En Haute-Saône, « nos chèvres pâturent en forêt »
En Haute-Saône, Carine Roland et Frédéric Chauvey valorisent les sous-bois par le pâturage du troupeau caprin et les arbres en bois de construction ou de chauffage.
En Haute-Saône, Carine Roland et Frédéric Chauvey valorisent les sous-bois par le pâturage du troupeau caprin et les arbres en bois de construction ou de chauffage.
« Nous avons remporté le prix spécial du jury au Concours général des pratiques agroforestières 2026. Il faut dire que notre ferme, la Chèvrerie des bois pâturés porte bien son nom. Lorsque nous nous sommes installés en 2021, nos 23 hectares comprenaient à peine un hectare de prairie, le reste étant entièrement boisé. Plutôt que de voir cette configuration comme une contrainte, nous avons choisi de valoriser cette ressource en développant le pâturage des sous-bois.
Aujourd’hui, nos 72 chèvres laitières pâturent les prairies ainsi que les bois et clairières environnants, cela de fin avril jusqu’à la Toussaint environ. Les chevrettes, plus légères et moins sensibles, accèdent à des zones plus embroussaillées sans risque pour leurs mamelles. En parallèle, nous engraissons chaque année une centaine de chevreaux mâles, ensuite transformés en charcuterie. Ceux-ci sont conduits sur des parcelles plus éloignées.
Biodiversité préservée
Le pâturage forestier contribue à restaurer et maintenir la biodiversité. Sur la parcelle primée, les experts ont notamment identifié des espèces végétales rares. À part pour les noisetiers dont les caprins raffolent de l’écorce, nos animaux n’abîment pas trop la forêt. Tant qu’ils ont suffisamment à manger, ils s’attaquent aux repousses de ronce et de taillis. Avec ce régime, nos chèvres ne sont pas embêtées par les parasites gastro-intestinaux. Les sous-bois ouverts offrent par ailleurs un abri naturel et les clôtures (trois fils barbelés complétés par un grillage à mouton de 1,20 m) assurent une protection efficace contre les prédateurs.
Les troncs en planche et les branches pour les chèvres
Nous valorisons aussi les arbres puisque des sapins de la forêt ont servi à construire les planches et les poutres de la chèvrerie, du hangar à foin et de la nurserie. Il y a une scierie au village et nous pratiquons vraiment le circuit court puisque les épines sont données aux chèvres qui se régalent. Nous récupérons aussi du bois de chauffage pour la maison. »