intérêt pour notre démarche lors des rendez-vous parisiens en 2018. Nous commençons avec ceux qui étaient partants et là où il y avait des contacts locaux. Les chambres d’agriculture et les syndicats sont partenaires. L’annonce de la manifestation a été relayée par les journaux locaux et les réseaux sociaux. Nous attendons un public varié allant des scolaires et étudiants aux élus régionaux et représentants des mairies. A Paris, La Cité du Siècle vert a accueilli 5500 personnes en 10 jours. En province, sur 3 jours, difficile de prévoir le nombre de participants. Ce que je peux dire, c’est que l’on mise plus sur la qualité du public que sur la quantité de personnes présentes. »

 

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