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Etude Inrae sur la fin du glyphosate : d'importants surcoûts pour les grandes cultures sans labour

La fin annoncée du glyphosate risque d’être difficile à gérer. Trouver des alternatives intéressantes, techniquement et économiquement, n’est pas si simple. Le 9 juin, l’Inrae a publié un rapport sur les impacts économiques du déploiement des alternatives au glyphosate en grandes cultures. L’étude conclut à d’importants surcoûts pour les grandes cultures sans labour.

© Stéphane Leitenberger (archives)

L’Inrae (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) a publié le 9 juin une synthèse de son travail d’expertise sur les impacts économiques du déploiement des alternatives au glyphosate en grandes cultures. L’étude a été réalisée à la demande du Premier ministre et des ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique et solidaire, pour fournir des éléments à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Ce nouveau rapport s’inscrit dans le cadre du plan de sortie du glyphosate. Il fait suite à un rapport de 2017, évaluant les alternatives possibles et complète deux études sur l’évaluation économique pour la viticulture et pour l’arboriculture, dont les conclusions ont été remises en 2019.

Le travail sur les impacts économiques réalisé récemment a mobilisé « une méthodologie économétrique originale », précise l’Inrae. Les surcoûts induits par l’adoption d’alternatives au glyphosate ont été calculés grâce à une méthodologie utilisée en médecine pour estimer le surcoût du retrait d’un médicament quand il induit un changement d’itinéraire de soin.

Surcoûts importants pour les grandes cultures sans labour

L’étude met en évidence des surcoûts importants pour les grandes cultures sans labour. Dans un scénario de référence, ces surcoûts liés au retrait du glyphosate représentent « une part significative du revenu des agriculteurs qui ne labourent pas leurs parcelles » : ils varient selon les régions « entre 13,7 et,4 % » de l’EBE (excédent brut d’exploitation) /ha pour les surfaces actuellement en semis direct et « entre 4,4 % et 7,5 % » de l’EBE/ha pour celles en techniques culturales simplifiées.

Passage au labour fréquent en cas de retrait du glyphosate

Ce scénario suppose que les parcelles en non-labour (près de 20 % du total) ou labour occasionnel (18,6 %) passent au labour fréquent (33,7 %) en cas de retrait du glyphosate. L’Inrae montre que les surcoûts sont d’autant plus faibles que les parcelles sont labourées fréquemment au point de départ. « Dans le scénario de référence, les surcoûts obtenus varient de près de 80 €/ha pour les situations en semis direct à 6,5 €/ha pour les situations en labour fréquent », précisent les rapporteurs de l'étude. Des estimations qui n’intègrent pas les implications éventuelles sur l’organisation du travail, sur les difficultés de recrutement de main-d’œuvre ou d’accès au financement des investissements qui pourraient survenir avec les changements de pratiques. Ces données chiffrées n’intègrent pas non plus les coûts liés à la phase de transition d’une pratique à une autre (apprentissage, réorganisation des activités), précise l’Inrae.

Pour en savoir plus, voir synthèse de l’étude « Alternatives au glyphosate en grandes cultures : évaluation économique »

 

Lire aussi « Désherbage/fin du glyphosate : un surcoût proche de 80 €/ha en semis direct (Inrae) » dans Réussir Grandes Cultures

 

 

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