Aller au contenu principal

En octobre, cueille des champignons... en faisant très attention

L’automne, la saison des champignons ! Remplir un petit panier peut être tentant, mais attention, tous les ans les centres antipoison enregistrent des cas d’intoxication. Pour éviter que la cueillette ne vire au cauchemar, petit rappel des recommandations de l’Anses.

Coulemelle.
© Amanda Hinault / flickr

Chaque année, les cueilleurs de champignons se réjouissent de l’arrivée de l’automne. Mais chaque année aussi, surviennent de nombreuses intoxications. « Les conséquences sur la santé peuvent être graves et conduire à une hospitalisation voire le décès : troubles digestifs sévères, complications rénales, atteintes du foie pouvant nécessiter une greffe », rappelle l’Anses. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail renouvelle donc une fois encore ses recommandations aux fins connaisseurs ou cueilleurs occasionnels : « Restez vigilants ».

Entre le 1 juillet et le 31 décembre 2019, plus de 2000 cas d’intoxication ont été rapportés aux Centres antipoison. Le pic se produit généralement en octobre, un mois où les conditions météo sont généralement favorables à la pousse des champignons. En 2019, 57 % des cas d’intoxication ont eu lieu sur cette période.

Même si elles restent minoritaires, certaines intoxications peuvent survenir à la suite d’un achat sur un marché ou dans un commerce, ou d’un repas dans un restaurant (4 % des cas). Dans 3 % des cas, il peut s’agir aussi de l’ingestion d’un morceau de champignon non comestible par un enfant en bas âge ou par un adulte présentant des troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, déficience intellectuelle, …), précise encore l’Anses.

L’agence signale aussi quelques cas de confusion entre espèces de champignons favorisée par l’utilisation d’applications de reconnaissance sur smartphone.

Une liste de recommandations

« Mieux vaut prévenir que guérir », dit le proverbe. A la veille du 1er octobre, l’Anses renouvelle donc une liste de recommandations.

  • Ramasser uniquement les champignons que vous connaissez parfaitement : certains champignons hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles. Attention ! Des champignons vénéneux peuvent pousser à l’endroit où vous avez cueilli des champignons comestibles une autre année. 
  • Au moindre doute sur l’état ou l’identification d’un des champignons récoltés, ne pas consommer la récolte avant de l’avoir faite contrôler par un spécialiste en la matière. Les pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés. 
  • Cueillir uniquement les spécimens en bon état et prélever la totalité du champignon : pied et chapeau, afin d’en permettre l’identification. 
  • Ne pas cueillir les champignons près de sites potentiellement pollués : bords de routes, aires industrielles, décharges.
  • Bien séparer par espèce les champignons récoltés pour éviter le mélange de morceaux de champignons vénéneux avec des champignons comestibles. 
  • Déposer les champignons en séparant les espèces, dans une caisse, un carton ou un panier, mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement. 
  • Conserver les champignons en évitant tout contact avec d’autres aliments au réfrigérateur (maxi 4°C) et les consommer dans les deux jours après la cueillette. 
  • Consommer les champignons en quantité raisonnable après une cuisson suffisante et ne jamais consommer des champignons sauvages crus. 
  • Ne jamais donner à manger les champignons que vous avez cueillis à de jeunes enfants.
  • Ne pas consommer de champignon identifié au moyen d’une application de reconnaissance de champignons sur smartphone, en raison du risque élevé d’erreur.
  • Ne pas consommer de champignons commercialisés par des non professionnels, « à la sauvette ». 

Photos utiles pour les centres antipoison

Précaution supplémentaire : l’Anses encourage à photographier les cueillettes de champignons avant cuisson, en séparant les espèces. En cas d’intoxication, les photos peuvent être utiles au toxicologue pour le choix du traitement.

Si des symptômes (diarrhées, vomissements, nausées, tremblements, vertiges, troubles de la vue, …) apparaissent suite à une consommation de champignons, il faut immédiatement appeler un des 8 centres antipoison :

Angers :  02 41 48 21 21   

Bordeaux :  05 56 96 40 80

Lille :  08 00 59 59 59   

Lyon : 04 72 11 69 11

Marseille : 04 91 75 25 25

Nancy : 03 83 22 50 50

Paris :   01 40 05 48 48

Toulouse : 05 61 77 74 47

Conserver les restes de la cueillette

Le délai d’apparition des symptômes est variable, le plus souvent de quelques heures après la consommation, mais il peut être plus long et dépasser 12 heures. L’état de la personne intoxiquée peut s’aggraver rapidement.

En cas de symptômes, il est utile de noter les heures du ou des derniers repas, l’heure de survenue des premiers signes et de conserver les restes de la cueillette pour identification.

Bien sûr, en cas de détresse vitale (perte de connaissance, détresse respiratoire etc.), appelez le 15 ou le 112.

Question-réponse

Et pour finir, une petite question digne du Jeu des mille euros :  pourquoi certains champignons sont-ils toxiques quand ils sont consommés avec de l'alcool ?

Réponse : à cause de la coprine contenue dans ces champignons, qui empêche l'élimination de l'acétaldéhyde issu de la transformation de l'alcool au niveau du foie. Ce composé qui est un poison, en s'accumulant dans le sang, provoque une intoxication.

Pour en savoir plus : voir le site de la « Société mycologique de France ».

Lire aussi dans Terres et Territoires : « Champignons : une liste rouge voit le jour dans le Nord et le Pas-de-Calais ».

                       

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : trois nouveaux cas détectés en Sardaigne, un cheptel non vacciné concerné

Trois foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 28 et le 29 avril en…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Unité de méthanisation en bâche souple au milieu d'un champ.
Incorporation du biométhane : le gouvernement présente ses objectifs pour les certificats de production de biogaz après 2028

Le gouvernement vient enfin de présenter ses objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB). Une trajectoire qui…

Drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
Prix des engrais : la Commission européenne ne compte pas suspendre le MACF, mais prévoit des aides directes

La Commission européenne ne compte pas suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) face à l’augmentation…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

Publicité