Aller au contenu principal

Entreprises de travaux agricoles
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes de mettre en place une indexation carburant sur les factures, expliquent Philippe Largeau, président de la FNEDT et Frédéric Jan, vice-président.

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
« Cette hausse arrive en même temps que démarrent les gros travaux comme la préparation des sols, la récolte d’herbes, qui se font avec des machines assez consommatrices », souligne Philippe Largeau, de la fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) et entrepreneur de travaux agricoles dans la Vienne.
© ETA Tual

« 30% de la consommation du gazole non routier (GNR) est faite par les entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers. L’impact de la guerre au Moyen-Orient on se le prend en pleine figure », explique Philippe Largeau, président de la fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) et entrepreneur de travaux agricoles dans la Vienne. 

L’impact de la guerre au Moyen-Orient on se le prend en pleine figure 

« Dès le lendemain du début du conflit, nous avons vu une première hausse de 125 euros du m3. Aujourd’hui on est presque au double du prix, avec une hausse de 80 à 90% », poursuit-il dans un entretien accordé à Reussir.fr.

Lire aussi : Comment évolue le prix du GNR avec la guerre au Moyen-Orient ?

Une hausse du prix du GNR qui intervient en plein démarrage des gros travaux agricoles

« L’impact est très fort pour toutes les ETA sachant qu’en moyenne le coût du carburant représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires selon les activités et le type de matériel utilisé », poursuit le président de la FNEDT. « En plus cette hausse arrive en même temps que démarrent les gros travaux comme la préparation des sols, la récolte d’herbes, qui se font avec des machines assez consommatrices », rapporte-t-il. D’où un impact sur le coût de la prestation très fort.

Lire aussi : Les entrepreneurs de travaux agricoles (ETA) souhaitent une reconnaissance pleine et entière de leur métier

L’indexation du carburant sur les factures préconisée par la FNEDT

« Il n’y a pas moyen d’amortir une telle hausse. On dit aux entreprises de mettre en place une indexation du carburant sur leurs factures », souligne Frédéric Jan, vice-président de la FNEDT et entrepreneur de travaux agricoles en Bretagne. « Et ce d’autant plus qu’il n’y a pas que le prix du carburant qui monte. Ces dernières les prix des agroéquipements n’ont cessé d’augmenter, et cette année plus particulièrement ce sont les prix des pièces qui ont progressé » renchérit Philippe Largeau. 

Lire aussi : ETA - "Nous demandons plus d’équité avec le monde agricole en temps de crise", affirme Philippe Largeau, président de la FNEDT.

Prix du GNR : les pouvoirs publics interpellés

« Nous prévenons nos adhérents que nous ne serons pas capables d’absorber toutes ces hausses de charges, nous devons répercuter. Il en va de la pérennité de nos entreprises même si nous sommes très inquiets pour nos clients agriculteurs qui subissent aussi les hausses de carburant », exprime-t-il.

En termes de trésorerie, Frédéric Jan explique qu’il est aussi difficile d’encaisser les hausses de GNR pour les ETA qui sont rivées sur les prix au jour le jour. Sans parler d’un éventuel risque de pénurie qui pèse comme une épée de Damoclès. « Ca serait la catastrophe ! » s’exclame Philippe Largeau.   

A minima on demande à l’Etat de baisser le TVA sur le GNR

Alors que les efforts pour réduire la consommation de GNR ont déjà été faits, grâce aux GPS et à la formation des salariés aux pratiques plus économes, et que les agroéquipements n’utilisant pas l’énergie fossile sont encore très rares, les ETA demandent aux pouvoirs publics de faire un effort. « A minima on demande à l’Etat de baisser le TVA sur le GNR », avance le président de la FNEDT. 

Lire aussi : Envolée du prix du GNR : les entreprises de travaux agricoles (ETA) dénoncent « une réponse indigente du gouvernement »

Les plus lus

Taille de haies avec une faucheuse débrousailleuse.
Interdiction de la taille des haies à partir du 16 mars 2026 : quels départements accordent des dérogations ?

La loi d’orientation agricole prévoit que les dates d’interdiction de taille des haies soient désormais fixées par chaque…

  Moisson dans l’Indre de nuit le 7 juillet 2022
« Un agriculteur contraint d’avancer ses travaux en pleine nuit pour échapper à la canicule ne devrait pas se retrouver exposé à un contentieux de voisinage »

Le 26 mars, les députés ont adopté à l’unanimité une proposition de loi du député démocrate Hubert Ott qui vise à sécuriser…

Agriculteur dans son tracteur notant dans son carnet les traitements phyto réalisés.
Pesticides : le Conseil d’Etat refuse de donner l’accès aux registres d’épandage demandés par Générations futures en Nouvelle-Aquitaine

Le Conseil d’Etat vient de casser la décision du tribunal administratif de Bordeaux du 1er juillet qui imposait au…

Les drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
PAC 2028-2034 : vers la fin de « l’exception agricole » dans le budget européen ?

Auditionné le 7 avril au Sénat, Agriculture Stratégies a présenté une note datant du 23 février sur la PAC 2028-2034, et en…

Femelle Ours, capture photo en Ariège
Ours : au moins 108 individus dans les Pyrénées, une population en croissance selon l’OFB

L’OFB a dénombré au moins 108 ours bruns dans les Pyrénées en 2025. Le nombre d’individus est toujours en croissance sur le…

 Congrès de la FNSEA à Caen le 2 avril 2026.
Congrès de la FNSEA : Annie Genevard arrive sans mesures sur le GNR et demande aux agriculteurs « de ne pas sortir tout de suite les fourches »

Attendue de pied ferme, au 80e congrès de la FNSEA à Caen, sur le sujet du prix du GNR dont l’envolée touche…

Publicité